Pinocchio

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 11 juin 2021

SUCCINCTEMENT.
Par un concours de circonstances, un vieux menuisier sans le sou confectionne un pantin de bois qu’il considère comme son fils.

CRITIQUE.

★★★ ½

texte
Luc Chaput

Un enfant assiste à un spectacle de marionnettes dans un petit village. Il monte sur scène et est pris par le directeur et propriétaire pour un des membres de la troupe ambulante. Le malentendu est finalement éclairci mais les pantins agissent entre eux comme des humains et l’enfant différent quitte à regret ses semblables pour continuer ses aventures.

Le réalisateur italien Matteo Garrone s’est fait connaître depuis une quinzaine d’années et a remporté de nombreux prix à Cannes pour ses plongées dans diverses régions de son pays. Gomorra, Reality et Dogman contenaient chacun un arrière-plan documentaire dans lequel se mouvaient des pauvres types qui tentaient et réussissaient difficilement et même rarement à améliorer leurs conditions pour un temps plus ou moins long. Après l’échec partiel en 2015 de Tale of Tales (Il racconto dei racconti) dû en partie à son tournage en anglais de contes typiquement italiens, le cinéaste a finalement pu préparer et tourner une nouvelle adaptation de ces Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi. Cette nouvelle mouture suit une longue liste dont certaines, comme celle produite par Disney en 1940 en dessins animés, sont devenues célèbres et même incontournables car souvent reprises en partie ou en totalité dans d’autres médias de masse.

Une plausible

     étrangeté

Par ce périple alliant fantaisie et réalisme, ce long métrage de Garrone place la barre bien haute avant les deux autres versions de Del Toro et Zemeckis attendues prochainement. Certaines séquences trouvent d’ailleurs un écho étonnant avec des informations récentes sur le nombre énorme d’enfants travaillant dans de draconiennes conditions.

Garrone et son coscénariste, l’acteur Massimo Ceccherini, ont ancré l’intrigue dans des lieux qui voisinent avec ceux qu’a connus l’auteur et l’ont également gardé dans ce XIXe essentiellement préindustriel avant que les migrations internes vident les paysans de certaines campagnes. Le long métrage contient ainsi des liens thématiques avec Le Christ s’est arrêté à Eboli (Cristo si è fermato a Eboli) de Francesco Rosi et même La strada de Federico Fellini. Le roman d’apprentissage de Collodi a une prémisse et des aspects fantaisistes que d’autres versions ont magnifiés. Gepetto, un vieux menuisier célibataire apprend à devenir père pendant que Pinocchio, son pantin de fils qui a grandi trop vite, part explorer le monde qui l’entoure et ce de plus en plus en loin de la masure de son père.

Roberto Benigni contrôle mieux son jeu habituellement si expansif. 
La qualité des effets spéciaux permet au jeune Federico Ielapi d’endosser
complètement le rôle de la jeune marionnette et de se l’approprier avec bonheur.

Plusieurs des rencontres que le protagoniste effectue sont traités par Garrone dans une plausible étrangeté. Ainsi la rencontre avec la petite fille riche vivant dans un manoir presque vide n’est pas si éloignée de celle de Pip avec Miss Havisham et Estella dans Great Expectations (Les grandes espérances), de David Lean d’après Dickens si ce n’est que l’énorme gouvernante et nounou est un escargot.

Garrone et son équipe réussissent la plupart du temps cette imbrication du fantaisiste et du réalisme. La qualité des effets spéciaux de maquillage de Mark Coulier pour Pinocchio permet au jeune Federico Ielapi d’endosser complètement littéralement de la tête aux pieds le rôle de la jeune marionnette et de se l’approprier avec bonheur. Roberto Benigni contrôle mieux son jeu habituellement si expansif et fait de son Gepetto, hère impécunieux recevant un trésor qu’il doit chérir et éduquer, un personnage tragi-comique. Cela annule en grande partie le Pinocchio qu’il réalisa et dont les boursouflures de style et l’erreur centrale de casting avaient tant déçu.

Par ce périple alliant fantaisie et réalisme, ce long métrage de Garrone place la barre bien haute avant les deux autres versions de Del Toro et Zemeckis attendues prochainement. Certaines séquences trouvent d’ailleurs un écho étonnant avec des informations récentes sur le nombre énorme d’enfants travaillant dans de draconiennes conditions.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Matteo Garrone

Scénario
Matteo Garrone

Massimo Ceccheni
D’après le roman de Carlo Collodi

Direction photo
Nicolai Brüel

Montage
Marco Spoletini

Musique
Dario Marionelli

Genre(s)
Conte

Origine(s)
Italie / France
Grande-Bretagne

Année : 2019 – Durée : 2 h 05 min

Langue(s)
V.o. : italien; s.-t.a. / s.-t.f.

