Semaine | 13 |
du Ven 27 mars au Jeu 02 avril 2026

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S O M M A I R E

Le
POINT |.|

Séances par jour… selonSuite

Deux procureurs

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 27 mars 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev.

 

Le FILM 
| de la semaine |

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★

 

Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Un début de film qui laisse présager une suite rappelant ces essais cinématographiques d’une autre époque, principalement en provenance des pays de l’Est, mais pas que. Fausse alerte puisqu’après quelques longues minutes, obéissant encore aux reflexes d’autrefois, nous sommes totalement plongés dans un univers où le jeu sournois du chat et de la souris présente ses délinéations perverses de traque, de séduction, de porte-à-faux masqués où une partie domine et manipule l’autre, lui laissant de faux espoirs de gagner sa cause, avant de le piéger.

 

Le jeu du chat

                                      et de la souris

 

On ne vous dira rien sur l’aboutissement de cette histoire, donnant lieu à une séquence magistrale qui culminera sur un plan d’une austérité magnifiquement composé et, qu’on le veuille ou non, éveille en nous cet envoûtement que nous procuraient les films d’une époque révolue.

L’Ukrainien Sergey Loniztsa a ceci de particulier, qu’en quelque sorte, il a l’air de s’enficher des nouvelles façons de penser cinématographiques, n’en déplaise à certains post-modernistes de l’heure qui, à juste titre néanmoins, voient le monde du cinéma et surtout celui de la réalisation, évoluer.

Un environnement présidentiel délibérément chaotique.

L’Ukrainien en question est-il nostalgique d’une autre ère ? Auteurs de plus de 35 films, courts, moyens, longs confondus, il opère selon une approche, non pas de séduction, mais en accord avec un certain réel que le médium déconstruit pour le rendre encore plus authentique. C’est la voie sans doute des grands maître du cinéma.

Son Donbass de 2018 nous avait séduit par son caractère brut, rudes, percé de plans à l’instar de la situation actuelle en Ukraine depuis quelques années, et qui semble s’éterniser.

Cinéaste-documentaire, il retourne à la fiction, sujet oblige, et rendant à la direction d’acteur sa grande part dans la réalisation. Si tous imbriquent leur personnage dans une sorte de mélange entre l’hégémonie discrète et le faux-semblant, de tous ces protagonistes, Kornev – Alexandr Kuznetsov, au jeu prenant tant par sa naïveté que son audace et son sang-froid – le nouveau procureur, à peine sortis des bancs de l’université, se bat contre ce système, soi-disant démocratique, où l’autocratie cache bien ses interstices.

En fin de compte, nous sommes devant un film où la formule du labyrinthe que représente le palais présidentiel est un choix esthétique d’une audace hallucinante, une formule de mise en scène qui, ne résistant pas à la parole, nous parle d’un état actuel des choses, là où les mots n’ont jamais été aussi abondants, mais sans grand résultat.

Chaque séquence produit son effet en matière de réalisation, comme si du coup, ce retour à la fiction marquerait, pour Loniztsa, une nouvelle approche pour aborder le cinéma, vraisemblablement conquis par l’idée selon laquelle le réel ne dépasse pas la fiction, les deux états s’imbriquant l’une dans l’autre par un hasard du destin.

Il y a quelque chose de kafkaïen à l’intérieur du récit, quelque chose que la mise en scène tente de rendre moins pernicieux, offrant quelques moments faussement de répit, car ce qui se manipule n’a rien de réconfortant à bien y penser.

En fin de compte, nous sommes devant un film où la formule du labyrinthe que représente le palais présidentiel est un choix esthétique d’une audace hallucinante, une formule de mise en scène qui, ne résistant pas à la parole, nous parle d’un état actuel des choses, là où les mots n’ont jamais été aussi abondants, mais sans grand résultat.

Comme si l’Histoire se répétait sans cesse, inerte, pérenne.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sergey Loznitsa

Scénario : Sergey Loznitsa; d’après le roman éponyme de Georgy Demidov. Direction photo : Oleg Mutu. Montage : Daelius Kokanauskis. Musique : Christiaan Verbeek.

Genre(s)
Drame historique
Origine(s)
Allemagne / France
Lettonie / Lituanie
Pays-Bas, Roumanie
Année : 2025 – Durée : 1 h 43 min
Langue(s)
V.o. : russe; s.-t.a. / s.-t.f.
Two Prosecutors
Dva Prokutora

Sergey Loznitsa

Dist.
Les Films Copain inc.
Contact/Prod.
[ SBS Productions ]

Diffusion
Cinéma Moderne
Cinéma Public
[ Séances très limités ]
Disponible sur Apple TV

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]