Rebuilding
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 9 janvier 2026
Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★ ½
Résiliences
Il y a quelque chose de pur, d’éthéré, quelque chose qui ne s’explique que par le néant, non pas un rien obscur, aveugle, sans espoir, mais soudainement atteint par la grâce. La grâce altière où l’éthique du plan érige toute sa signification.
Alfonso Herrera Salcedo à la caméra filme ce sentiment dont on parle souvent depuis quelque temps, la résilience comme antidote au désespoir de ce premier quart du nouveau siècle et dont les feux de forêt en sont des exemples tragiques.
Max Walker-Silverman, de l’inédit A Love Song (2022) opte pour la fable humaniste dans ce Rebuilding, une des plus belles propositions de l’année, même si l’enthousiasme que laisse entrevoir le jeune cinéaste lui fait faire quelques mauvais pas, mais sans grandes conséquences.
Walker-Silverman jette un regard pointé sur l’espoir, une sorte de réconciliation avec la nature, même si parfois capricieuse ; mais il refuse catégoriquement de donner des explications venant de la foi religieuse. Plutôt croire en la possible décence, la spiritualité innée de l’Humain.

À travers le silence, renouer avec la raison.
Par des échanges harmonieux, des silences qui en disent long ; de ce silence qui l’inspire et qu’il crée tout au long du film, le réalisateur nous fait sentir que le rapprochement entre les individus peuvent être inspirant. Un homme qui revient dans son patelin après le feu qui a ravagé son ranch va demeurer froid, distant, mais dans le même temps apprécier le temps qui passe et qui a laissé la tragédie non lointaine s’en aller. Peu importe la narration qui en découle.
En fait, à partir de ces feux de forêt qui se sont prolongés dans une Amérique endolorie et dont le gouvernement actuel ne croit toujours pas aux changements climatiques et leurs conséquences, Walker-Silverman s’est inspiré du feu qui a ravagé la maison de sa grand-mère. Cet hommage bouleversant demeure la proposition principale ayant abouti au film.
Pour certains, ce road-movie différent manque de discours militant, pour d’autres, au contraire, la continuité réside dans cet amalgame de sensibilité et de foi spirituelle, sans doute une porte ouverte vers un destin plus harmonieux.
Aucun discours politique sur la question, mais un film qui repose essentiellement sur quelques individus et dont la devise est de s’atteler à reconstruire. Cette initiative est l’engagement que s’est donné Dusty (très sensible Josh O’Connor dans une prestation qui mérite l’attention) dans une finale emblématique dont les nombreuses portées sociales et politiques, à défaut de discours, permettent de réconcilier l’individu avec l’unique voix de la raison.
Dans cet état d’esprit extraordinairement contemplatif que se présente le film, la seule option pour le spectateur est de plonger son regard sur la signification des signes et des gestes conciliants communs.
Pour certains, ce road-movie différent manque de discours militant, pour d’autres, au contraire, la continuité réside dans cet amalgame de sensibilité et de foi spirituelle, sans doute une porte ouverte vers un destin plus harmonieux.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Max Walker-Silverman
Scénario : Max Walker-Silverman. Direction photo : Alfonso Herrera Salcedo. Montage : Ramzi Bashour, Jane Rizzo. Musique : James Elkington, Jake Xerxes Fussell.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 36 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
Reconstruire

Max Walker-Silverman
Dist.
Ritual Films
Contact / Prod.
[ Present Company ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
