The Times They Are A Changin’

CRITIQUE
scène

Élie Castiel

★★★ ½

Chanter pour changer un monde fracturé

Uniquement, deux personnages sur scène, une narratrice-chanteuse et son pendant masculin. Une bande de musiciens aussi enthousiastes que persévérants. Non pas une comédie musicale que ce The Times They Are a Changin’, mais un concert-hommage aux années 1960, particulièrement la fin de cette décennie particulière.

À travers le prisme et l’éthique de chansons engagées, aussi bien que chargées d’airs inoubliables, tout simplement. On évitera la liste d’épicerie, mais comment ne pas citer le Suzanne de notre Cohen national, The Sound of Silence de Paul Simon, Like a Rolling Stone de Boy Dylan, et le nostalgique Changes de Phil Ochs, qui émeut l’âme et ravive l’esprit, disparu trop tôt dans des circonstances tragiques (suicide par pendaison). Déjà, sa chanson There But for Fortune (également au programme) fait part d’un pessimisme pourtant annonciateur des temps qui vont suivre.

Voyage nostalgique, retour sur la mémoire, théâtre musical digne de son nom, The Times They Are A Changin’ illumine la grande scène du Segal, subtilement, sans trop de bruit, mais avec assez de prestance, d’élégance, de bon-goût et, plus que tout, d’un rapport au public des plus bienveillants.

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