The Return
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 6 décembre 2024
Après 20 ans d’absence, Ulysse échoue sur les côtes d’Ithaque, hagard et méconnaissable. Le roi est enfin rentré chez lui, mais beaucoup de choses ont changé dans son royaume depuis son départ pour la guerre de Troie.
CRITIQUE
Élie Castiel
★★★
Nuances
Qui est ce Pasolini ? Nos recherches indiquent qu’il s’agit du neveu du célèbre Luchino Visconti et rien à voir avec l’illustre Pier Paolo Pasolini, à qui l’on doit, entre autres, le philhellène Medea, et non pas par hasard, illustré de la présence de Maria Callas.
Uberto Pasolini, lui, contrairement au péplum épique de 1954, Ulysse (Ulisse / Ulysses) du transalpin Mario Camerini, avec un Kirk Douglas en pleine forme annonçant son doute son Spartacus, préfère éviter la surenchère et se fier à une approche minimaliste, oubliant les détails épiques et autres ornementations spectaculaires.
Du fécond poème d’Homère, le réalisateur italien n’en retient que sa conclusion, autrement dit le retour d’Ulysse de Troie et ce qui se trafique au palais – Pénélope (toujours attachante Juliette Binoche, mais qui, selon les séquences, ne transmet pas toujours la même intériorité) doit défier les membres de sa cour, confiants que le héros, ne donnant plus de nouvelles, est sans doute décédé, leur donnant libre court à courtiser la reine pour le remplacer. Il y aussi les Dieux, qui brillent par leur absence, le scénario d’Edward Bond, tiré du roman de John Collee, préférant une approche plus terrestre.
Ralph Fiennes, enfin, héros plus âgé de cette histoire, car vingt ans se sont écoulés depuis, conserve (une des séquences finales à l’appui) une certaine vitalité physique et émotive – Sur ce point, l’acteur énergiquement versatile offre ici une performance intériorisée remarquable, ayant inévitablement recours à une certaine théâtralité du geste. Approche appuyée par le cinéaste qui défend sans ambages sa détermination, défendant mordicus une démarche autre du poème épique.

Un retour volontairement discret.
N’empêche que malgré quelques failles, The Return demeure un film anti-guerre qui, à bien observer, parle du temps présent et de ses possibles dérives dans les sphères politique, social et intime. C’est un film tout en nuances qu’il faut comprendre.
Un décor quand même intéressant que l’immensité du palais perché sur un immense roc ou montagne, chambre de Pénélope, somptuosité des lieux en comparaison aux rares extérieurs nus. La direction photo du Roumain Marius Panduru (plus de 60 productions à son actif) sillonne ces lieux avec autant de quiétude que de nervosité. La composition chromatique, elle, s’appuie sur les nuances sombres, où le brun domine.
Mais il manque cette étreinte assumée et tant convoitée lors des retrouvailles entre Ulysse et sa bien-aimée. Comme si, avec le passage du temps, les amours originelles s’étaient estompées.
N’empêche que malgré quelques failles, The Return demeure un film anti-guerre qui, à bien observer, parle du temps présent et de ses possibles dérives dans les sphères politique, social et intime. C’est un film tout en nuances qu’il faut comprendre.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Uberto Pasolini
Scénario : Uberto Pasolini, Edward Bond; d’après le
roman de John Collee, tiré de L’Odyssée, d’Homère
Direction photo : Marius Panduru
Montage : David Charap
Musique : Rachel Portman
Genre(s)
Drame mythologique
Origine(s)
France / Italie
Grande-Bretagne
Année : 2024 – Durée : 1 h 56 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Le retour
Il ritorno

Uberto Pasolini
Dist. [ Contact ] @
Métropole Films
[ Mongrel Media ]
Diffusion @
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]