La place
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 28 août 2026
En route pour un souper, un couple se dispute une place de stationnement avec un inconnu. Ce simple accrochage tourne au duel psychologique et pèse lourdement sur le reste de leur soirée.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castie
★★★ ½
Pour une étrange raison, à la projection de La place, sans qu’on le réalise, on se met à penser à Teorema, sans doute le meilleur film de Pier Paolo Pasolini : pour cet intrus, ce Visiteur au sein d’une famille, en apparence normale, et qui bouleverse son quotidien. Entre le personnage du Pasolini et celui de l’Inconnu (l’homme sans nom), dans le Louis Godbout, un inquiétant parallèle : bien que les récits n’aient rien en commun, ces deux personnages, à la limite extradiégétiques, puisque leur présence est fantomatique, hors du quotidien, établissent des modes de comportement surréalistes, composant selon des règles qui n’en sont pas.
L’ANGE
EXTERMINATEUR
La place est le film qui nous intéresse. D’une part parce qu’il est signé par un réalisateur dont la philosophie fait partie de ses nombreuses formations. Un peu comme Bernard Émond qui, lui, confère aussi un élément religieux dans ses films. Croire ou ne pas croire tout en étant laïc. Mais là n’est pas notre sujet.
Ici, le couple composé de Brigitte (Christine Beaulieu) et surtout Jonathan (Maxim Gaudette) opère selon des critères issus de la logique. L’Inconnu, à qui Benoît Gouin pourvoit divers jeux d’interprétation, notamment dans les regards (en gros plan) et la physicalité, comme un corps qui se meut comme s’il était dans un endroit hors-du monde, surmonte tous les obstacles pour la simple raison que c’est lui qui les crée. Cette supériorité en rapport avec ses « victimes » ne fait que renforcer l’idée selon laquelle notre vécu n’est pas exclu de tout rapport avec ce qui nous dépasse.

Les traits insidieux du quotidien.
La direction photo de Jean-François Lord joue sur cet antagonisme. Même lorsqu’il filme les rues de Montréal, elles nous semblent familières et du coup, prennent une autre dimension.
Le problème de Jonathan, issu de nombreux conflits avec sa propre existence depuis son enfance, s’acclimate mal à ce qui lui arrive.
Une prise de bec étrange avec l’Inconnu qui aurait pu vite se terminer facilement, se transforme en une situation inextricable. C’est à ce moment que Godbout reconstruit le récit pour que sa proposition tienne la route. L’écriture du scénario domine par son exactitude.
Dommage que la fin, dont on ne dévoilera pas les détails, bien que paraissant du domaine des zones grises, contient un semblant d’optimisme sur notre monde. À moins que l’image proposée signifie autre chose qui nous échappe.
Un film qui souligne que l’existentialisme, dans tous ses états d’âme, est un humanisme.
On parle de la vie, bien entendu, de la procréation ou de son manque, du couple en crise, qui cherche sa propre définition dans la communauté des humains.
Après, entre autres, Mont Foster, que nous avons bien apprécié, Louis Godbout propose un film d’auteur sur l’angoisse actuelle de nos habitats urbains traversés par des vagues d’incertitude.
Un film qui souligne que l’existentialisme, dans tous ses états d’âme, est un humanisme.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Louis Godbout
Scénario : Louis Godbout. Direction photo : Jean-François Lord. Montage : Claude Palardy. Musique : Martin Léon.
Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : français
La place
Distributeur
FunFilm Distribution
Contact info.
[ Les Films Primatice ]

Louis Godbout
Crédit : PrimaticeFilms
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
