Claudia Cardinale
| 1938-2025 |
un Hommage
signé Élie Castiel
La beauté diaphane
de la Méditerranée
Typique chez certaines femmes des années 60 du siècle dernier. Dans le cas de Claudia Cardinale, à l’instar de tant d’autres vedettes du Grand Écran, une beauté qui laisse transparaître le lumineux même si elle cache en elle, au désespoir du regard masculin de cette époque, ce quelque chose difficile à déchiffrer, de mystérieux, d’infranchissable. Et pourtant, à l’écran, totalement vouée aux caprices de la caméra.
Dans le cas de Claudia Cardinale, un objectif qu’elle contrôle, le directeur photo totalement perdu, subjugué par une présence féminine, féministe sans l’être, surtout ne voulant pas perdre les codes de son sexe, à l’époque, le deuxième sexe, qu’elle arbore, toujours comme tant d’autres stars, égale à l’homme.

Il était une fois dans l’Ouest
Elle a grandi à la Goulette, dans la municipalité de Tunis, en Tunisie, là comme comme en Algérie et surtout au Maroc, Musulmans, Juifs et Chrétiens semblent unis par un amour de la vie, tout simplement. Nous épargnerons les détails politiques de l’un ou l’autre de ces territoires nationaux.
La Cardinale, c’est le cinéma italien, c’est Federico Fellini et Luchino Visconti, où la même année, elle brille dans 8 ½ (Otto e mezzo) et Le Guépard (Il gattopardo). Et ne pas oublier, sous la houlette de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest (C’era uuna volta il West). Tous les yeux sont braqués sur elle. Ce qui étonne, c’est son naturel (encore une fois, méditerranéen) qui ne s’explique pas, mais se sent, se savoure, nous fait enivrer, et certains hommes se voient intimidés par sa beauté radieuse.

Le guépard
Mais on apprenant son décès, ce sont des souvenirs personnels qui nous viennent à l’esprit, ceux par exemple, de La fille à la valise (La ragazza con la valigia) de Valerio Zurlini, où sa présence au son de la magnifique chanson Il cielo in una stanza, chantée par la célèbre Mina, ensorcelle, rend le contenu de l’image inoubliable et la situation immortelle. C’est personnel, mais ça existe en chacun de nous.

8 ½
Avec Cardinale, qu’il s’agisse de cinéma d’auteur ou grand public, l’intention est ce qui domine. Avec Jean-Paul Belmondo, elle partage l’affiche dans Cartouche, le cap et épée de Philippe de Broca ; tous les deux possèdent une italianité incommensurable, car cette identité brille depuis toujours, elle diffuse malgré le côté commercial de l’entreprise, un attrait certain, une poésie libertaire et non pour le moins, si l’on observe de près, romantique et peu soucieuse des conventions.

Les pétroleuses
Elle sera dans Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) un autre Visconti. Et dans Les pétroleuses, de Christian Jaque et Guy Casaril, où elle confronte amicalement Brigitte Bardot. L’une respecte l’autre.
Nous vous éviterons la liste des films traditionnelle. Aujourd’hui, elle se trouve partout dans les réseaux traditionnels d’aujourd’hui.
Claudia Cardinale ou la beauté consacrée, le visage de muse, l’attitude corporelle universelle, la peau lisse, de marbre reluisant, sans tatouages ou piercing, ou encore la chevelure colorée, tous ces artifices qui ne font que fausser irrémédiablement l’identité ; c’est l’attrait sensuel et familial en même temps qui se manifeste sans mauvaises pensées. Nous avons presque envie de dire que tout simplement… « c’était mieux avant ». Ne serait-ce que le temps que dure notre regret.

La fille à la valise
