Adamo en tournée
@ Sherbrooke-Brossard-Gatineau-Québec

CRITIQUE
[ Scène ]
Élie Castiel

★ ★ ★ ★

 

Les années 60, une autre façon de dire 1960, en termes de musique populaire, c’est celle des baby-boomers, ces enfants de l’après-guerre dont la devise principale est l’insouciance, les premières amours, une sorte de naturel créé par cette atmosphère de paix, bien que des conflits extérieurs perdurent un peu partout dans le monde, mais à petite échelle, quelque chose comme ça. Certes, les conflits armés ne cessent d’exister, c’est une situation pérenne comme si ça faisait partie de « l’ordre et la sécurité du monde ». Une sorte d’ADN compulsif dont ne ne peut s’en débarrasser.

 

« c’est ma vie

c’est ma vie…

je n’y peut rien… »

 

Pourquoi cette longue tirade ? Pour la simple raison que dans l’unique concert à Montréal d’Adamo, hier soir , et qu’il reprendra dans quatre autres salles en région, il n’est pas seulement question de ses chansons, la plupart composées pour les slows de l’époque où la drague romanesque, et parfois utile, tenait lieu de préambule amoureux, mais de rapport au monde du troubadour.

Hier, le chanteur subtilement amoureux des femmes, compose pour elles, mais le temps d’une petite pause, entame des paroles qui percutent l’actualité, comme le célèbre Inch Allah, enregistrée quelques mois avant la Guerre des six jours, provoquée par l’Égypte, contre Israël.

Ce sont des chansons comme celles-ci qui cautionnent l’engagement d’Adamo aux revers politiques et le situent dans une case à part. Il chantera aussi sur les Migrants, comme ses parents, des Siciliens qui ont quitté la pauvreté d’une époque pour s’établir dans des cieux plus cléments, dans ce cas, la Belgique.

Pour un jeune premier de 82 ans, c’est exceptionnel.

Mais le chanteur savait qu’il fallait faire plaisir aux spectateurs, spectatrices surtout, en fredonnant à sa façon ces airs indémodables qui parlent d’amour, de promesses, de première fois, de coup de foudre. Tout comme deux chansons immortelles du répertoire québécois. Vous les découvrirez.

La mise en scène, totalement improvisée, et c’est tant mieux, atteste ainsi de son côté authentique. Ce concert est l’occasion aussi pour Adamo de chanter quelques nouvelles chansons de son plus récent album. Une opération de marketing douce, subtile, remplies d’avant-premières musicales qui ressemblent à celles composées dans ses années de gloire.

Pour un jeune premier de 82 ans, c’est exceptionnel. Le grand Charles, Aznavour, lui aussi, ne l’avait-il pas prouvé ?

Durée
2 h 30 min
(Sans entracte)

Diffusion & Billets
Jeudi 21 mai – Salle Maurice O’Bready (Sherbrooke)
Dimanche 24 mai – Théâtre Manuvie (Brossard) *
Mercredi 27 mai – Théâtre du Casino du Lac-Leamy (Gatineau) *
Dimanche 30 mai – Grand Théâtre (Québec) *
* CES VILLES AFFICHENT COMPLET, MAIS
VOUS POUVEZ TENTER VOTRE CHANCE

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen.  Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]