La chair de Julia

CRITIQUE.
[ Scène ]

★★★★ ½

texte
Élie Castiel

Étrange titre que La chair de Julia. Aussi bien parler de son corps, de son esprit, de son imagination, de son être en tant que femme et comédienne; un voyage dans le temps après une quinzaine d’années d’absence. Théâtre et télévision, et au cinéma, ne l’avions pas vue évoluer admirablement dans Les beaux souvenirs (1981) de Francis Mankiewicz, ou encore dans Mourir à tue-tête (1979) ou Salut Victor (1989), tous les deux d’Anne-Claire Poirier?

Dans ce projet théâtral d’une grande originalité, une tribune, comme s’il s’agissait d’une profession de foi. Comme si du coup, alors que les années passent, il fallait coûte que coûte renouer avec la scène, ces quelques dernières années secouée par un vent de « relève » et de « diversité » incontrôlable. Les hasards du facteur sociopolitique et culturel sont ainsi faits.Suite

Cher Tchekhov

CRITIQUE.
[ Scène ]

★★★★ ½

texte
Élie Castiel

Pièce (in)achevée

pour piano mécanique

Soir de Première médiatique (et du milieu théâtral) avec un lever de rideau retardé de 30 minutes. Des manifestants, des nouveaux millénariaux (certains préfèrent milléniaux) revendiquent à l’extérieur pour un TNM plus actuel, débarrassé de son élite, plus proche du peuple. Serge Denoncourt leur donne la parole à l’intérieur. Ils sont une vingtaine. Leur porte-parole s’exprime. Après une courte  ‘homélie politique’, on nous distribue un tract d’où l’on retient « TNM veut dire Théâtre du Nouveau Monde mais le théâtre n’est presque plus qu’un gentil divertissement pour une élite pas populaire pour un sous pour du monde assis à des places à cent dollars… » Le pamphlet cite aussi, entre autres, Jean-Pierre Ronfard qui en 1985 met en évidence un constat selon lequel « Une confusion très gênante entre culture et création s’est développée ( … ) On est bien forcé de constater qu’actuellement les grands metteurs en scène consacrent l’essentiel de leur talent et de leurs énergies à monter des œuvres de cultures. ». Peut-on s’attendre à une suite?

Fruit du hasard? Long préambule, mais essentiel pour mieux saisir l’importance de cette création de Michel Tremblay qui, justement, accentue le poids de la création « libre » dénuée de toute influence extérieure. Politique, sans doute, en sachant comment lire ces références enfouies, les entre-lignes des propos des personnages dont il est question, les sous-entendus. De cette mise en abyme prodigieuse entre l’alter ego de Tremblay et les protagonistes d’une pièce en gestation, un cours de théâtre, la création qui s’affirme et s’assume, intime, personnelle, correspondant aux rapports que l’auteur entretient avec la feuille blanche.Suite

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