Mille secrets mille dangers
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 19 septembre 2025
Les angoisses d’Alain, Montréalais d’origine libanaise sur le point de se marier avec Virginie. La journée sera grandiose, la journée sera parfaite et les tantes libanaises d’Alain parleront de cette noce pour des années à venir. Mais Alain a mal au ventre.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★ ½
Habibti…
je t’aime
En effet, dans les deux langues du titre, ça veut dire la même chose, mais en arabe, à l’instar de l’hébreu, c’est lorsqu’on s’adresse à une femme – deux langues qui se ressemblent, toutes les deux sémites, et qui ne semblent pas s’entendre, alors que tout ou presque les assemblent. Mais ça, c’est une autre histoire.
Un grand film ce Mille secrets mille dangers, adaptation du roman éponyme d’Alain Farah ? Pour le grand public, très certainement, puisque la mise en scène de Philippe Falardeau renvoit à ce rapprochement entre des situations vécues par plusieurs qui leur « parlent ».
Comme cette maladie héréditaire qui frappe Alain, jeune, le fils de famille, montrée avec un naturel rarement vu au cinéma. On sourit de la situation, empathise avec le moment et mine de rien, peut nous rappeler certains épisodes embarrassants.
Mais le film se concentre surtout sur la préparation du mariage d’Alain, de parents Chrétiens originaires du Liban et d’Égypte et qui parlent le français avec l’accent, disons, de… Dalida. Tout l’exotisme, l’exubérance et la mélodie de la langue sont là.
Est-ce donc assez pour un grand ou bon film ? Les critiques seront partagés mais nous restons convaincus que la plupart des médias traditionnels seront dithyrambiques pour deux raisons fondamentales : Philippe Falardeau au gouvernail et le fait de parler d’une des communautés qui nous entourent, chose rare dans le cinéma québécois.

Et si on remettait tout ça à plus tard !
Passons donc aux choses sérieuses. La mise en scène de Falardeau, visiblement plus atteinte par le roman, même si elle permet quelques petites trouvailles, un montage fougueux passant d’une époque à l’autre sans vraiment s’annoncer, émerveillée devant le fourre-tout à la fois charmant, mais désorientant qui rappelle sans doute le roman, s’inscrit dans ce rapport au cinéma où pris par les personnages et le sujet en question, le cinéaste se laissait emporter par leur enthousiasme sans qu’il s’en rende compte.
Neil Elias, d’origine algérienne, conquiert le personnage principal (Alain), objet de tous les secrets et dangers en y ajoutons un quelque chose de véritablement méditerranéen, offrant un jeu à la fois dramatique est nécessairement ambivalent. L’élue de son cœur, c’est Virginie, que la comédienne Rose-Marie Perreault rend vulnérable, forte également et qui finit par tenir les rênes de cette situation.
La mise en scène de Falardeau, visiblement plus atteinte par le roman, même si elle permet quelques petites trouvailles, un montage fougueux passant d’une époque à l’autre sans vraiment s’annoncer, émerveillée devant le fourre-tout à la fois charmant, mais désorientant qui rappelle sans doute le roman, s’inscrit dans ce rapport au cinéma où pris par les personnages et le sujet en question, le cinéaste se laissait emporter par leur enthousiasme sans qu’il s’en rende compte.
Mais de tout ce casting, pour le grand public, rêvé, le pater familias se révèle le plus puissant, un charme, une humanité désopilante, un charisme dont il n’est même pas conscient, et surtout une philosophie de vie qu’il détient en quelques mots lors de l’hommage qu’il rend à son fils lors de la réception de mariage, et qui devrait nous rendre tous et toutes jaloux. Georges Khabbaz (Elias – c’est le véritable prénom du signataire de ces lignes) est simplement parfait et bouleversant. Tout bonnement, je n’avais pas l’intention d’en parler trop sur ce film, mais en cours d’écriture, mes doigts ont suivi une certaine cadence et le résultat en est ainsi.
Il faut également souligner tout ce tralala publicitaire qui fait maintenant partie du socle cinématographique québécois où les tapis rouges dominent et les médias dits de poids ont droit à la grosse part du gâteau.
En ce qui nous (me) concerne, l’important c’est qu’il est temps que le cinéma québécois s’intéresse aux autres cultures (à Montréal, pourcentage quand même élevé), du moins en y incluant des personnages dans leurs fictions contemporaines sises dans la métropole.
Un oubli à signaler, la présence de l’humoriste Mackbouba, dont le vrai nom est Hassan Mahbouba, d’origine libanaise, dans le rôle d’Édouard, tout à fait génial, comme ils disent.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Philippe Falardeau
Scénario : Philippe Falardeau, Alain Farah. Direction photo : André Turpin. Montage : Elric Robichon. Musique : Martin Léon.
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2025 – Durée : 2 h
Langue(s)
V.o. : français, arabe; s.-t.f. & s.-t.a.
Lovely Day

Philippe Falardeau
Distributeur @
Les Films Opale
Entract Films
Contact @
[ micro-scope ]
Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
