Ex-Machina + Côté Danse
@ Monument National
CRITIQUE
[ Danse ]
Élie Castiel
★★★ ½
Hamlet, prince du Danemark
En tout
état
de cause

Crédit : Danse Danse
Énorme succès l’hiver dernier au Maisonneuve de la Place des Arts. Reprise depuis le 13 mai au Monument National ; salle comble le soir de la Première médiatique, avec des représentions jusqu’au 23 mai.
On a à lire et à relire la tragédie de Shakespeare et on s’aperçoit que les deux disciplines, théâtre et danse ne font pas toujours bon ménage. Engagement risqué pour les deux grands de la scène culturelle, d’un côté, Robert Lepage, inventeur de toute une gamme d’effets scéniques qui ont fait le tour du monde ; d’autre part, Guillaume Côté, danseur, chorégraphe et interprète au sommet de sa carrière qui prend des paris quel que soit le prix à payer. Il conclut lui-même qu’il réussira – perdre n’est pas une option.
Aucune parole n’est prononcé – des surtitres annonce le va et vient de certains personnages de la pièce [important de constater qu’ils ne sont que dans la langue anglaise, sans traduction en français], des pas chorégraphiques qui occupent la scène pendant presque deux heures et investissent un décor particulier pour la circonstance. Les rideaux s’ouvrent, se ferment et s’ouvrent de nouveau pour marquer les actes, allant d’une scène à l’autre comme si l’ensemble devenait un étrange parcours théâtro-dansé qui ne cesse de montrer ses capacités.

Une corporalité altière.
Crédit: Stéphane Bourgeois
Ça fonctionne comme ça irrite, ça désoriente comme ça affecte positivement notre intellect. Cette gamme d’émotions est d’autant plus engagée qu’elle nous somme à ajuster notre regard.
Le théâtre domine, les inventions de Lepage s’imposent, comme c’est d’ailleurs l’habitude, toujours au service du théâtre, et cette fois-ci, moins affectées qu’à l’accoutumé, question sans doute pour permettre à l’ensemble de neuf danseurs et danseuses de briller.
On assiste à un spectacle sophistiqué où le regard et l’ouïe doivent s’ajuster à une expérience autre. Lepage, ici, intègre, respectueux de la dualité de l’entreprise, se complaît à limiter les excès dont il est habitué.
Gros défi pour Côté qui tout en acceptant la gageure, doit être convaincu du mariage quasi incompatible entre les deux disciplines. Le ballet classique, lui, réussit presque toujours dans ses Gisèle, Spartacus, La belle au bois dormant, où seuls règnent les pas de danse.
Ici, la musique stridente de John Gzowski peut irriter d’aucuns comme épater les connaisseurs en la matière.
On assiste à un spectacle sophistiqué où le regard et l’ouïe doivent s’ajuster à une expérience autre. Lepage, ici, intègre, respectueux de la dualité de l’entreprise, se complaît à limiter les excès dont il est habitué.
Durée
1 h 40 min
(Sans entracte)
Diffusion & Billets
@ Monument National
Danse Danse
Jusqu’au 23 mai 2026
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
