Sacrifice
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 02 octobre 2026
Lors d’un gala de charité sur une île grecque, un acteur de cinéma en perte de vitesse décroche le rôle de sa vie lorsqu’une secte apocalyptique le prend en otage.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★ ½
Entre le père (Costa-Gavras) et le fils, une distance cinématographique à cent mille lieues à la ronde, deux mondes opposés, le premier avec une conscience morale exemplaire, le second issu d’une génération où le cinéma de genre explose pour devenir, jusqu’à aujourd’hui, une sorte d’État cinématographique qui revendique ses prouesses techniques et narratives.
En Grèce
Et pourtant, force est de réaliser que dans Sacrifice, auquel Romain Gavras a fait appel à une pléiade de vedettes, majoritairement anglophones, dont Chris Evans et John Malkovich, et quelques internationales, Vincent Cassel et Salma Hayek Pinault, le fait de tourner le film, en premier lieu en Grèce, renvoit à ce sentiment d’appartenance qui le lie à ses origines. Une narration expressément bancale où la continuité n’est guère importante. C’est voulu ainsi.
Entre le réel imaginé et le fantasme d’une dystopie humaniste, sacré paradoxe que se permet Gavras fils, un sentiment de fierté pour marquer cette aventure sur une certaine fin des temps. Le cinéaste, qui croit mordicus en son cinéma, et il a su conquérir de nombreux adeptes avec le temps, renverse les codes de certains mouvements écologiques, politiques et même amoureux (le sacrifice de Mike Tyler – constamment dubitatif Chris Evans, même avec ses yeux d’enfant sage).

Un traumatisme d’enfance rendu dystopie fictionnelle.
Sacrifice, un titre générique aux multiples significations. Chacun des spectateurs donnera sa propre interprétation. Le vidéoclip (d’une autre époque), le show spectaculaire (lui aussi d’un autre temps), les mouvements sociaux, la négation de ceux qui souffrent, les symboles et les métaphores qui font acte, aujourd’hui, de façon paradoxalement continue sont autant de fausses métaphores que Gavras illustre avec un grain de sel.
Sacrifice est sans doute le plus grec des films de Romain Gavras, non seulement en raison de la présence de nombreux acteurs grecs de second plan, mais pour la mission qu’il se donne de renouer affectueusement avec ses racines, même à mi-chemin.
Gavras se fait-il le précurseur, avec d’autres rares cinéastes, de la démonstration d’un « état des lieux » en totale déconstruction et, cinématographiquement parlant, chaotique ? C’est pour cette raison que Sacrifice se présente comme un exemple de film déchirant, déchiré, bercé d’un humour intempestif, méchant, indiscipliné. Tout y passe, la société de consommation, la superficialité de l’existence, la mode (oui, la mode), la luxure comme marchandise qu’on s’échange entre partenaires, à droite et à gauche.
Et pour apaiser le tout, un traumatisme de jeunesse solidement appuyé par le jeu fantomatique d’Anya Taylor-Joy, aux yeux de diablesse perturbée.
Sacrifice est sans doute le plus grec des films de Romain Gavras, non seulement en raison de la présence de nombreux acteurs grecs de second plan, mais pour la mission qu’il se donne de renouer affectueusement avec ses racines, même à mi-chemin.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Romain Gavras
Scénario : Romain Gavras, Will Arbery. Direction photo : Matias Boucard. Montage : Benjamin Weill. Musique : Genera8ion.
Genre(s)
Comédie dramatique satirique
Origine(s)
Australie / Chypre / États-Unis
France / Grande-Bretagne
Année : 2026 – Durée : 1 h 38 min
Langue(s)
V.o. : anglais ; s.-t.f.
Sacrifice
Distributeur
Entract Films
Contact info.
[ Elevation Pictures ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Parc ]

Romain Gavras
Crédit : @ IMDb
Classement
Interdit aux moins de 13 ans
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
