Hamlet

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 03 avril 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Hamlet est hanté par le fantôme de son père. Passant de l’élite londonienne au métro de la ville, des temples hindous aux villes de tentes pour sans-abri, il va jusqu’à la violence pour venger le meurtre de son père.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

 

Une critique divisée face à cette énième adaptation de la tragédie shakespearienne, d’autant plus risquée qu’elle a lieu de nos jours dans un contexte londonien actuel de la haute bourgeoisie, particulièrement sis dans le milieu des spéculations immobilières où les grands patrons sont issus d’une famille indienne installée en Grande-Bretagne ; de quoi rappeler les anciennes colonies de l’Empire Britannique et permettre une nouvelle lecture des réverbérations actuelles dans ce domaine.

Vertiges de

la vengeance

Puis, comme cheval de bataille, Hamlet, la tragédie que tout le monde (ou presque) connaît et qui prend ici une signification presque symbolique. D’une part dû aux personnages faisant partie d’un environnement étranger, peut-être pas très propices à ceux créés par Shakespeare, de l’autre, ce pari risqué par Aneil Karia, signataire ici de son premier long métrage pour le cinéma – Surge (2020) est passé dans plusieurs festivals internationaux et dans très peu d’écrans dans le monde.

Relever le défi, quoi qu’il en coûte.

Quoi qu’il en soit, nous sommes devant des choix narratifs et notamment formels où la mise en scène, d’une troublante sophistication, laisse présager le meilleur dès le début, mais qui se perd un peu en cours de route. Est-ce le souci de faire « trop bien », d’être « trop fidèle » à l’auteur anglais, d’avoir recours à certains dialogues variant entre le pentamètre ïambique et la prose, rendant ainsi quelques dialogues pas trop crédibles, et d’autres reprenant l’anglais d’aujourd’hui, comme si de rien n’était.

Dans ce brouhaha de choix, Riz Ahmed (Hamlet) tire parfaitement son épingle du jeu, transformant souvent son personnage au cours d’une performance mémorable où la folie passagère, dès le décès de son père, dure jusqu’à la vengeance finale.

Une fin qu’on n’oubliera pas de sitôt dans un écran noir alors que le visage de Hamlet rejoint son état iconographique. Entre le début et la fin, des récits, plutôt des dialogues de trahisons, de fausses amitiés, de liens familiaux étriqués, de vengeance préparée sournoisement, déguisée sous le garni de la déraison.

Dans ce brouhaha de choix, Riz Ahmed (Hamlet) tire parfaitement son épingle du jeu, transformant souvent son personnage au cours d’une performance mémorable où la folie passagère, dès le décès de son père, dure jusqu’à la vengeance finale.

Une version cinématographique de Hamlet, totalement différente des autres, réussie jusqu’à un certain point, mais menée par un réalisateur dont il semble que ce film était un rêve d’il y a longtemps. Non pas un caprice, mais une sorte de dédicace à Shakespeare, autant qu’à lui-même.

Un groupe de comédiens investis dans leurs rôles respectifs ; certains, on y croit, d’autres pas. Mais un poids lourd en qui compter et sur qui tous peuvent soutenir leurs assises dans cette tragédie pleine de bruit et de fureur : un Riz Ahmed, d’une volonté d’adaptation hallucinante. Et deux séquences qui resteront dans la mémoire bien après la projection : Hamlet parlant à l’esprit de son père décédé et le célèbre « être ou ne pas être » (To be or not to be), d’une modernité transgressive.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Aneil Karia

Scénario : Michael Leslie; d’après la tragédie de William Shakespeare. Direction photo : Stuard Bentley. Montage : Amanda James, Mikkel E.G. Nielsen. Musique : Maxwell Sterling.

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Grande-Bretagne / États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 53 min
Langue(s)
V.o. : anglais, hindi; s.-t.a.
Hamlet

Aneil Karia

Dist.
Studios h264
Contact/Prod.
[ Game Theory Film ]

Diffusion
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Rome

 

CRITIQUE.
[ Scène ]

★★★★ ½

Plus

dure

sera

la chute

 

« Le Politique disparaît de nos vies, de nos fictions et de notre art, il devient tabou, comme si, face au grand chambardement, nous avions peur qu’il nous donne des réponses dont nous ne voulons pas. Comme si réfléchir au Politique, en discuter, nous précipiterait dans l’effondrement. »
Brigitte Haentjens

texte
Élie Castiel

Tout est là, directement annoncé dans ce constat on ne peut plus inquiétant, insensible à la nature même de notre démocratie, de notre liberté, de nos valeurs. Et pourtant, encore aujourd’hui, partout dans le monde occidental dit « libre », des revendications de toutes sortes, des appels citoyens à une meilleure société dépourvue de pouvoir despotique comme c’est le cas dans certaines régions du monde.Suite

La nuit des rois

CRITIQUE.
[ Scène ]

★ ★ ★ ★

texte
Élie Castiel

Et

si

Shakespeare

était

une

femme

Ouverture de la saison 2022-2023 avec le grand
William, l’incontournable Shakespeare. Mode
ludique où comédie, chansons, suspense,
orchestre anachronique de trois musiciens qui,
le temps de quelques répliques, ou du moins
deux d’entre eux, affichent leur savoir-faire en
interprétation.
Suite

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