The Plague

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 02 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un camp de water-polo pour garçons, un adolescent de 12 ans est marginalisé par ses camarades selon une tradition cruelle qui veut que l’un d’eux soit dit porteur d’une maladie qu’ils appellent « La Peste ».

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★ ½

 

Zéro

de

conduite

 

Le harcèlement scolaire, rien de nouveau à l’horizon, mais ici dans un camp de water-polo pour garçons, où les filles s’entraînent à part. Comme à l’ancienne. Et puis !, n’en déplaise à certains militants des nouvelles causes.

La masculinité toxique, bien entendu d’un point de vue hétéro, et dont on parle de plus en plus souvent depuis l’avènement du #MeeToo, commence-t-elle dès la préadolescence ? Il semblerait que oui, et inutile de se demander d’où elle vient – école, éducation familiale, influence, volonté exacerbée d’appartenir au groupe ; la réponse vous la connaissez tous et toutes et chose bizarre, elle n’a presque jamais été remise en question. « C’est ainsi ! »

C’est l’un des thèmes abordés dans le premier long métrage de Charlie Polinger, non a retenir, notamment pour sa capacité à ne se plier narrativement que sur trois jeunes de l’équipe masculine comme noyaux centraux de l’intrigue.

Jack, un premier long métrage pour Kayo Martin, impressionnant, charismatique, donnant parfois froid dans le dos, d’un cynisme à fleur de peau, dans un concert explosif entre l’amitié véritable, parfois prudemment ambiguë et la rivalité qui en ressort.

La peur viscérale de ce qu’on ne connaît pas.

Une amitié bipolaire avec Ben, Everett Blunck, cinégénique à souhait, jouant la carte de « l’accès au groupe » avec une irresponsabilité déconcertante, allant même jusqu’à épouser le mauvais camp.

Et puis Eli, celui dont tous pensent qu’il a « la peste » (tiré du titre original anglais), tant son eczéma avancé n’est que source de problèmes autour de lui. On le repousse continuellement, sans oublier les mots à son sujet. Pour l’occasion, le jeune Kenny Rasmussen libère son corps, son âme même, n’obéissant qu’à un seul critère, le délicat jeu de l’interprétation qu’il aborde avec une extraordinaire volonté.

Trois jeunes interprètes de calibre sur lesquels Polinger se concentre, oubliant par la même occasion de relater sur leur vie familiale, les rapports avec les parents et autres considérations qui auraient pu développer le récit de façons plus conséquentes.

Et plus encore, la présence un tant soit peu inerte de l’entraîneur Daddy Wags, auquel l’excellent comédien américano-australien Joel Edgerton pourvoit un mélange assez adroit d’autorité restreinte et d’inconscience quasi délibérée.

Polinger, avec sa volonté de ne pas aborder d’autres thèmes liés au récit, n’en demeure pas moins un jeune cinéaste à suivre tant il demeure constamment conquis par l’importance que l’unité du plan signifie dans tout tournage, ses implications narratives, métaphoriques, mais plus que tout son rapport aux objectifs du scénariste, et dans ce cas-ci, également réalisateur.

On pense parfois au célèbre Lord of the Flies (Le seigneur des mouches) le prestigieux film de Peter Brook, d’après roman du même titre de William Golding, un best-seller. Mais à bien y penser, le rapprochement avec le Polinger pourrait s’inscrire dans le traitement du huis-clos (une île dans Lord, la piscine, la salle à manger collective et le vestiaire, lieux emblématiques de tous les possibles, dans The Plague).

Polinger, avec sa volonté de ne pas aborder d’autres thèmes liés au récit, n’en demeure pas moins un jeune cinéaste à suivre tant il demeure constamment conquis par l’importance que l’unité du plan signifie dans tout tournage, ses implications narratives, métaphoriques, mais plus que tout son rapport aux objectifs du scénariste, et dans ce cas-ci, également réalisateur.

Loin d’un tour de force, mais une entrée remarquée dans les grandes ligues.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Charlie Polinger

Scénario : Charlie Polinger. Direction photo : Steven Breckon. Montage : Henry Hayes., Simon Njoo. Musique : Johan Lenox.

Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
Australie / Émirats arabes unis
États-Unis / Roumanie
Année : 2025 – Durée : 1 h 38 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
The Plague

Charlie Polinger

Dist.
Film Service Supérieur
Contact / Prod.
[ IFC Films ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]