RÉSUMÉ SUCCINCT Sous le rugissement des avions de chasse et les frappes de missiles, les artistes ukrainiens Slava, Anya et Andrey choisissent de rester sur place et de se battre.
RÉSUMÉ SUCCINCT Ingrid et Martha, amies de longue date, ont débuté leur carrière au sein du même magazine. Lorsque Ingrid devient romancière à succès et Martha, reporter de guerre, leurs chemins se séparent. Mais des années plus tard, leurs routes se recroisent dans des circonstances troublantes.
Le FILM de la semaine
CRITIQUE Élie Castiel
★★★★
Femmes
entre
elles
Le titre de notre critique est pris de celui français du film de Michelangelo Antonioni, Le amiche. Ceci dit, accueil mitigé pour le récent film de l’incontournable Almodóvar, habitué généralement à des réactions favorables. Ce qui n’empêche pas que le Lion d’or lui a été attribué à la Mostra de Venise en 2024.
Il y a, chez certains réalisateurs homosexuels, une tendance à vouloir tourner avec des femmes qui, à leurs yeux, sont de battantes, s’auto-suffissent dans tous les aspects de la vie ; pas nécessairement comme s’il s’agissait d’une sorte d’isolationnisme inné ou proprement acquis, mais suite à des expériences observées dans l’ordre établi.
Toujours est-il qu’avant tout, il nous semble que Pedro Almodóvar rêvait de tourner avec des stars anglophones qui ont fait leurs preuves en matière d’autonomie. Et sans doute aussi que tourner en anglais était une aventure à risquer après son moyen métrage Strange Way of Life (Extraña forma de vida), à l’accueil plus convenable que divisé.
Dans le cas de The Room Next Door, film bourgeois en raison qu’il met en scène deux femmes éduquées ? Qu’importe, puisque le cinéaste s’en fiche éperdument. Deux vedettes qui ne reculent devant rien pour prouver qu’il n’est pas essentiel qu’atteint l’âge mûr, les femmes peuvent encore tourner et ce ne devrait pas être un droit presque essentiellement accordé aux hommes.
Parler de choses sérieuses, entourées du beau.
Ce constat nous mène à croire que ce nouveau film est un acte de résistance de la part du cinéaste issu de la célèbre movida. C’est d’ailleurs dans cet esprit de revendication, mais dans le même temps d’attrait pour les actrices et le thème principal que la mise en scène perpétue son rythme, son dynamisme, sa particularité de demeurer toujours captive de la proposition.
Mais aussi, de ne pas se laisser envahir par la langue choisie (un détail ?) pour éviter ces affinités formels (production values) qui confèrent aux films d’Almodóvar leurs originalités.
Ici, un kitsch plus contrôlé, dont les couleurs (encore) pastels se targuent d’être plus accueillantes, en fonction des moments qui se vivent entre les deux femmes. Une mort annoncée, sans grande pompe, mais prise avec émotion intérieurement. Pedro Almodóvar ne croit pas aux larmes. Il est partisan de la nuance ; dans cet esprit, le narratif et l’esthétique se conjuguent harmonieusement, laissant entendre que le cinéma de ce réalisateur est une affaire de correspondances, de mise en valeur des rapports entre « le cinéma et la vie », entre « l’idéateur et ses muses », entre « l’écran et les spectateurs ». Le 2.39 : 1 favorise ces sublimes contrastes , forçant notre regard à constamment évaluer ce qui passe à l’écran.
Ici, un kitsch plus contrôlé, dont les couleurs (encore) pastels se targuent d’être plus accueillantes, en fonction des moments qui se vivent entre les deux femmes. Une mort annoncée aussi, sans grande pompe, mais prise avec émotion intérieurement. Pedro Almodóvar ne croit pas aux larmes.
Un dialogue qui évite les lourdeurs, s’en tenant à ceux qui compte seulement. Une rigueur dans le jeu des deux remarquables actrices et, finalement une sorte de bienveillance à continuer de tourner lorsque les années passent si rapidement.
Et le thème du dernier départ prémédité, c’est à chacune et chacun de nous de former dans son esprit les bouleversements que ce passage bouleversant occasionne.
Est-ce un cliché d’ajouter qu’il s’agit d’un cinéaste à suivre ? On a hâte à son prochain film, actuellement en préproduction, Amarga Navidad (Noël amer / Bitter Christmas).
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar; d’après le roman de Sigrid Nunen What Are You Going Through Direction photo : Eduard Grau Montage : Teresa Font Musique : Alberto Iglesias
Genre(s) Drame intime Origine(s) Espagne Année : 2024 – Durée : 1 h 47 min Langue(s) V.o. : anglais; s.-t.a., s.-t.f. ou Version française La chambre d’à côté
La habitación de al lado