Primetime
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 25 septembre 2026
En 2006, Chris Hansen, le présentateur de l’émission To Catch a Predator, entreprend de marquer l’histoire de la télévision.
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★★
Prédateur$
et
vies privées
Le format d’image en VistaVision, autrement dit, le ratio 1.50:1 ou 3.2, participe de cet engouement de la part du jeune Lance Oppenheim pour son premier film de fiction.
Cette fébrilité de sa part se sent tout le long de Primetime, autant dans la direction photo de Jonathan Descote, la caméra très proche des personnages, ces prédateurs, pas ceux que l’on croit, préparant leurs coups bas, participant à une course contre la montre pour implanter leur émission télé aux heures de grande écoute.
Malgré un sujet, pour le moins, scabreux, filmer des clients, des hommes d’âge mûrs, recontrant des mineur(es) pour activités illicites, le film évite le sensationnalisme même si certaines images tiennent du voyeurisme, mais conservent cette approche réaliste où notre regard voyeur et notre comportement de consommateurs d’images interdites se complaît à assouvir nos désirs le plus souvent inavoués.
Car Primetime (heure de grande écoute), c’est aussi de cela que ça parle, de nous et pas seulement des personnages créés par Oppenheim et le scénariste Ajon Singh, inspiré de l’article d’un certain Luke Dittrich.
Ce qui est à la fois déroutant et dans le même temps contestable, c’est de se questionner sur la nature, non pas des clients, car ils ne le sont pas, ce sont des ‘vies privées’ et « vaccinées », répondant simplement à ces multiples sites de rencontres comme Grindr ou autres, à l’invitation de jeunes internautes qui n’ont pas atteints l’âge du consentement, mais s’y aventurent quand même. Dans un sens, théoriquement, il s’agit de rencontres, en général d’un soir (ou journée !) entre deux ‘personnes consentantes’.

Un charisme d’homme droit.
Mais l’Amérique est un des pays les plus puritains en matière de sexe. Et cette contagion s’est rependue dans tous les coins du globe. Partout, il s’agit du « sexe interdit » alors que dans les conflits mondiaux, tous ces morts, ces blessés, ces amputé(es) se calculent par milliers. Oui à la mort, non au sexe.
En 2024, Lance Oppenheim signait le documentaire Spermworld, où il explorait le marché noir et non réglementé des dons de sperme en ligne aux États-Unis. Des donneurs particuliers et des parents en devenir se connectaient directement pour contourner les banques de sperme traditionnelles, jugées trop coûteuses ou trop impersonnelles.
Entre ce reportage et Primetime, un dénominateur commun : le sexe, celui pour la reproduction et d’autre part, l’activité sexuelle comme activité illicite, mais pour certains, selon les règles de sa propre morale.
Oppenheim est jeune, mais déjà, avec cette première fiction édifiante, se construit un avenir prometteur, tout à fait conscient des limites, mais qu’il peut franchir sans aléas.
Le rêve américain ou la possibilité de réussir à force de contourner les règles de la morale, de l’équité et d’avoir un appétit vorace impossible à rassasier.
Le côté granuleux des images, totalement délibéré, demeure le constat d’autant d’exemples d’échappatoires que de gestes formulés. Il y a, dans Primetime, un cynisme volontaire, pince-sans-rire, de la part des prédateurs qui alimentent, aux heures de grande écoute, nos instinct les plus bas, alors que des émissions comme To Catch a Predator devrait être retenue tard la nuit.
Oppenheim s’interroge, ne le montre pas directement, mais se fait le dénonciateur d’un système capitaliste en pleine frénésie. Ça se passe au début de notre siècle actuel et le présentateur dont il est question, Chris Hansen, a bien existé. Le rêve américain ou la possibilité de réussir à force de contourner les règles de la morale, de l’équité et d’avoir un appétit vorace impossible à rassasier.
Actuellement, Chris Hansen travaille en tant que créateur de médias numériques indépendant, entrepreneur et enquêteur, et dirige principalement son propre réseau de crimes réels appelé TruBlu.
Un film essentiel, pertinent, provocant, pour voir ce que nous sommes capables d’être.
Robert Pattinson, brillant.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Lance Oppenheim
Scénario : Ajon Singh, d’après l’article de Luke Dittrich, Tonight on Dateline. Direction photo : David Bolen. Montage : Daniel Gerber. Musique : Ari Balouzian.
Genre(s)
Drame social
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 50 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
En direct
Distributeur
Entract Films
Contact info.
[ Elevation Pictures ]

Lance Oppenheim
Crédit : IMDb
Diffusion
Cineplex
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le rêve américain ou la possibilité de réussir à force de contourner les règles de la morale, de l’équité et d’avoir un appétit vorace impossible à rassasier.