Le château d’Arioka

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans le Japon féodal, le seigneur Murashige se retranche dans son château et y fait prisonnier son ennemi, le stratège Kanbei, qu’il décide d’épargner. Au fil des saisons, des crimes inexpliqués viennent troubler l’ordre des lieux.

ANGLE
| CRITIQUE |
Élie Castiel

★★★★

 

Tout d’abord, aucun lien entre Kiyoshi Kurosawa et Akira Kurosawa, même si le réalisateur de ce Château d’Arioka rend un brillant hommage au cinéma nippon de l’âge d’or, celui, en grande partie, du noir et blanc majestueux.

 

La théâtralité

des apparences

 

Le film qui nous concerne est une proposition pudiquement intellectuelle qui jamais ne glisse dans l’excès ni la complaisance. Un film rare de nos jours, et par la même occasion répondant à une nécessité de réinventer un genre, sans jamais oublier la modernité.

Une proposition théâtrale, certes, car Le château d’Arioka est avant tout la « tragédie d’un homme ridicule » qui, en fin de compte, réagit trop tard à ses impulsions, ou mieux dit, ses insécurités maladives.

Comme tous les films japonais d’époque, le récit est compliqué ou encore, se complique à mesure que les intrigues s’entremêlent par la force des mots et leur impact sur les individus.

Entre le complot et la légitimité d’être.

Les quatre saisons naturelles, l’automne, l’hiver, le printemps et l’été et pas nécessairement dans cet ordre, sont suggérées comme leitmotiv à un récit sur la tragédie d’un homme qui cherche sa voie.

Cette continuité pêle-mêle permet à Kurosawa de s’inscrire dans une modernité affichée et qu’il comprend même si sa structure épouse le film d’époque. Notre Kurosawa contemporain passe du nouveau à l’ancien avec une stupéfiante aisance. N’avons pas eu la preuve avec son magnifique opus Tokyo Sonata (Tōkyōsonata) en 2008 ?

Ici, c’est un film fait de mots, de sous-entendus, de prouesses, de trahisons de toutes sortes. Et si la personne qu’il tient prisonnier, d’où le titre anglais, The Samurai and the Prisoner, n’était après tout que la plus fiable et proche des intentions du cinéaste.

Par respect pour les spectateurs, nous éviterons de parler de la femme de Murashige Araki, principal personnage, celui par qui tout arrive.

Cette déconstruction d’un genre d’une autre époque gravé dans notre mémoire de cinéphile s’annonce ainsi comme le défi d’un homme de cinéma et de pensée d’un humanisme déchirant.

Le film vaut son pesant d’or, notamment en ce que ces images qui ne durent que quelques secondes se perdent dans le temps et l’espace et laissent dans notre regard une sorte de sensation à la fois éphémère et ô combien salvatrice.

Entre la légitimité et les apparences, Le château d’Arioka poursuit une ligne horizontale, d’une part, de par les saisons annoncées, de l’autre par cette ambiguïté qui finit par devenir réalité.

Cette déconstruction d’un genre d’une autre époque gravé dans notre mémoire de cinéphile s’annonce ainsi comme le défi d’un homme de cinéma et de pensée d’un humanisme déchirant.

Nous sommes tous coupables et innocents. Ainsi va le monde. 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Kiyoshi Kurosawa

Scénario : Kyoshi Kurosawa; d’après le roman de Hanohu Yonezawa Direction photo : Yasuyuki Sasaki. Montage : Kôichi Takahishi. Musique : Yoshihiro Hanno.

Genre(s)
Drame d’époque
Origine(s)
Japon
Année : 2026 – Durée : 2 h 28 min
Langue(s)
V.o. : japonais; s.-t.f. & s.-t.a.
The Samurai and the Prisoner
Kokurôjô

Distributeur
Films Copain

Contact info.
[ Blue Fox Entertainment ]

Kiyoshi Kurosawa
Crédit : @ IMDb

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]