Météors
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 avril 2026
Trois amis inséparables. Tony est devenu le roi du BTP, Mika et Dan les rois de rien du tout. Ils ont beaucoup de rêves et pas beaucoup de chance.
Le Film
de la semaine
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★★
Les pieds
nickelés

En fait, pas vraiment si on les observe de près, quoi que, le cinéaste Hubert Charuel nous imposant une aventure du regard : observer bien ce qui passe à l’écran, mesurer les paroles qui se disent, comprendre jusqu’au fond les situations qui s’inventent d’elles-mêmes.
Idir Azougli (Daniel) domine de loin la distribution, ce qui n’empêche pas Paul Kircher (Mika) et Salif Cissé (Tony) d’être à la hauteur. De Charuel, on se souviendra de l’excellent Petit paysan. Comme dans ce précédent film, les origines « agricoles » du cinéaste en sont pour quelque chose dans la création de protagonistes fabriqués en béton, concrets, durs, ne recevant de leçons de personne.
Cette approche donne lieu à un film plus rude, grave dans son propos, mais lieu également d’une certaine tendresse qui s’échappe par-ci, par-là sans s’annoncer. Certains pourront penser que dans le rapport entre Daniel et Mika, une sorte de relation fusionnelle, quasi incestueuse et qui, à la longue, pourrait se transformer, sans vraiment le vouloir, en une histoire d’amour homosexuelle. Après tout, n’est-ce pas courant actuellement ? Mais le cinéaste invente une autre fin où la lecture en voix off d’une lettre écrite adressée à Mika nous émeut au plus profond, d’une part pour le côté romantique que dresse son charme épistolaire et pour le rejet d’une possibilité qui préfère taire son nom.

Une sorte de rapport fusionnel qui dépasse la simple amitié.
Ici, le buddy movie, genre américain par excellence, entre les mains d’un Français, reçoit un autre traitement, s’infiltrant comme par magie, dans le social, allant même jusqu’à l’excès, comme le travail qu’ils effectuent dans une poubelle nucléaire, donnant au film son côté interventionniste, dont le caractère sociopolitique n’est que plus clair.
Bien avant, les trois amis doivent affronter la justice, les mauvais boulots, qui paient à peine, prenant conscience ou pas d’une société actuelle vautrée sur le profit, au détriment du reste de la société, et plus particulièrement une jeunesse qui se cherche.
Autant la critique sociale, car chacun des trois a un destin différent, que celle des changements énergétiques actuels Autant critique sociale, car chacun des trois a un destin différent, que celle s’appuyant sur les changements énergétiques actuels dont on entend parler quotidiennement par les temps qui courent, Charuel poursuit une œuvre marquée du sceau de l’observation humaine.
Avant, chacun son menu job (ici, on dirait jobine), le projet nucléaire les réunit sans qu’ils sachent à quoi s’attendre. Météors, ce n’est pas seulement un titre de film, mais ce sont ces trois paumés de la vie qui, en fin de compte réalisent que ce n’est qu’en se quittant, que les choses pourraient, dans un sens, changer. Filant comme un météore.
Cette conclusion de la part de Charuel est d’autant plus picaresque, son côté littéraire se prononçant presqu’à chaque séquence, la magnifique lettre de la fin confirmant cette approche.
Autant critique sociale, car chacun des trois a un destin différent, que celle s’appuyant sur les changements énergétiques actuels dont on entend parler quotidiennement par les temps qui courent, Charuel poursuit une œuvre marquée du sceau de l’observation humaine.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Hubert Charuel
Scénario : Hubert Charuel, Claude Le Pape. Direction photo : Jacques Girault. Montage : Julie Picouleau. Musique : Maxime Denuc, Matthieu Gasnier.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 41 min
Langue(s)
V.o. : français
Météors
Dist.
FunFilm Distribution
Contact/Prod.
[ Domino Films ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Classement
Visa GÉNÉRAL
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
