Un monde fragile et merveilleux
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026
Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. Vingt ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel
LIBAN,
MA
DÉCHIRURE

★★★★
Déjà, le titre soutient la dualité de la proposition selon laquelle le romantique et le politique ne peuvent vivre séparés l’un de l’autre, comme si le quotidien inventait des formes d’apaisement en même temps que des bouleversements dramatiques que les conflits armés apportent.
Et pourtant on continue à croire en une vie normale. Peut-on appeler ça « résilience » ?
Voici un film magnifique qui nous tend la main avec prudence, affection et une énergie vitale, autant d’éléments qu’il est force de souligner.
Il y a Nino et il y a Yasmina, dont l’amour est naissant depuis l’enfance, plus consciemment depuis le primaire. Eux deux, malgré les hasards du quotidien dans un pays aux nombreux conflits, venus de l’intérieur et de l’extérieur, conservent assez de foi pour croire au pouvoir de l’amour.
Un thème que Cyril Aris traite avec autant de conviction que de liberté de ton.
Il excelle dans les séquences où les individus s’entendent dans le meilleur des mondes possibles, les us et coutumes du quotidien ne se laissant pas brader par les forces du mal. Celles-ci, au contraire, ont recours à des moments d’archives que certains d’entre nous ont déjà vus dans les journaux, actualités ou autres médias.
Mais dans ce contexte inhabituel qui ne semble plus finir, arrivés à l’âge adulte, des choix s’imposent. Ceux qui restent et ceux qui s’en vont pour pour voir si les choses sont meilleures ailleurs, dans des horizons plus sereins.

Il suffit de deux regards, ça dit tout.
Un monde fragile, certes, et merveilleux aussi pour ce qu’il offre de consolation, de possibilités de continuer à mieux vivre, comme étrangement saisis par une certitude inébranlable en l’être humain.
Cela ne se passe-t-il pas ainsi actuellement ? Ce refus du mal en faveur du bien. Seuls les politiques demeurent dans la bataille, s’engouffrant graduellement dans une logique du pire, voire de l’anéantissement.
Dans ce conte moral, puisqu’il s’agit bien de cela, les deux amoureux nous laissent croire au pouvoir affable de l’amour, le sentimental, mais aussi le physique, celui de la sensualité des gestes, des étreintes, ici filmées avec une subtilité affective, et non pas selon une perspective uniquement charnelle ; ainsi, les règles du poétique et du mythique finissent par vaincre. Nous sommes quand même au cinéma, et le cinéma, ça s’invente avec des codes. Cyris est une grand romantique.
Dans ce conte moral, puisqu’il s’agit bien de cela, les deux amoureux nous laissent croire au pouvoir affable de l’amour, le sentimental, mais aussi le physique, celui de la sensualité des gestes, des étreintes, ici filmées avec une subtilité affective, et non pas selon une perspective uniquement charnelle
Un film à la croisée des chemins qui ne cherchent pas à expliquer les gestes de Nino et Yasmina, tous âges confondus et qui, sans le vouloir, dans toute leur inconscience déchirante et partagée, offre une autre image du Liban, l’oublié, l’écartelé, transformé en une déchirure virale par les forces du mal, le contraire de ce qu’on voit quotidiennement, surtout aujourd’hui.
Et les interprètes, quels que soient leurs rôles, investissent autant d’énergie que de conviction soutenue.
À tous ces hommes d’état, de la Russie, de l’Ukraine, des pays africains, de la Palestine et d’Israël, cessez de rêver à un monde selon vos propres aspérités et croyez en l’avenir de l’humanité !
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Cyril Aris
Scénario : Cyril Aris, Bane Fakih. Direction photo : Joe Saade. Montage : Cyril Aris, Nat Sanders. Musique : Anthony Sahyoun.
Genre(s)
Drame romantique
Origine(s)
Liban / États-Unis
Allemagne / Qatar
Arabie-saoudite
Année : 2025 – Durée : 1 h 50 min
Langue(s)
V.o. : mixte; s.-t.f. & s.-t.a.
A Sad and Beautiful World
Nujum al’amal we al’alam
Distributeur
LFFC
Contact info.
[ MUBI ]

Cyril Aris
Crédit : @ IMDb
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

