Godzilla Minus Zero
P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 06 novembre 2026
Japon après la Seconde Guerre mondiale, Shikishima Koichi, un ancien pilote kamikaze survit à une rencontre avec Godzilla et souffre de symptômes de stress post-traumatique. Lorsque la créature réapparaît des années plus tard, un groupe de soldats et de vétérans doit s’unir pour vaincre le monstre avant qu’il ne puisse détruire le Japon.
ANGLE
| CRITIQUE |
texte : Élie Castiel
★★★★
Si Godzilla Minus One, le film précédent du virtuose Takashi Yamazaki, nous avait laissé une bouleversante impression de savoir-faire, Godzilla Minus Zero va encore plus loin dans son rapport à la signification des images en mouvement et des possibilités qu’elles recèlent. Notre dinosaure mutant, ce monstre préhistorique géant, n’est pas la principale attraction du film — n’en déplaise à certains fans, nombreux, qui cherchent avant tout les sensations fortes que procure le kaijū. Bien au contraire : il est ici principalement question de ce qui se cache derrière le propos. C’est un risque que prend le cinéaste nippon, quitte à ce que des esprits chagrins lui en tiennent rigueur.
Une extraordinaire
métaphore
de l’état du monde
C’est la fin du film, d’une rare émotion, grandiose, spectaculaire et mythique, qui confirme cette nouvelle règle que Yamazaki crée avec toutes les bonnes intentions du monde. En véritable philosophe de l’humanité — un titre que nous lui accordons volontiers tant sa thèse se tient —, il signe une œuvre majeure. À voir le générique se dérouler jusqu’à la toute fin et à entendre la musique originale, sublimée par une version symphonique actuelle qui évoque l’incontournable Akira Ifukube, on a la chair de poule. Des larmes internes restent gravées dans notre esprit bien après la projection.

La conscience allégorique du monde.
Godzilla Minus Zero, titre évocateur s’il en est, opère un retour en arrière pour mettre en lumière ce que la « franchise Godzilla » cherche à dire aux spectateurs depuis ses débuts. Le film se veut la formule limpide d’une leçon politique, une plongée dans notre responsabilité commune, un combat entre une science devenue folle et ceux qui ont la charge des citoyens. Sur le plan purement cinématographique, l’œuvre possède une extraordinaire portée filmique et responsable, assurant autant le plaisir du divertissement que l’apport fondamental de chaque spectateur à la compréhension du monde.
L’action se déroule en 1949. On y parle beaucoup, surtout dans une première partie où il convient de suivre attentivement les dialogues, alors que le dragon à trois têtes Ghidorah attaque la ville de Tokyo et que l’on songe à Godzilla pour résoudre le problème, malgré d’innombrables obstacles. Véritable leçon de cinéma pour les Américains — nos voisins qui, de temps en temps, ont tendance à se suffire à eux-mêmes —, ce nouveau Godzilla est une grande métaphore actuelle, une percée dans l’Histoire d’une humanité qui ne cesse de répéter ses absurdités.
Le film se veut la formule limpide d’une leçon politique, une plongée dans notre responsabilité commune, un combat entre une science devenue folle et ceux qui ont la charge des citoyens. Sur le plan purement cinématographique, l’œuvre possède une extraordinaire portée filmique et responsable, assurant autant le plaisir du divertissement que l’apport fondamental de chaque spectateur à la compréhension du monde.
En général, la critique nord-américaine est friande de divulgâchis (spoilers), une autre façon de remplir les pages qui ne laisse aucun élément de surprise aux spectateurs. Cela se fait au détriment, faut-il le rappeler, d’un réel point de vue sur la mise en scène ou sur d’autres aspects filmiques dont on parle trop peu. À ce propos, la direction de la photographie de Kôzô Shibasaki, à la fois apocalyptique et porteuse d’une lueur d’espoir, participe de ce jeu intense qui sépare le chaos de la certitude, et l’espoir tant souhaité du déni.
Du côté de la distribution, un travail extraordinaire émane de Toshie Tabata, grand observateur des visages : certains personnages, notamment les plus âgés, ressemblent à s’y méprendre à ceux du Godzilla fondateur de 1954. Soulignons également que, bien que l’intrigue se déroule en 1949, la personne qui tranche dans le haut lieu des décisions est une femme. Dans ce rôle d’une importance capitale, Masami Nagasawa insuffle à son personnage de Makoto Aoyama, cheffe de file du centre de commande, une aura annonciatrice des avancées féminines de notre siècle.
Un film à voir absolument sur grand écran, sans aucune autre option.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Takashi Yamazaki
Scénario : Takashi Yamazai. Direction photo : Kôzô Shibasaki. Montage : Ryû Miyajima. Musique : Naoki Satô.
Genre(s)
Aventre de science-fiction
Origine(s) : Japon
Année : 2026 – Durée : 2 h 15 min
Langue(s) : V.o. : japonais ; s.-t.a. ou s.-t.f.
& Version française
Godzilla -0.0
Gojira mainasu Zero
Distributeur
Cineplex Pictures|
Contact info.
[ Toho Studios ]
Diffusion
Cineplex

Takashi Yamazaki
Crédit : @ Instagram
Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]
ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Le film se veut la formule limpide d’une leçon politique, une plongée dans notre responsabilité commune, un combat entre une science devenue folle et ceux qui ont la charge des citoyens. Sur le plan purement cinématographique, l’œuvre possède une extraordinaire portée filmique et responsable, assurant autant le plaisir du divertissement que l’apport fondamental de chaque spectateur à la compréhension du monde.