Titanic : un voyage immersif
Titanic: An Immersive Voyage

ÉVÈNEMENT
Exposition ]

texte
Luc Chaput

★★★ ½

 

EN QUELQUES MOTS
Exposition visuelle et à segment virtuel sur le seul voyage transatlantique de ce paquebot.

 

Naviguer

vers sa perte

 

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, la compagnie maritime Allan à Montréal détourne son cargo Virginian pour aller porter secours au Titanic qui vient de lancer des signaux de détresse.

Cette exposition immersive qui se tient depuis quelques jours et pour au moins trois mois à la Place Bonaventure nous permet de partager au moins en partie l’expérience passager de ce symbole de la Belle Époque. La mise en scène nous fait passer par un dédale de coursives et de couloirs souvent munis de miroirs qui doublent ainsi les perspectives. Ces passages munis de tableaux informatifs donnent accès à des salles de diverses grandeurs. Y sont placés dans des présentoirs quelques centaines d’objets venant surtout du Titanic. Les différences entre les classes de passagers y sont patentes dans des reconstitutions de cabines, de photos très grandes de restaurants où la richesse des décors s’allie aux éléments de vaisselle qui les voisinent. La White Star apparaît comme une compagnie de navigation qui traite bien ses clients même si l’exercice de préparation à l’évacuation par les canots de sauvetage avait été annulé plus tôt dans cette journée fatidique.

L’engouement pour une élégance classique.

Des éléments d’informations permettent de comprendre dans quel glacier du Groenland était né cet immense iceberg et son long parcours avant la nuit fatidique. Une salle nous invite à entrer dans le poste de la vigie et de ressentir par des effets visuels l’arrivée rapide de cette montagne de glace et les tentatives infructueuses pour l’éviter. Les entrailles du bateau avec ses immenses machines décrites précédemment sont rapidement remplies d’eau glaciale. La salle suivante, avec sa lumière tamisée, par ses effets filmiques d’eau sur le plancher, par ce canot et ses bagages sur lesquels on peut s’asseoir et cet immense écran sur lequel le Titanic pique de la proue et entame son voyage vers le fond, est l’acmé de ce périple prenant vers une chute.

Dans cette exposition très fournie, les organisateurs Exhibition Hub et Fever auraient dû rajouter, dans cette ville, une pièce montrant par le biais d’une carte le trajet piétonnier possible vers les nombreux lieux de la métropole ayant un lien personnel avec ce vaisseau d’or comme le répertorie par exemple Alan Hustak dans son livre Titanic : The Canadian Story.

Les salles suivantes servent à faire le bilan de cette tragédie maritime qui frappa rapidement les imaginations et amena la création de nombreux films dont le fameux de James Cameron (1997) qui relança l’engouement pour ce drame. Le Titanic, avec ses disparités de classes sociales sur un même esquif dans un voyage effréné avec des bruits de canons annonçant la Première Guerre mondiale, peut ainsi devenir le symbole d’une planète qui, malgré les avertissements sur les gaz à effets de serre, continue de suivre essentiellement le même cap.

Dans cette exposition très fournie, les organisateurs Exhibition Hub et Fever auraient dû rajouter, dans cette ville, une pièce montrant par le biais d’une carte le trajet piétonnier possible vers les nombreux lieux de la métropole ayant un lien personnel avec ce vaisseau d’or comme le répertorie par exemple Alan Hustak dans son livre Titanic : The Canadian Story.