Un nouveau jour
@ Duceppe

 

CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel

★★★ ½

 

Crédit : Duceppe

Notre titre d’article, pas très gentil, mais en parfait accord avec ce qui se passe dans la nouvelle pièce de Jean-Philippe Baril Guérard, sise dans un Québec, miracle, pour la circonstance, à l’aube possible de la souveraineté. Une reprise en fait du spectacle présenté en 2025, 30e année du référendum de 1995.

 

Un pays

sans bon sens

 

Et pour en parler, quatre personnages en quête d’idées. Deux femmes, deux hommes, pour faire paritaire, nouvelle morale exige, et c’est bien ainsi.

Pour fêter comme il faut la Victoire du « Oui », il faudra organiser une fête dont on se rappellera longtemps.

La pièce en question, créée au Théâtre La Bordée en octobre 2025, est reprise au Duceppe, sous la mise en scène de Michel Nadeau. Il faut plaire au plus grand nombre, telle est la devise de la plupart des créations québécoises. Même lorsque les sujets sont à portée sérieuse, mettre un peu ou même trop d’humour attire et le spectateur se sent en sécurité, moins agressé.

« Le Québécois n’aime pas la chicane », comme on dit à un moment donné, Par habitude, ne pas s’impliquer davantage sur les sujets importants, indifférence envers la « cause souverainiste », égocentrisme exacerbé ? Autant de controverses qu’ils abhorrent et qu’on soulèvera, directement ou indirectement, par le truchement de ce qui se cache derrière chaque pierre lancée de l’un à l’autre des participants.

Chacun a ses propres idées sur la question.
Crédit : Nicola-Frank Vachon

Une version sage, trop sage, voir pudique, qui ne se mouille pas davantage, laissant le spectateur divaguer à ses pensées sur les sujets abordés. Comment fêter cet anniversaire aussi important. Où le présenter, symboliquement. Quelles icônes culturelles inviter pour y participer. Comment éviter ou pas que la « trilogie » québécoise Céline-Hockey-Poutine (ou Poulet-frites de St-Hubert) définisse en fin de compte la meilleure façon de vivre ce moment glorieux et surtout rassembleur ?

Mais voilà que ce tryptique est également synonyme de soumission au Canada et qu’il vient à l’encontre des aspirations réelles de l’idée de Souveraineté, d’un Pays à part, d’une identité Autre.

Une version sage, trop sage, voir pudique, qui ne se mouille pas davantage, laissant le spectateur divaguer à ses pensées sur les sujets abordés.

Ce à quoi Un jour viendra ne répond pas. En fait, en toute sincérité, la pièce y répond par son titre, au fondement du possible, d’un rêve qui pourrait être réalisé. Et c’est sans doute cela qu’a voulu dire Jean-Philippe Baril Guérard.

Dans cette petite odyssée québécoise qui parle, sans doute pas assez, de Libération, au sens propre comme au figuré, des absents, ceux venus d’ailleurs, la plupart, faut-il l’admettre, non-adeptes de la cause. Soyons réalistes.

Certes, une cause gagnée, mais pour combien de temps? Un Pays qui n’a pas perdu ses habitudes d’avant et le prouvera dans les prochaines Élection, à moins qu’un autre miracle arrive.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE

Texte
Jean-Philippe Baril Guérard
Mise en scène
Michel Nadeau

Assistance à la Mise en scène
Thomas Royer

Interprètes
Juan Arrango, Sophie Dion
Danielle Le Saux-Farmer, Réjean Vallée

Scénographie
Coralie Dansereau
Costumes
Églantine Mailly
Éclairages
Denis Guérette
Musique
Bande son

Diffusion & Billets
Duceppe
(5e salle)

Durée
1 h 30 min
(Sans entracte)
Jusqu’au 10 mai 2026

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]