Shelter

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 30 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Mason vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l’océan lors d’une terrible tempête, il déclenche une série d’événements qui provoquent une violente attaque dans son refuge.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★

Du pareil

au même 

Avec Shelter, Ric Roman Waugh signe sa toute première collaboration avec Jason Statham, troquant Gérard Butler — visage récurrent de son cinéma catastrophe et patriotique — pour une autre figure monolithique de l’action contemporaine. Un changement d’acteur qui n’entraîne pourtant aucune mue stylistique notable. Bien au contraire, Waugh semble ici s’effacer pour s’adapter au strict minimum syndical du « style Statham », à ses silences granitiques, à son regard fermé et à cette posture d’homme déjà coupable de tout avant même que le scénario ne le précise. Le cinéaste abandonne toute ambition de tension dramatique un peu rugueuse pour livrer une Stathamerie conforme, presque contractuelle, qui annonce rapidement la couleur car Shelter ne cherchera jamais à bousculer l’image de sa star, seulement à la recycler avec application.

Statham incarne donc, sans surprise aucune, un reclus taciturne au passé tumultueux, réfugié dans une solitude que le film filme comme une vertu morale. Lorsqu’il sauve une jeune Écossaise de la noyade, le récit enclenche une mécanique narrative d’une prévisibilité presque rassurante. Menaces floues, ennemis interchangeables, montée en puissance programmée : quiconque a vu plus de trois films de l’acteur au cours des vingt dernières années devinera sans peine que notre héros était, bien entendu, le meilleur des meilleurs, et qu’il neutralisera méthodiquement tous ceux qui auront l’audace de troubler sa retraite.

Contre toute attente.

Il faut toutefois reconnaître au film un démarrage relativement engageant. La relation qui se tisse entre ce personnage mutique et la jeune Bodhi Rae Breathnach — actrice irlandaise qui apporte une sincérité bienvenue — introduit une touche d’humanité fragile, presque prometteuse. Durant quelques scènes, Shelter laisse entrevoir un film d’action plus intériorisé, où le silence aurait pu compter autant que les coups. Cette piste est malheureusement vite abandonnée au profit d’un enchaînement de scènes fonctionnelles, montées sans aspérité ni réelle tension.

Les fans inconditionnels y trouveront leur compte tandis que les autres auront surtout la confirmation que, parfois, changer d’acteur ou de réalisateur ne suffit pas à changer de film.

Tout est emballé correctement, avec le professionnalisme attendu, mais sans la moindre saveur. Shelter n’est ni meilleur ni pire que la quasi-totalité de la filmographie de Statham. C’est un produit calibré, sans surprise, qui ne décevra que ceux qui espéraient encore être surpris. Les fans inconditionnels y trouveront leur compte tandis que les autres auront surtout la confirmation que, parfois, changer d’acteur ou de réalisateur ne suffit pas à changer de film.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Ric Roman Waugh

Scénario : Ward Parry. Direction photo : Martin Ahlgren. Montage : Matthew Newman. Musique : David Buckley.

Genre(s)
Action
Origine(s)
États-Unis
Grande-Bretagne
Année : 2026 – Durée : 1 h 47 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Refuge fatal

Ric Roman Waugh

Dist.
Entract Films
Contact & Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]