Peace by Chocolate

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 06 mai 2022

SUCCINCTEMENT.
Tareq et sa famille sont des réfugiés syriens qui s’installent au Canada, dans la petite ville d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Le choc est immense, et les barrières culturelles et de langue sont difficiles à surmonter. Que faire pour s’en sortir. D’après un fait vécu.

CRITIQUE.

★ ½

texte
Élie Castiel

À coup de calories

Touchant mais jusqu’au délire populiste, bien intentionné malgré un sujet grave, le plus accessible possible dans le but d’atteindre un large public. Quel mal à ça? Aucun, sauf que ça ne laisse aucune place à l’imagination des spectateurs. Tout est prêt à consommer. Le film ne lésine pas devant les codes régis par un certain cinéma rassembleur et, mine de rien, n’hésite pas à dépasser ses limites pour atteindre le « cœur » des âmes les plus récalcitrantes en matière d’émotion.

Pour le Canadien Jonathan Keijser, dont c’est ici le premier long métrage de fiction après une série de courts, un fait divers suffit pour raconter une histoire sur le partage, le rapport à l’autre et montrer jusqu’à quel point ce pays peut être aussi accueillant. Bien entendu, le parti Libéral est encensé, les anglophones semblent bien plus ouverts que les francophones (même si ce n’est pas vraiment indiqué dans le film) et n’ont aucun problème avec la langue dominante. Mais parvenir à poursuivre ses études de médecine dans une université au Canada pour un étranger fraichement arrivé n’est pas chose simple pour le principal intéressé, Tareq (très bon et charismatique Ayham Abou Ammar), qui finira par…

Réussir coûte que coûte, le sourire aux lèvres.

Les hauts et plutôt les bas de cette famille syrienne musulmane forcée de quitter leur pays pour aller se réfugier au Canada – Ici, la ville d’Antigonish, en Nouvelle Écosse – sert de quartier général au efforts menés par ces personnes venus d’un ailleurs aux coutumes opposées.

C’est Canadien, autrement dit délibérément positif, excessivement poli, accueillant, même si à l’intérieur des chaumières, les propos peuvent être controversés. La débrouille est de mise et, de fil en aiguille, ou plutôt de lait, de sucre et de cacao, on arrive à donner le goût aux habitants d’une nouvelle forme de chocolat, ce qui ne plait guère à la principale chocolatière.

Quiproquos, arguments pour ou contre au sein des Hadhad qui, très sincèrement, se sont très bien débrouillés malgré les désagréments du quotidien.

Dans Peace by Chocolate, d’une façon ou d’une autre, « tout le monde il est travaillant, tout le monde il est gentil ». Et ce n’est pas un problème pour une femme musulmane de porter le voile. Personne ne voit aucun inconvénient à ce détail.

Les intentions sont louables, mais mal exprimées. Comptons néanmoins sur l’excellente interprétation du regretté Hatem Ali (le père), réalisateur-comédien, originaire des hauteurs du Golan. Dommage, le drame syrien méritait bien mieux que cela.

Un premier long métrage sous le signe de la bonne humeur, avec ses nombreux hauts et ses quelques bas. Plaira aux amateurs de bon sentiments, le film confirmant qu’en dépit des nombreux obstacles, on finit toujours par croire que « ça va bien aller ».

En attendant, laissez-vous tenter par ces chocolats, parait-il, succulents, même si c’est à coup de hautes valeurs énergétiques. Le reste, une petite industrie qui a fait sa marque et continue, en appuyant récemment le combat que mènent les Ukrainiens pour leur liberté.

Les intentions sont louables, mais mal exprimées. Comptons néanmoins sur l’excellente interprétation du regretté Hatem Ali (le père), réalisateur-comédien, originaire des hauteurs du Golan. Dommage, le drame syrien méritait bien mieux que cela.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jonathan Keijser

Scénario
Jonathan Keijser
Abdul Malik

Direction photo
Benoit Beaulieu

Montage
Mathieu Bélanger
Jonathan Keijser

Musique
David Bertok

Genre(s)
Comédie dramatique

Origine(s)
Canada

Année : 2021 – Durée : 1 h 37 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

Du chocolat pour la paix

Dist. [ Contact ] @
Maison 4 :3

Classement
Visa GÉNÉRAL

Diffusion @
Cinéma du Musée
Cineplex

[ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Très belle journée

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 06 mai 2022

SUCCINCTEMENT.
Un coursier tente de concilier rêve et réalité dans une métropole.