& Version française
Pinocchio

Dist. [ Contact ] @
TVA Films

Classement
Tous publics
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

En salle(s) @
Cinéma Beaubien
Cinéma du Musée
Cinéma du Parc
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Great Traveller

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 11 juin 2021

SUCCINCTEMENT.
Edgar, un chroniqueur de voyages, convainc son vieil ami, Bill, de voyager une dernière fois avec lui pour visiter un institut mystérieux. Pendant ce temps, Bérénice, la femme de Bill, s’inquiète.

SANS
COMMENTAIRES.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Federico Hidalgo

Scénario
Federico Hidalgo

Direction photo
Ariane Falardeau St-Amour

Montage
Federico Hidalgo

Musique
Arturo Hidalgo

Genre(s)
Comédie dramatique

Origine(s)
Canada [ Québec ]

Année : 2019 – Durée : 1 h 37 min

Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.

Le grand voyageur

Dist. [ Contact ] @
[ Another City ]

Classement
[ En attente ]

En salle(s) @
Cinémathèque québécoise

Hitman’s Wife’s Bodyguard

P R I M E U R
Sortie
Mercredi 16 juin 2021

SUCCINCTEMENT.
Le garde du corps Michael Bryce et le tueur à gages Darius Kincaid , duo dangereux et improbable, sont de retour afin de remplir une nouvelle mission quasi impossible, entraînés malgré eux dans un complot international.

CRITIQUE.

★★

texte
Élie Castiel

Pour oublier la pandémie

À bien y penser, on devrait compter le nombre de fois que « mother-fucker » est dit. Le reste du dialogue, des phrases télégraphiées, en rapport avec l’action continue qui alimente le film : poursuites, coups de feu, explosions. Il y a du James Bond plus qu’approximatif, assaisonnée discrètement de Jason Bourne caricatural et de films du genre de série B.

Faut-il pardonner Salma Hayek, qu’on oblige à déblatérer des vulgarités tout le long, et faire confiance à son interprétation décontractée? Ou encore, manifester une certain enthousiasme à revoir Samuel L. Jackson, soyons honnêtes, dans un rôle ingrat; ou peut-être se pencher sur la naïveté exemplaire de Bryan Reynolds qui, pensant perdre un peu de sa gloire récente, se sent obligé de répondre aux exigences de Patrick Hughes, de qui on attend The Man from Toronto, en janvier 2022; nous espérons plus convaincant.

À bien y penser, on devrait compter le nombre de fois que «mother-fucker» est dit. Le reste du dialogue, des phrases télégraphiées, en rapport avec l’action continue qui alimente le film.

Antonio Banderas joue le rôle désagréable de Aristote Papadopoulos, qui prépare une coupure d’électricité sur toute l’Europe – la raison : la façon dont son pays, la Grèce, a été traité durant la crise économique de la première décennie du siècle présent. Honnêtement… un peu fade comme idée.

Toujours est-il que les interprètes se prêtent à ce jeu où plus rien ne compte qu’avoir du bon temps à braquer son arme, se débarrasser des bad guys. Même lorsqu’il s’agit de descendre Senior, le père spirituel (et adoptif) de Michael Bryce (Reynolds), campé, on doit l’avouer, avec un sens inné de la contrefaçon par Morgan Freeman, par ailleurs, immense acteur.

À trois, c’est peut-être mieux.

Le film sort à un moment post pandémique où on a tous grand besoin de passer un bon moment au cinéma, sans tenir compte du scénario, ne pensant qu’à enrichir notre cerveau de deux heures de plaisir innocent sur grand écran.

Mais avouons que Reynolds façonne son personnage avec une volonté candide pour, entre autres angoisses, se débarrasser, on l’apprendra dans le film, de son obsession repoussante, chargée d’émotion, face à un parfum particulier de gelato (crème glacée italienne). Aussi ridicule que puisse paraître ce détail incongru, lorsqu’il s’agit d’un des nôtres qui a préféré faire carrière à Hollywood (on peut le comprendre), on ne peut que s’en réjouir à le voir évoluer. Du pur plaisir ringard tout au plus qui, même aujourd’hui, semble fonctionner.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Patrick Hughes

Scénario
Tom O’Connor

Brandon Murphy
Phillip Murphy
D’après une idée et des personnages
créés par Tom O’Connor

Direction photo
Terry Stacey

Montage
Michael J. Duthie

Jack Hutchings

Musique
Atli Övarsson

Genre(s)
Comédie d’action

Origine(s)
États-Unis
Grande-Bretagne

Année : 2020 – Durée : 1 h 40 min

Langue(s)
V.o. : anglais / Version française

La femme de mon meilleur ennemi

Dist. [ Contact ] @
V V S

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Langage vulgaire ]

En salle(s) @
Cineplex

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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