NAZA
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 02 octobre 2026
Filmé de nuit sur les toits de Tel Aviv, cet essai documentaire décrit en détail les systèmes derrière le massacre de civils palestiniens à Gaza par des soldats de l’armée israélienne.
Le Film
| de la semaine |
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★★
La durée du film, 78 minutes, permet quand même aux participants d’élaborer leurs réponses aux questions posées par Yuval Abraham, lumière intentionnellement indiscrète sur son visage à découvert ; comme si sa présence dans le plan confirmait la teneur de sa proposition.
Une sorte de bravoure qu’il se permet, marquant ainsi ce que les critiques pourraient voir comme la « morale du plan ». Car en plus du vrai sujet du film, NAZA est aussi une réflexion sur le cinéma, non seulement sur ce qu’on peut oser dire, mais ce que l’on devrait se permettre de dire, sans retenue.
L’IA au service
du tragique
décomplexé
NAZA, c’est du cinéma brut, cru, sans concessions, allant droit au but. Parfois même, les questions d’Abraham sont directes ; il va droit au but, sans ambages. À tel point que le contenu de certaines questions ressemble à des réponses auquel il s’attend. Ce qui nous mène à nous interroger sur la validité de l’entreprise. Et si Yuval Abraham et Rachel Szor, coréalisatrice et directrice photo, n’étaient après tout que le seul point d’intérêt ?!
À cet égard, on peut s’interroger sur la sincérité du thème, une proposition visant le gouvernement actuel israélien de tous les maux sur la situation à Gaza. Il n’est pas question de la Cisjordanie, dont une grande partie, Israël considère comme Judée-Samarie, bataille menée depuis quelque temps, mais bizarrement pas au début de l’invasion à Gaza. On n’en parle pas. D’ailleurs il ne sera jamais question du fatidique 7 octobre, mais pour certains interviewés, cette tragédie a mis le feu aux poudres lors de leur périple à Gaza.

Dans un proche horizon, Tel-Aviv ressemblant à une ville futuriste, insensible à la douleur.
Ce constat, Yuval Abraham y renonce dans la préparation des questions (scénario ?), avec des représentants du Guardian, principal producteur du film. Et on sait ce que le Guardian pense de ce conflit !
Le 7 octobre, par conséquent, devient pour les besoins de NAZA, simplement un fait divers sur lequel il n’est plus essentiel d’en parler davantage.
Nous ne légiférerons pas sur l’ovation de 25 minutes à la récente Mostra de Venise, car bien avant la projection, on savait déjà que l’assistance réagirait de la sorte.
24 officiers, soldats d’élite et agents du renseignement décrivent dans le concret la planification des frappes aériennes, la surveillance de masse et l’usage de l’intelligence artificielle, notamment le logiciel de ciblage Lavender (l’un des passages les plus intéressants du film) dans la bande de Gaza.
Pour le critique, NAZA, qu’on le veuille ou pas, est finalement, on l’espère, une reconnaissance retrouvée des cinéastes Israéliens engagés, mis à l’écart pendant longtemps au cours de ce conflit qui s’éternise, la plupart des pays occidentaux mêlant, à tort, État d’Israël présent et affiliation religieuse.
L’IA, dont on parle de plus en plus ces derniers temps, utilisée dans le conflit à Gaza montre jusqu’à quel point la tragédie prend des allures virtuelles, sans compter celle humaine, qui ne dérougit pas.
Israël est en voie de révoquer la nationalité aux deux cinéastes, coupables d’avoir trahi leur patrie. Un geste que certaines voix populaires réclament la « peine de mort ».
Pour le critique, NAZA, qu’on le veuille ou pas, est finalement, on l’espère, une reconnaissance retrouvée des cinéastes Israéliens engagés, mis à l’écart pendant longtemps au cours de ce conflit qui s’éternise, la plupart des pays occidentaux mêlant, à tort, État d’Israël présent et affiliation religieuse.
Les voix sont israéliennes, aucune palestinienne, et c’est tant mieux ainsi, parce qu’elles mettent en scène des opinions contraires à une grande partie de la population en Israël. Sur ce plan, le seul état démocratique de cette région du monde ne doit pas se laisser embourber par les cris émotifs de la majorité populiste et les gourous du gouvernement. Hélas !
Le film doit être vu en salle pour vivre ces moments collectivement. Même si le silence assourdissant qui suivra sera lui aussi perceptible.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Yuval Abraham
Rachel Szor
Scénario : Yuval Abraham, Rachel Szor. Direction photo : Rachel Szor. Montage : Rachel Szor, Yuval Abraham. Musique Son : Robert Farr, Lars Ginzel, Benjamin Hörbe.
Genre(s)
Essai documentaire
Origine(s)
Grande-Bretagne / États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 20 min
Langue(s)
V.o. : hébreu ; s.-t.a.
Nezek Agavi (Collateral Damage)
Distributeur
Métropole Films
Contact info.
[ Mongrel Media ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]

Rachel Szor et Yuval Abraham
Crédit : @ IMDb
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
