October 8
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 4 avril 2025
Documentaire sur l’explosion de l’antisémitisme aux États-Unis depuis le 7 octobre 2023.
CRITIQUE
Élie Castiel
★★★
Les raisins
de la colère
Une fureur incommensurable des deux côtés, soit ce conflit entre les belligérants du Hamas et Israël, le premier perpétrant les horribles massacres du 7 octobre 2023, les forces de défense israéliennes répondant à cette énorme Progrom de façon continue, ramenant le conflit sur la scène politique internationale avec les conséquences que l’on sait déjà.
Une chose est certaine : très vite, dans une très grande partie du monde occidental, le 7 octobre 2023 est vite devenu un simple fait divers, la quasi-totalité des chefs d’état considérant la réponse d’Israël excessive, notamment en ce qui a trait à la perte de très nombreuses victimes civiles. Oui, bien entendu, le Hamas se sert des gazaouis civils comme boucliers. On ne peut le nier. Et c’est encore le cas. Mais ignorer ces pertes civiles est aussi inexcusable.
Et puis les otages, dont il reste encore aujourd’hui un peu plus d’une cinquantaine, morts ou vivants. Des enjeux que le documentaire de Wendy Sachs aborde superficiellement, sa thèse se prononçant sur l’antisémitisme délirant qui s’est abattu sur l’hémisphère occidental dès le lendemain du 7 octobre, d’où le titre du documentaire. Principalement dans les campus américains et quelques canadiens ; comment les autorités de ces institutions ont géré la situation ? Des manifestations régulières provenant des propalestiniens arborant des slogans, si l’on en juge par ce que montre le documentaire, pancartes antisémites d’une violence intense.
D’où viennent ces propos ? Quelques enregistrements piratés montrent la façon dont se sont pris les organisateurs du Hamas et autres mouvements terroristes, pour d’autres de résistance, soit ‘parler la langue que comprennent les étudiants de ces campus pour faire passer le message’. Il s’agit d’une mise en scène orchestrée depuis des années. Mouvement réussi à en voir le résultat.

Entre revendications politiques et haine de l’autre.
Le film de Sachs le montre directement, sans passer par quatre chemins. Dans la réaction de personnes de confession juive, certains se plaignent du manque de reflexe des grands de Hollywood, sauf quelques noms plus ou moins connu que le documentaire montre – mais sur ce point, les applaudissements nourris lors de la remise du prix aux Oscars pour No Other Land est une réponse en soi, car malgré les critiques de part et d’autre, le film réalisé entre deux Palestiniens et deux Israéliens prône à sa façon un terrain possible d’entente, un territoire à deux états.
Côté palestinien, le Hamas et ses acolytes n’en veulent pas, le gouvernement israélien le plus à droite de son Histoire, non plus. Et pourtant ce qui se passe dans cette région du monde est quelque chose de plus complexe qu’on le pense.
Conflit territorial ? Conflit politique ? Guerre de religions ? Haine viscérale entre deux peuples sémites qui se perd dans la nuit des temps ? Autant d’enjeux irréconciliables.
L’antisémitisme fait un retour en force car la majorité de ses adhérents, et ils sont nombreux, au-delà de ce que peut provoquer ce qui se passe à Gaza, abordent leur parti pris sous un angle essentiellement émotif, issu et disons-le sans ambages, d’une pulsion raciste préméditée et sans doute acquise par un environnement social imprévisible.
Les revendications du Hamas ne tiennent pas debout. Ce que cherche Israël, au-delà de la libération de tous les otages qui restent est quelque chose de plus complexe vu la situation qui prévaut et que certains même dans le pays, débattent constamment.
Une chose est pourtant évidente : Israël est sans doute le pays le moins connu du monde. Entre son orientalisme fondateur issu de la religion et une occidentalisation massive qui a pris le dessus, tout en comptant une société indisciplinée prête à tout pour préserver le caractère démocratique de l’état, l’étau se resserre de plus en plus.
En attendant, l’antisémitisme croit de plus en plus, du moins tant que sévira ce sempiternel conflit. Les voix et les voies d’un possible accord de paix et de partage territorial sont loin de faire l’unanimité.
Rien d’innovant dans la réalisation de Wendy Sachs, des têtes parlantes, certes, mais la plupart du temps dans des environnements turbulents. Finalement, October 8 intéressera pour ce qu’il expose sur la question.
L’antisémitisme fait un retour en force car la majorité de ses adhérents, et ils sont nombreux, au-delà de ce que peut provoquer ce qui se passe à Gaza, abordent leur parti pris sous un angle essentiellement émotif, issu et disons-le sans ambages, d’une pulsion raciste préméditée et sans doute acquise par un environnement social imprévisible.
La raison n’existe plus.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Wendy Sachs
Scénario : Wendy Sachs, Nimrod Erez, Inbal B. Lessner. Direction photo : Tom Gut, Cam Edward Wallis. Montage : Jaki Covington. Musique : Sharon Farber.
Genre(s)
Documentaire
Origine(s)
États-Unis
Année : 2024 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais
October 8

Wendy Sachs
[ Contact ] @
Entract Films
[ Briarcliff Entertainment ]
Diffusion @
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]