Christos Papadopoulos
@ Danse Danse
CRITIQUE
[ Danse ]
texte : Élie Castiel
MY FIRST IGNORANT STEP
Résonances
Aucune exploration de la danse en solo ni en duo, mais seulement un mouvement commun électrisant sur une musique obsédante qui cadre avec le sujet. De son enfance grecque, l’artiste ne conserve que des sons : ceux de la nature, de la maison familiale, de cette période de la vie où tout ce qui bouge procède d’une relation particulière, privilégiée avec un environnement qu’on perçoit autrement.
C’est sur cette note que l’ensemble chorégraphique, filles comme garçons, s’en donne à cœur joie, contrôlant ces mouvements incessants qui résonnent comme des tremblements inopportuns autant que des versions de soi-même. Il y a une intelligence chez chacune d’elles, chacun d’eux, à sentir le moment, quitte parfois à improviser, ne serait-ce que pendant des fractions de seconde. On le voit, c’est évident. Papadopoulos les observe et leur accorde cette liberté acquise.

Une gestuelle qui sert de mouvement perpétuel de vie.
Crédit : Pierre Gondard
Le succès de Christos Papadopoulos est-il lié à celui de son homologue Dimitris Papaioannou, qui connaît une carrière fulgurante en Europe ? À Montréal, nous avons assisté à ses deux spectacles, Inside et Ink, deux œuvres magistrales d’un génie incontournable. À l’instar de Papaioannou, la trajectoire de Papadopoulos s’inscrit dans la mouvance queer, très présente à Athènes. Depuis la reprise économique exceptionnelle en Grèce, les diverses communautés artistiques du pays ont, en grande partie, délaissé le passé oriental issu de l’influence turque pour rejoindre la grande Europe, plus libérale.
Bravo aux programmateurs de Danse Danse d’avoir pensé aux créateurs du Sud. D’ordinaire, ce sont les Nordiques qui occupent la scène ; tout en étant remarquables, ils gagnent à céder la place à ces territoires méridionaux qui ne demandent qu’à être reconnus à travers le monde, y compris en Amérique du Nord.
Dans ce titre évocateur, qui illustre la méconnaissance des premières sensations libres — que l’on ne comprend pas tout à fait —, la partition musicale de Kornilios Selamsis évolue à mesure que le temps passe. Elle déploie ses cadences vers une finale abrupte et splendide, qui s’achève par une chute des éclairages, laissant l’obscurité comme pièce à conviction : un nouveau chorégraphe de la Méditerranée et de la mer Égée vient de marquer Montréal de son empreinte.
Bravo aux programmateurs de Danse Danse d’avoir pensé aux créateurs du Sud. D’ordinaire, ce sont les Nordiques qui occupent la scène ; tout en étant remarquables, ils gagnent à céder la place à ces territoires méridionaux qui ne demandent qu’à être reconnus à travers le monde, y compris en Amérique du Nord.
Place des arts
[ Théâtre Maisonneuve ]
Jusqu’au 31 octobre 2026
