Le Point |.| 37
du Ven 11 au Jeu 17 sept 2026
EN TOUTE
| PERSPECTIVE |
Élie Castiel
Rédacteur en chef
Compulsions
Nous sommes face à un monde qui change quel que soit l’endroit où l’on se trouve. En ce qui concerne la planète cinéma, ici, depuis janvier, on assiste à une programmation généralement en boucle suivant un régime bien établi, comme si les distributeurs et les exploitants s’étaient mis tous d’accord pour annoncer de nouvelles habitudes à prendre en termes de consommation de films. Le consommateur, lui, en revanche, semble perdu face à ces grilles composées de restes de tiroir, de nouveaux films pris un peu par-ci, un peu par-là, cachés sous des dehors de véritables programmation. Les rétrospectives se mêlent aux véritables exclusivités, les mini-festivals côtoient les films qui prendront l’affiche régulièrement pour la première fois. Bref, tout un système de programmation fourre-tout où le dévot-cinéphile ne se reconnaît qu’en prêtant une attention particulière. La loi de la surenchère.

Tout est dit, n’est-ce pas ?
Même nos pages Internet subissent ces contre-coups sortis d’on ne sait où, rendant notre tâche plus ardue et prenant plus de temps à achever. Sans compter sur les inattendues sautes d’humeur qui consistent à retirer où à augmenter le nombre de films à la toute dernière minute.
L’IA, l’incontournable Intelligence Artificielle, que les médias ont évoqué ces derniers jours et que le milieu, enfin, la majorité des gens du milieu a en horreur. Des films en IA ? des acteurs créés qui ressemblent à de vrais ? Des situations inventées en accord avec la réalité documentaire ? Quel est le vrai ? Quel est le faux ? Des questions qui se posent dans un monde devenu davantage alternatif.
Un monde virtuel qui soumet ses lois, ses inventions, ses caprices. La démocratie, la vraie, l’athénienne, qui a duré depuis l’Antiquité, créatrice de mythes, de légendes, de la raison, de la pensée humaine, tout ce mouvement issue de la raison qui, malgré les guerres, les invasions, les crimes contre l’Humanité, nous ont quand même donné des périodes de Lumière.
Dans un tout autre ordre d’idée, parce que c’est important d’en parler, les conflits Russie/Ukraine et Israël/Palestine, le premier qui entre dans sa cinquième année, grâce au bon vouloir d’un certain Poutine ; le second à cause d’un Bibi de mauvaise foi, tenant au pouvoir pour échapper à la justice et que le Haaretz, l’excellent journal de gauche israélien a publié il y a quelques heures seulement un article sur le scandale du 7 octobre, un véritable brûlot qui, si pris sérieusement, changera les prochaines élections israéliennes.
Et si rien ne se passe, c’est que, vraiment, les Israéliens sont devenus amnésiques et n’ont aucune idée de ce que le politique, oui, le politique a plus d’un tour dans son sac.
Certes, on comprend le traumatisme causé par le 7 octobre, mais la réponse tardive, et surtout une certaine froideur des autorités, bien que très provisoire, inadmissible tenant compte de la teneur de cette situation, le tout s’est soldé, avec la coopération du Hamas, lui aussi hautement responsable, mais peu reconnu par le reste du monde, en une débâcle humanitaire causée par la partie victimisée en premier.
Il faudra voir si le cinéma, d’un côté ou de l’autre, se penchera sur ces évènements extraordinaires. Et, bien sûr, si l’IA sera utilisée, toujours d’un côté ou de l’autre, à des fins partisanes. Très dangereux comme scénario.
Que dire de plus si ce n’est que si nous sommes concernés, ne serait-ce que le moindrement du monde, nous ne pouvons plus voir notre quotidien de la même façon. Le XXIe s’est finalement installé.
