Le choix du pianiste
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 04 septembre 2026
À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, François Touraine, grand virtuose du piano, n’a d’autre choix que de partir jouer en Allemagne pour sauver la femme qu’il aime, sa professeure. Mais Rachel est juive dans une époque qui ne le permet plus.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★
N’eut été l’excès de sentimentalité, nous aurions apprécié davantage Le choix du pianiste, le nouveau film de Jacques Ometzguine, très présent à la télé et quelques longs plutôt modestes.
Le film ne s’inspire pas d’un personnage réel, mais le récit accumule des situations historiques glanées par-ci, par-là, qui se seraient passées entre 1930 la Seconde Guerre mondiale.
Sur ce point, soyons justes envers Ometzguine et crédule envers tout ce qui se passe dans ce récit sur l’art musical montrant les diverses étapes vers sa réalisation ultime : jouer dans un orchestre professionnel (bien entendu, dans la fiction).
Entre de frêles doigts
Et pourtant, pour Jacques Touraine (Oscar Lesage, aux jeux variés selon les circonstances) et Rachel, sa professeure de piano, Juive de surcroît (Pia Lagrange, retenant constamment une attitude bien rangée dans son jeu), en jeune homme adulte, une histoire d’amour impossible ; d’abord pour la différence d’âge entre les deux, ensuite, dû à leur foi différente, que les parents du jeune homme n’approuveraient pas.
Des allers-retours entre ces deux personnages selon les relents de l’Histoire française de ces époques, malmenées par des indiscrétions de la part de Jacques, parfois plus attiré par les aventures amoureuses que par la passion qui l’anime pour jouer du piano.
La direction artistique de Denis Renault, très soignée, assure une crédibilité esthétique, notamment dans le choix des coloris, particulièrement bruns, verts et bleus, très reposants pour l’œil.

La professeure et son modèle.
De Jacques Ometzguine, on retiendra cette volonté de ne pas montrer les documents d’archives de l’époque nazie autour des camps de la mort, ce qui rend le récit, bien qu’inventé, tout à fait plausible, parfois teinté d’effets mélodramatiques d’une autre époque.
On peut compter sur des comédiens et comédiennes de haute tenue : comme Zoé Adjani, dans le rôle d’Annette, sœur de Jacques, devenue antisémite invétérée, plus par jalousie d’enfance envers son frère, en raison surtout de son manque de talent pour le piano. Adjani joue bien le jeu.
[ … ] force est de souligner que Le choix du pianiste sort à une époque où l’identité juive est sans cesse contestée en raison du conflit interminable au Moyen-Orient. Je ne crois pas que ce film vise à adoucir le regard actuel qu’une grande partie du monde adresse à ce peuple habitué à des vagues d’oppression, mais n’empêche qu’il peut tempérer sa portée, ne serait-ce que dans un instant de lucidité.
On signalera la présence d’André Manoukian (qu’on voit souvent à la télé française dans des émissions musicales), jouant le chef d’orchestre Paul Paray, à qui il donne un charisme, parfois circonstanciel, difficile à dire.
On ne dressera pas une liste des autres interprètes, des noms connus, sauf la présence, bien courte, d’André Ferréol, très présente dans le cinéma européen de qualité, notamment des années 70 et 80. On ne sait pas si c’est sa présence qui nous émeut ou son jeu, ou les deux.
Mais force est de souligner que Le choix du pianiste sort à une époque où l’identité juive est sans cesse contestée en raison du conflit interminable au Moyen-Orient. Je ne crois pas que ce film vise à adoucir le regard actuel qu’une grande partie du monde adresse à ce peuple habitué à des vagues d’oppression, mais n’empêche qu’il peut tempérer sa portée, ne serait-ce que dans un instant de lucidité.
Reste la très bonne partition musicale classique de Dimitri Naïdich, impeccable pour l’ouïe et l’apaisement.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jacques Otmezguine
Scénario : Jacques Ometzguine. Direction photo : Lubomir Bakchev. Montage : Constance Alexandre. Musique : Dimitri Naïditch.
Genre(s)
Drame
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 46 min
Langue(s)
V.o. : mixte; s.-t.f.
Le choix du pianiste
Distributeur
K-Films Amérique
Contact info.
[ Loco Films ]

Jacques Ometzguine
Crédit : @AlloCiné
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
