6 portraits néoréalistes
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 02 octobre 2026
Regards sur les migrants africains dans le Latium.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Luc Chaput
★★★ ½
Des notes noires
au bord du Tibre

À la fin de Mon amour : c’est pour le restant de mes jours d’André-Line Beauparlant, des images montrent le couple séjournant dans la Ville éternelle pour un tournage. Le titre original de ces 6 portraits est d’ailleurs en italien qui en est la langue usuelle des citoyens représentés. Le cinéaste relie rapidement son projet au mouvement néoréaliste par l’emploi de nombreux extraits du chef d’œuvre de Vittorio De Sica, Ladri de biciclette, dont le titre français aurait dû être Voleurs de bicyclette.
Par des insertions sur des écrans de téléphone ou de télé, les participants africains regardent la plupart une séquence de ce film présent en ordre chronologique qui permet de relier le vécu de ceux-ci au déroulé de la fiction. Les lieux de tournage de Ladri dont on trouve la liste facilement sur Internet sont aussi visités par ces six individus.
Chacun est filmé dans ses activités du lever au coucher et l’on remarque que la plupart travaillent dans le secteur des services avec des revenus bien différents. La spécificité de leurs parcours permet de détailler les embûches de la vie pour les immigrants dans une grande ville. Les situations familiales amènent d’autres explorations.

Une mise en abyme restructurée sur l’espace-temps et le réel.
La caméra à l’épaule de Robert Morin suit le plus souvent au plus près les personnes dans leurs pérégrinations dans les rues, parcs et transports en commun romains. Une courte séquence le dimanche dans un lieu de culte pentecôtiste nous renseigne sur le travail et les intérêts de Destiny, la plus jeune de ces protagonistes.
Robert Morin rajoute ainsi une autre pierre un peu différente à ces documentaires sur les vies complexes de ces immigrants qui tentent de trouver un autre sens à leurs existences dans des sociétés où l’intégration est encore rendue encore plus difficile par la cacophonie de certains discours ambiants.
Les écrans qui peuplent maintenant nos vies servent aussi de support à des extraits d’émissions d’informations plus ou moins polémiques. Elles sont quelquefois trop courtes pour en mesurer l’impact comme le témoignage d’un migrant de retour désabusé dans son pays. Un moment d’une télénovela de Nollywood se conjugue à des minutes de distance avec un reportage touristique sur le Nigeria regardé par de jeunes enfants. La décision d’incruster par effets spéciaux les visages de certains dans des séquences de Ladri risque de ne pas avoir les effets escomptés.
Robert Morin rajoute ainsi une autre pierre un peu différente à ces documentaires sur les vies complexes de ces immigrants qui tentent de trouver un autre sens à leurs existences dans des sociétés où l’intégration est encore rendue encore plus difficile par la cacophonie de certains discours ambiants.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Robert Morin
Scénario : Robert Morin. Direction photo : Robert Morin. Montage : Elric Robichon. Musique : Bertrand Chénier.
Genre(s)
Documentaire expérimental
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 1 h 16 min
Langue(s)
V.o. : mixte ; s.-t.f.
Sei rittrati neorealisti
Distributeur
Vidéographe
Contact info.
[ film auto-produit ]
Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cinémathèque québécoise
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tous publics ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]
