The Changeling
| Minuit
au Parc |
CRITIQUE
Pascal Grenier
★★★★
Un lent
crescendo
de terreur
Considéré par plusieurs comme étant un des meilleurs drames d’horreur psychologiques de son époque, The Changeling est aussi une production canadienne et premier à remporter le Prix du meilleur film canadien après le changement de nom pour les prix Génie en 1981. Réalisé par le réalisateur d’origine hongroise Peter Medak (The Ruling Class, Romeo is Bleeding), le film se base sur des événements qui auraient eu lieu au Henry Treat Rogers Mansion à Denver, au Colorado, alors que l’écrivain Russell Hunter y vivait durant les années 1960 et qui inspirèrent l’écriture du scénario.
En utilisant la parapsychologie comme fil conducteur, ce drame d’épouvante efficace est aussi une métaphore sur le thème du deuil que ne renieraient pas les productions A24 de nos jours. Il a inspiré une nouvelle génération de cinéastes à se concentrer sur le développement des personnages et l’atmosphère pour créer une terreur authentique. Son influence sur le cinéma contemporain est irrévocable et on n’a juste qu’à penser à des films comme The Others (Les autres) de Alejandro Amenábar avec son atmosphère pesante et son intrigue mystérieuse ou encore à la populaire série « Insidious » et son idée d’une maison hantée, ainsi que la présence de phénomènes paranormaux pour ne citer qu’eux en exemple.
Contrairement à de nombreux films d’horreur de son époque, The Changeling limite la violence graphique préférant une approche psychologique et une sophistication narrative et une approche subtile dans sa conception de l’effroi (l’horreur slow burn dans le jargon moderne). La performance du vétéran acteur américain George C. Scott a été saluée avec raison et ce dernier livre une performance mémorable dans le rôle principal, apportant une crédibilité émotionnelle au personnage principal.

Une contre-plongée fusionnelle.
Il y a aussi la musique qui occupe une place prépondérante dans le conducteur notamment parce que le personnage principal est un pianiste, compositeur et professeur de musique, mais par l’utilisation de son thème distinctif qui revient sous forme de leitmotiv, mais qui contribue grandement à son atmosphère effrayante et la bande sonore ne fait que renforcer la tension tel un lent crescendo de terreur.
En somme, The Changeling est un bel exemple d’un récit bien construit et des performances solides peuvent être essentielles à la réussite d’un bon film d’horreur. Une réussite qui ne mise pas uniquement sur un twist final, des effets gores ou sur des jump scares prévisibles qui finissent par lasser.
À noter que le titre de la version française (L’enfant du diable) cherchait surtout à capitaliser sur le succès de The Amityville Horror (Amityville, la maison du diable) sorti l’année précédente et un énorme succès au guichet. The Changeling est présenté ce weekend au Cinéma du Parc.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Peter Medak
Origine
Canada
Année : 1979 – Durée : 1 h 46 min
Langue
V.o. : anglais
The Changeling
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
Diffusion @
Cinéma du Parc
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]