Francois.e
P R I M E U R
Sortie
Mercredi 1er juillet 2026
François, un scénariste de 50 ans en panne de succès, coche cyniquement la case « transgenre » pour décrocher un financement pour sa série télévisée. Une fois le projet accepté, il se voit obligé d’incarner « Françoise », une autrice trans.
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
★★★
Par sa structure, ses enchaînements, ses situations, son franc-parler, François.e est un film courageux alors qu’on assiste, en Occident, à une vague de masculinisme éhonté d’une autre époque, voire plus violente encore – bizarrement, le film sort alors que les évènements récents, le cas-Incel, à Montréal, fait les manchettes, au moment d’écrire ces lignes.
Jeu de dupe
Mais il y un film, le premier long métrage de Jean-François Asselin, télésérie Plan B comme gage de savoir-faire en termes de réalisation.
Et si le cinéma grand public pouvait lui aussi satisfaire la curiosité des critiques professionnels habitués, en général, aux films plus intellectuels.
Chose curieuse, tout en facilitant le rire, François.e regorge de bons arguments non seulement sur la transidentité, thème principal du film, mais également sur l’Homme nouveau, hétérosexuel, perdu dans la foule sociale qui, elle, attend beaucoup de lui.
Surtout lorsqu’on a atteint la cinquantaine et qu’on veut toujours réussir. Inutile de vous décrire les tenants et aboutissants de cette véritable course contre la montre.

L’affectif et le sublime.
Le film vaut pour les interprétations excellentes de l’ensemble du casting, et particulièrement les personnages clé. Une Geneviève Schmidt, comme toujours formidable, prêtre à tous les défis ; Robin Aubert, surprenant face à un dilemme moral, Louis Morisette, d’une efficacité et disponibilité incroyablement authentiques.
Mais la palme revient à l’actrice transgenre Pascal Devrillon, impeccable, philosophe à ses heures, intégrée dans la vie du personnage de Morissette dans un jeu extraordinaire du chat et de la souris.
La finale, celle à laquelle on s’y attend, nous laisse cependant pantois quant à la sexualité de l’Homme hétéro, convaincu de son hétéronormativité héritée d’une civilisation qui se perd dans la nuit des temps.
[ … ] la palme revient à l’actrice transgenre Pascal Devrillon, impeccable, philosophe à ses heures, intégrée dans la vie du personnage de Morissette dans un jeu extraordinaire du chat et de la souris.
Dans ce dénouement positif (pardon du spoiler), où l’amour triomphe de tous les maux, quel sera la trajectoire sexuelle du personnage hétéro ? Il faut bien se poser la question.
Il faut souligner surtout la direction photo sublime de Sara Mishara, transformant tous ces lieux de Montréal, extérieurs comme intérieurs, en une sorte d’album photographique en mouvement aussi suggestif que mythique.
Sans oublier, bien sûr, le plan d’ouverture du film, quand même assez long, qui laissera les spectateurs bouche bée, même ceux habitués à toutes les propositions.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-François Asselin
Scénario : Jean-François Asselin, Gabrielle Boulianne-Tremblay, Jean-François Léger. Direction photo : Sara Mishara. Montage : Lauréanne Dumoulin. Musique : Lauréanne Dumoulin.
Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 1 h 31 min
Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
Francois.e

Jean-François Asselin
Crédit : @ Danny Taillon
Distribution
Entract Films
Les Films Opale
Contact/Production
[ KO24 ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Nudité frontale ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