CRITIQUE.

★★

texte
Luc Chaput

 

Facteurs de risques

Un individu est étendu sur le sol d’une cour intérieure entre des immeubles. La narration évoquera, pour certains un court instant, le début de Sunset Blvd. (Boulevard du crépuscule) de Billy Wilder. Jérémie raconte et vit son existence dans des mondes qu’il croit parallèles.

Tourné avec un téléphone cellulaire muni de certains ajouts de caméra et d’une perche pour la séquence du début, le long métrage de Patrice Laliberté alterne les actions rapides en poursuite d’un coursier à vélo qui déplace sur l’île de Montréal des paquets pour une organisation de nature criminelle. Pour meubler sa solitude et panser ses petits boulots, Jérémie enregistre un Balado dans lequel il reprend des idées saugrenues sur le calendrier maya entre autres. Cette perche auditive tendue vers le monde lui amène une certaine gratification.

Mis en chantier en 2018 et terminé l’an dernier, ce deuxième opus du réalisateur du plutôt prenant Jusqu’au déclin apparaît inachevé à la fin d’un si court galop.

Le scénario du réalisateur, de l’interprète principal Guillaume Laurin et de deux acolytes se révèle plutôt mince même après l’ajout d’une voisine influenceuse. Les parcours à vélo véloce parmi de nombreuses rues de Montréal apparaissent pourtant irréels par moments car l’on n’y croise aucun cône orange. Par rapport au protagoniste qui a une certaine densité, la galerie des rencontres se définit par une typologie évidente servie par des acteurs connus. Mis en chantier en 2018 et terminé l’an dernier, ce deuxième opus du réalisateur du plutôt prenant Jusqu’au déclin apparaît inachevé à la fin d’un si court galop.

Une métropole irréelle.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Patrice Laliberté

Scénario
Patrice Laliberté, Geneviève Beaupré
Nicolas Krief, Guillaume Laurin

Direction photo
Christophe Dalpé

Montage
François Lamarche

Musique
Marc-Antoine Barbier

Patrice Laliberté
Crédit : Kelly Jacob

Genre(s)
Drame psychologique

Origine(s)
Canada [Québec]

Année : 2022 – Durée : 1 h 15 min

Langue(s)
V.o. : français

Très belle journée

Dist. [ Contact ] @
H264

Classement
Visa GÉNÉRAL

[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Vortex

P R I M E U R
[ En salle ]
Sortie
Vendredi 06 mai 2022

SUCCINCTEMENT.
La vie est une courte fête qui sera vite oubliée. Les derniers jours de la vie d’un couple.

COUP de ❤️
de la semaine.

CRITIQUE.

★★★★★ 

texte
Élie Castiel

Le générique de fin est placé au début du film. Belle contorsion stratégique pour obliger le spectateur à lire le nom des artisans. Après la dernière image du film, simplement le mot « Fin ». Comme au bon vieux temps et en même temps, une leçon d’éthique donnée à la majorité du public qui, une fois les génériques de fin apparaissant sur l’écran, déguerpissent le plus rapidement possible.

Les deux formats d’image,  1.33 : 1 et  2.35 : 1 établissent la dualité du film. Sans doute le plus personnel et le plus beau de Gaspar Noé. Oui, bien sûr, il y a eu les Irréversible, dont les distributeurs ici n’ont pas été très contents pour son classement « interdit aux moins de 18 ans ». Mais cela est une autre histoire qu’il faudra sérieusement aborder un jour.

Fin de parcours

Aussi, les Lux Aeterna, Love ou encore Climax.  Et d’autres où l’ordre devient chaos, la sexualité s’exprime dans sa plus éclatante liberté. Sens de la provoc pour les langues conservatrices; non pas tellement, mais une tentative de libérer l’esprit de création qui s’exprime de l’intérieur avec ses fantasmes, ses élucubrations, ses excès délirants et, plus que tous, à la rigueur, un geste politique contre un conservatisme destructeur.

