L’orangeraie
CRITIQUE.
[ ART LYRIQUE ]
★★★★
texte
Élie Castiel
Territoires interdits
Au pupitre, la cheffe Lorraine Vaillancourt exprimait quelque chose qui a à voir avec l’extase de succomber à une musique venue d’ailleurs, comme si cette expérience avec l’orchestre de musiciennes et de musiciens se voulait un cadeau tombé du ciel. Et pour cause, les tonalités musicales telles qu’émises par le canado-libanais Zad Moultaka, qu’on pourrait sans faire trop cliché, considérer comme le Wajdi Mouawad de la musique, partagent une somptueuse intégration des notes lyriques dans le social et le politique, rythmes soutenus se détachant parfois pour devenir plus sereins, pour reprendre ensuite leurs caractères tragiques. Des va-et-vient incessants entre le réalisme quotidien et l’irréversible, lui plus théâtral.
Mais lorsque le drame est issu, justement, du quotidien, comme le manifeste le texte du prodigieux Larry Tremblay, la cause est encore plus indéniable. Pas seulement une cause, mais une proposition offerte aux spectateurs de revoir l’Histoire des sociétés, de leurs rapports à tout ce qui se passe dans le monde. Et de punir la guerre car elle n’a jamais de raison d’être.Suite
