Sous les glaces avec Mario Cyr

ÉVÈNEMENT.
[ Éloize Expo ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel

Monde parallèle

Pandémie oblige, nous n’étions qu’une dizaine dans la première plage de la journée. En principe, en s’immisçant ou peut-être s’immergeant comme on nous le conseille, dans un autre monde, et si on prend le temps de visionner les deux ou trois vidéos faisant partie de l’exposition, 45 à 60 minutes sont suffisantes pour traverser cette nouvelle proposition du Cirque Éloize. Sans doute retenue par les organisateurs pour donner suite à des mois d’enfermement forcés par la COVID-19. Mais en même temps, une façon de démocratiser l’expérience circassienne, ou plutôt inventer une autre, car ici, ce n’est pas de cirque qu’il s’agit.

Les changements climatiques est ce qui interpelle tout d’abord le principal intéressé, icône dans ce domaine, le dénommé Mario Cyr dont la réputation n’est plus à faire, pour ne pas user de ce cliché. Outre la faune dont il est question et les grands blocs de glace, des images magnifiques, Cyr est la principale vedette de cette aventure. Il nous dit clairement de nous impliquer, de ne pas laisser un monde disparaître. On ne peut le blâmer.

La découverte d’un monde parallèle.

Les deux salles en écrans 360º sur deux côtés nous rappellent l’Expo 67, de magnifique mémoire où, selon notre souvenir, présentait dans l’un des pavillons des écrans plus larges et une aventure du regard non seulement immersive, mais dépassant ce à quoi nous étions habitués, à l’époque, en termes de projections cinématographiques, y compris le fameux Cinérama, d’heureuse mémoire. Et qui englobait le cinéma.

La faune nordique, ses luttes pour la survie, le comportement social pour protéger le groupe, son interaction à une caméra qui filme, sinon intrusive, du moins tentant de témoigner d’un autre monde qui nous dépasse, mais que les animaux filmés ne comprennent pas.

Quoi retenir de cette proposition? D’une part, que la pandémie a obligé les arts vivants (et sans doute aussi le cinéma) à se réinventer. Les spectateurs, qui ne sont pas toujours fidèles aux bonnes habitudes, ont pris des modes de vie casaniers forcés, il faut s’entendre, mais à mon humble avis, néfastes pour la santé mentale et particulièrement sociale.

En attendant de voir Éloize se manifester sur scène, comme on le souhaite vivement, l’Expo ouvre les voies de cette organisme culturel à d’autres éventualités. Et pourquoi pas? Tout est dans le salut des activités de la connaissance.

En attendant de voir Éloize se manifester sur scène, comme on le souhaite vivement, l’Expo ouvre les voies de cette organisme culturel à d’autres éventualités. Et pourquoi pas? Tout est dans le salut des activités de la connaissance.

Les nouveaux termes comme immersif, interactif, démocratique, éducatif, pédagogique et autres moutures susceptibles de créer l’égalité, n’ont jamais eu autant d’importance que dans ce nouveau siècle.

Et pourtant nous sommes en droit de peut-être regretter un passé, pas si lointain, où exister une ligne de démarcation entre la scène et les spectateurs, cette frontière infranchissable où s’établissaient les bornes, le plus souvent souhaitées, entre le rêve et notre réalité, entre la réalisation provisoire d’une certaine utopie et les infortunes que nous vivions dans le réel.

Studios Éloize
Vieux-Montréal
Jusqu’au 31 octobre 2021

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Mauvais. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

L’enclos de Wabush

SUCCINCTEMENT.
Wabush, la quarantaine, sans enfants, sans emploi, tout bonnement, perdu parmi les siens. Mais ayant causé un scandale au sein de sa communauté. La cause : une crise existentielle qu’il traverse depuis qu’il est conscient de ses propres névroses. Et autour de lui, des personnages aussi complexes que simplement humains. Ça se passe à Kitchike, un lieu autochtone inventé par l’auteur pour raconter un Peuple.

CRITIQUE.
[ SCÈNE. En ligne ]

★★★★

texte
Élie Castiel

Échos

réverbérants

La scénographie de Max-Otto Fauteux situe l’environnement de Wabush, celui par qui le scandale arrive, dans un lieu presque surréaliste. En plus, un décor qui sied parfaitement à la langue utilisée, du québécois autochtonisé, ce qui donne une écriture limpide, ludique, corrosive, doublement ironique, cynique le plus souvent, allant droit au but, faisant fi de toutes tournures grammaticales erronées, s’en tenant aux personnages, ce qui veut simplement dire l’Humain, pour s’y tenir proche, accentuer ses démarches, comprendre ses complexités, ses indignations.

Et bien encore, et surtout, essayer de comprendre une culture. Car L’enclos de Wabush, ce n’est pas seulement la clôture qui enferme le personnage principal, mais cette prison où, à travers les siècles, les peuples autochtones s’y sont retrouvés, plus pour le mal que pour le bien. On les a christianisés, mais sans leur enlever leurs rituels ancestraux, sans leur faire oublier leur(s) langue(s). Ils ont assimilé le français, certes, mais tout en préservant des dialectes qui se perdent dans la nuit des temps.Suite

Le Québécois Omar Sy… et les autres

TRIBUNE LIBRE.

texte
Sylvio Le Blanc

L’acteur français Omar Sy joue le rôle d’un Québécois dans le film L’appel de la forêt (The Call of the Wild), d’après d’œuvre de Jack London, avec Harrison Ford dans le rôle-titre. L’action se déroule au Yukon, à la fin du XIXe siècle. Il porte le patronyme de Perrault, typiquement français. Les Noirs étaient pourtant alors rarissimes au Québec (et ceux qui s’y trouvaient n’étaient pas aventuriers ou coureurs des bois) et inexistants dans le Nord canadien. Au moins, si on avait choisi un Inuit, dont le peuple a longtemps régné sur ces froides contrées, mais non. Drôle d’époque que la nôtre. Il faut à tout prix placer un acteur de couleur dans les films, même quand cela n’a aucun sens, historiquement parlant.

Djimon Hounsou.

Suite

1 1 190 1 191 1 192 1 193 1 194 1 472