Kika
P R I M E U R
Sortie
Vendredi 14 août 2026
Alors qu’elle est enceinte, Kika perd brutalement l’homme qu’elle aime. Complètement fauchée, elle en vient à vendre ses petites culottes, avant de tenter sa chance dans un métier plutôt déconcertant.
ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier
★★★
Après plusieurs documentaires remarqués, Alexe Poukine passe à la fiction avec Kika, un premier long métrage qui témoigne d’un réel intérêt pour les individus en marge et les mécanismes sociaux qui les poussent à franchir certaines limites. À la fois récit d’émancipation et comédie de mœurs, le film s’inscrit pleinement dans son époque, celle d’une précarité financière qui peut rapidement faire basculer une existence jusque-là relativement stable.
Une émancipation
en eaux troubles
Assistante sociale et mère monoparentale, Kika voit son univers s’effondrer du jour au lendemain. Pour tenter de garder la tête hors de l’eau, elle empruntera une voie aussi inattendue que risquée : le fétichisme et la prostitution. Un choix qui permet à Poukine d’explorer les rapports de pouvoir, le désir et la marchandisation des corps sans jamais sombrer dans le voyeurisme facile.

Une tentative sans doute utopique de stabilisation.
Manon Clavel constitue indéniablement la révélation du film. Dans le rôle-titre, elle apporte une grande sensibilité à cette femme vulnérable qui tente de reprendre le contrôle de sa vie par des moyens pour le moins inhabituels. La comédienne parvient surtout à rendre son personnage attachant sans chercher à le rendre sympathique à tout prix.
Kika demeure néanmoins un premier essai intéressant, sensible et imparfait, qui préfère l’observation humaine au scandale facile. Une œuvre prometteuse, mais encore trop hésitante pour convaincre pleinement.
Le principal mérite de Kika demeure d’ailleurs son regard profondément humain. Le scénario s’intéresse davantage aux zones d’ombre de ses personnages qu’à leur comportement sulfureux. Malheureusement, Poukine éprouve davantage de difficultés lorsqu’il s’agit de négocier les changements de ton. Le passage progressif vers les relations masochistes paraît parfois forcé et manque de crédibilité, comme si le scénario cherchait à pousser son personnage dans ses derniers retranchements sans avoir suffisamment préparé cette évolution.
Kika demeure néanmoins un premier essai intéressant, sensible et imparfait, qui préfère l’observation humaine au scandale facile. Une œuvre prometteuse, mais encore trop hésitante pour convaincre pleinement.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Alexe Poukine
Scénario : Alexe Poukine. Direction photo : Colin Lévêque. Montage : Agnès Bruckert. Musique : Pierre Desprats.
Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
France / Belgique
Année : 2026 – Durée : 1 h 55 min
Langue(s)
V.o. : français
Kika
Distributeur
K-Films Amérique
Contact info.
[ Totem Films ]

Alexe Poukine
Crédit : @Wikipédia
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Interdit aux moins de 16 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
