Le Point |.| 24
du Ven 12 au Jeu 18 juin 2026

Nadav Lapid face aux cinéastes

palestiniens radicaux au FID 2026

Nadav Lapid

Par les temps qui courent, ce n’est guère étonnant. Mais quand même, un effet de bombe dans le monde du cinéma, et notamment celui des manifestations cinématographiques. Plus particulièrement, le FID, le Festival international de cinéma de Marseille. L’enjeu : l’appel au boycott lancé par des cinéastes du collectif La Palestine sauvera le cinéma et dont font partie des cinéastes comme Hala Alabdalla, Aude Fourel, Muhammed Hamdy, Narimane Mari et Ghassan Salhab, contre le cinéaste israélien Nadav Lapid, ce dernier, pour le rappeler, rejoignant ses compatriotes, les Amos Gitai, Avi Mograbi, Josep Cedar et j’en passe, pour critiquer ardemment la politique actuelle et dans un certain sens, passée, du gouvernement israélien. Mais dans le regard du collectif palestinien, pas question de céder, obéissant à un socle fondateur intransigeant.

Le festival a donc retiré environ 120 films de la programmation. Contre toute attente, Lapid a décidé de se retirer du Jury, dont il faisait partie, évitant ainsi la zizanie ambiante. Nous sommes donc face à un FID partiellement handicapé.

Les signataires justifiaient leur démarche en des mots on ne peut plus militants, leur volonté « d’agir contre une réalité coloniale et génocidaire approuvée” et dénonçaient “l’insistance” des festivals à “produire une symétrie entre productions palestiniennes et israéliennes ». Tiens, tiens, « des festivals », donc pas seulement le FID. Ingérence ? Terrains de combat ? Guerre des mots ? Politisation de la culture ? Cette dernière forme de persuasion ne devrait-elle pas servir plutôt de base à l’entente, le rapprochement, le partage intellectuel des idées et surtout d’une connaissance rationnelle et raisonnée de l’Histoire sur ce qui est remis en question ?
Putain ! Que font les artistes responsables politiquement s’ils ne s’entraident pas ?

Ingérence ? Terrains de combat ? Guerre des mots ? Politisation de la culture ? Cette dernière forme de persuasion ne devrait-elle pas servir plutôt de base à l’entente, le rapprochement, le partage intellectuel des idées et surtout d’une connaissance rationnelle et raisonnée de l’Histoire sur ce qui est remis en question ? Putain ! Que font les artistes responsables politiquement s’ils ne s’entraident pas ?

Ici, le constat est clair : c’est une question d’antisémitisme décomplexé, justifiant cette prise de position par des sentiments cachés, qu’on reniera, certes, mais qui persiste depuis la nuit des temps. Car, vite dit, ce isme fait partie, depuis ses débuts, de l’ADN social, donc comme quelque chose de tout à fait normal dans les diverses étapes de la civilisation à travers les siècles.

Et Lapid dans tout cela ? Rien d’autre que de se retirer du festival, comme un enfant sage. Mais tout à fait conscient qu’il continuera à afficher ses discours cinématographiques incendiaires contre le présent gouvernement israélien ou, peut-être, futurs, si la tendance se maintient et le régime autocratique d’un certain Bibi, diminutif d’enfance pour Benjamin Netanyahu, continue de sévir dans cette région du Proche-Orient.

À propos, dans toute cette question, le Hamas, le Hezbollah, deux groupes de l’ombre, intermédiaires par rapport à l’Iran, ne sont jamais mentionnés. La république islamique d’Iran non plus.

Un seul poids – les Gardiens de la révolution, une seule mesure.