Bref, des univers qui, du coup, disparaissent dans ce Vortex, dans son sens véritable, un tourbillon déraisonné du quotidien et celui d’un couple, en rupture de vie physique imminente; on la voit s’approcher d’un plan à l’autre, d’un geste à une situation donnée, d’une quelconque réunion de Lui avec des collègues de travail (il prépare un livre avec, comme titre, du moins provisoire, Psyché) – de ces parcours nulle part d’Elle, dans un appartement où les affiches de films sont monnaie courante ou chez l’épicier où elle ne sait pas ce qu’elle cherche.

Un jeu de correspondances où l’art rejoint  la vie.

Chez le couple, encore une fois, des « posters » comme ils disent dans l’Hexagone, comme pour rappeler que malgré la gravité d’un sujet dont nous seront tous, tôt ou tard, les victimes, le cinéma domine. Notamment pour sa vulnérabilité et en même temps grandeur à capter le moment, non, « les » moments. Pour les rendre sien, les manipuler.

Autant Elle que Lui n’ont pas de prénom. Comme si pour Noé, ça n’avait plus d’importance puisqu’ils n’ont été qu’empruntés, le temps que dure chaque existence. Comme si à l’intérieur de cet appartement-laboratoire on assistait au verdict d’une vie commune, sorte de procès.

Et une chanson d’entrée en matière. Non pas prise au hasard, mais « diablement » choisie par un Noé, ici, d’un humanisme déchirant. François Hardy et l’originale 45 tours de Mon amie la rose, qui parle de fin de vie, comme c’est le cas dans ce film faussement crépusculaire. Elle fond le cœur même si Gaspar Noé évite le pathos larmoyant. Les larmes chez le spectateur sont intérieures, externes aussi pour les plus réceptifs , comme moi, je l’assume. Car ces deux fins de vie sont des bandes-annonces de notre propre finitude.

De notre faux confort qui se déploie dans notre quotidienneté pour, justement, cesser de penser à ce qui se sera plus.

Il y a Françoise Lebrun, du chef-d’œuvre culte, La maman et la putain (1973), du suicidaire Jean Eustache. Ces déambulations sans but, ici, se dissocient carrément du jour après jour pour s’inventer un monde qui n’existe plus. Et Lebrun participe de ce geste tragique avec une persistante vulnérabilité, voire même une urgence dans l’interprétation comme s’il s’agissait d’une tombée de rideau.

Le split screen, plus fort que sa traduction écran divisé, soulève cette dyade cinématographique car, dans le cas de Gaspar Noé, il s’agit bel et bien de principes philosophiques qu’il mène avec une terrible érudition, même lorsqu’il s’agit de se rapprocher très près de l’incontournable finitude.

Et Lui, Dario Argento, le post-Mario Bava avec ses nouvelles influences. C’est bien le contrecoup d’Elle; il aspire encore à une carrière qui le définit, mais plus que tout justifie son existence. Il parle souvent. Elle pas. Un Argento avec l’accent italien, et puis pourquoi pas? Le choix est délibéré de la part de Noé, comme pour agacer tout ce système de casting qui perdure depuis longtemps et finalement exercer son droit de veto sur sa propre création. Le Argento d’aujourd’hui s’avère un magnifique comédien, saisissant toutes les nuances que prodigue Noé qui, en quelque sorte, comprend lui aussi les univers de son collègue transalpin.

Entre les parcours sans but d’Elle et moins de Lui, Stéphane, le fils; il s’exprime davantage, tente de recoller les morceaux d’un futur immédiat irréversible et s’occupe aussi de Kiki, son petit, plutôt insupportable. Bref, un pont entre la fiction anxiogène de Noé et l’extérieur qui respire encore.

Le split screen, plus fort que sa traduction écran divisé, soulève cette dyade cinématographique car, dans le cas de Gaspar Noé, il s’agit bel et bien de principes philosophiques qu’il mène avec une terrible érudition, même lorsqu’il s’agit de se rapprocher très près de l’incontournable finitude.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Gaspar Noé

Scénario
Gaspar Noé

Direction photo
Benoit Debie

Montage
Denis Bedlow

Musique
Chanson Mon amie la rose,
interprété par Françoise Hardy

Gaspar Noé.
Un film à prendre au sérieux.

Genre(s)
Drame

Origine(s)
France / Belgique

Monaco

Année : 2021 – Durée : 2 h 22 min

Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.

Vortex

Dist. [ Contact ] @
[ Utopia ]

Classement (suggéré)
Interdit aux moins de 16 ans

Diffusion @
Cinéma du Parc

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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