Quand les Noirs passent
pour des Blancs à l’écran
Tribune
LIBRE.
texte
Sylvio Le Blanc
J’ai vu récemment sur grand écran Coup de théâtre (See How They Run[1]), une comédie policière prenant Londres comme théâtre au début des années 1950, avec notamment l’acteur noir David Oyelowo interprétant le rôle d’un dramaturge.

A United Kingdom
Tout le long du film, la couleur de peau d’Oyelowo ne semble revêtir aucune espèce d’importance. Pas une remarque ou une attitude désobligeante à son égard, pas une blague (c’est une comédie) douteuse ou raciste. Comme si, de mélanoderme, il avait viré comme par miracle à leucoderme. Il y a environ un an, j’ai vu un autre film au petit écran le mettant en vedette : Un royaume uni (A United Kingdom[2]), réalisé par une Britannique née de parents ghanéens[3], dans lequel il joue le rôle d’un Africain étudiant dans le Londres de la fin des années 1940 et qui tombe amoureux d’une Blanche. Là, c’est tout l’inverse : il fait face à la réalité, à savoir le racisme de la société britannique.Suite