SUCCINCTEMENT 1962, à Novotcherkassk, une ville de province au sud de l’URSS. À la suite d’une grève, 26 personnes sont tuées et 87 blessées. Lyudmila, dévouée au Parti Communiste et vétéran idéaliste de la Seconde Guerre mondiale voit les choses autrement jusqu’à ce que…
COUP DE CŒUR de la semaine.
★★★★½
texte Élie Castiel
Dès la première séquence, nous sommes emballés par sa sobriété. Un couple se réveille après, on suppose, une nuit d’amour. La femme se rhabille et s’en va. L’homme reste. Avant, quelques paroles échangées et on saura qu’il s’agit d’un homme et d’une femme qui se voient de temps en temps pour échanges affectifs et des rapports intimes. Pour une raison qui nous échappe, ou nous faisons semblant qu’elle nous échappe, notre regard se porte sur la femme.
Dissidents
et partisans
Bon réflexe de spectateur ou encore stratégie d’un cinéaste octogénaire qui évoque dans cette partie du film et celles qui suivront, entre autres le Jiri Menzel des premiers temps. Ces réalisations où le sérieux des sujets se heurte à la luminosité de l’environnement, parfois des journées ensoleillées dans un environnement hostile. Un aspect souvent constaté dans les cinémas d’un certain âge d’or. Impossible de se tromper, Chers camarades! (dont le point d’exclamation suggère un cri de ralliement) est tourné comme un film des années 60, à la soviétique, avec un ton brechtien qui ne dément pas. Le collectif s’impose ainsi avec une maestria théâtrale extraordinaire qui ne recule jamais tout le long de la projection.Suite
SUCCINCTEMENT En août 2017, des populations rohingya fuient le Myanmar après une attaque militaire dans un conflit opposant la majorité nationaliste bouddhiste à la minorité musulmane.
CRITIQUE.
★★★★
texte Luc Chaput
Un jeune réfugié dans un camp dessine l’attaque par des soldats en hélicoptère de son village. Remplissant toute la feuille, il dit finalement que celle-ci est trop petite pour tout ce qui s’est passé.
Le dessin en question se trouvait également dans l’exposition multidisciplinaire en 2020 au Musée national des Beaux-Arts de Québec portant le même titre et fruit du travail de Renaud Philippe et des réalisateurs. C’est dans une immersion complète que nous emmènent les images et les sons de ce long métrage tourné dans l’urgence dans le plus grand camp de réfugiés au monde, celui de Kutupalong à la pointe sud-est du Bangladesh, région limitrophe du Myanmar (ex-Birmanie) d’où se sont enfuis, après des massacres en 2017, une grande partie de la minorité Rohingya de confession musulmane.
Les travaux et les jours dans un camp de réfugiés
De la vie
des apatrides
Cette œuvre complexe a mérité avec raison le Prix du public au dernier festival de cinéma de la ville du Québec et constitue un témoignage empoignant de la place grandissante de ces personnes déplacées par les guerres mais aussi par les changements climatiques.
Des images de cette fuite à travers marécages et hauts fonds d’une rivière sont inscrites dans le montage de ce film qui assume avec aplomb sa valeur poétique par les textes de Kalam évoquant aussi les fantômes qui hantent ses nuits. La cinématographie de Renaud Philippe et Olivier Higgins nous promène dans les travaux et les jours de cette immense population vivant surtout dans des cases en bambou. Des individus parlent de leurs vies passées détruites par ces opérations militaires d’une armée contre ses propres civils qualifiés d’étrangers par la propagande.
Le cinéaste suisse Barbet Schroeder en a d’ailleurs donné un portrait glaçant d’un des initiateurs de ces persécutions avec Le Vénérable W. Dans une boue constante due peut-être aux effets de la mousson, des garçons jouent au football pendant que d’autres enfants sur une colline s’amusent à lancer des cerfs-volants, symboles d’un ailleurs peut-être inatteignable parce que ces réfugiés sont des apatrides.
Cette œuvre complexe a mérité avec raison le Prix du public au dernier festival de cinéma de la ville du Québec et constitue un témoignage empoignant de la place grandissante de ces personnes déplacées par les guerres mais aussi par les changements climatiques.
SUCCINCTEMENT
Un garçon va chez un ami pour confirmer l’accord sur le plan pour la prochaine semaine. Max est plus intéressé à son jeu vidéo et n’engrange pas tous les détails.
CRITIQUE.
★★½
texte Luc Chaput
Aventure dans les îles
Le décor des Îles de la Madeleine dans le golfe du Saint-Laurent, magnifiquement recréé par la direction artistique de Philippe Arseneau Bussières, sert de lieu enchanteur à cette comédie d’aventures regroupant Félix, un facétieux garçon, son vieil ami Tom et deux animaux dépareillés, un perroquet qui semble sortir d’un film de pirates et Ulysse, un chat tendance chien fureteur et débrouillard. L’opposition entre la luminescence du village de départ et les noirceurs orageuses et annonciatrices de malheur de cette île au supposé trésor illustre trop aisément les limites de ce conte enfantin.
La mise en images et les dessins à chaque niveau de plan sont bien menés et de bonne facture. Mais la quête de Félix et Tom se déroule de manière gentiment prévisible, mêlant gags, retournements de situations et variations sur le temps qui passe dans une course poursuite. Certains traits satiriques sur la recherche effrénée de la jeunesse ou sur les citadins voulant débourser rapidement un très gros prix pour une résidence secondaire servent de clins d’œil aux adultes qui visionneront le long métrage accompagnant les plus petits auxquels ce film est destiné. Les acteurs rajoutent un certain supplément d’âme au déroulement de ce récit sur l’importance des liens familiaux.
La musique enveloppante de Gilles Léveillé ne réussit pas à masquer les faiblesses de ce long métrage moins accompli que Nelly et Simon : Mission Yéti, précédente offre de la même maison de production. On peut d’ailleurs regarder avec bonheur le court métrage Les yeux noirs du même réalisateur sur le site de l’ONF.
Les acteurs rajoutent un certain supplément d’âme au déroulement de ce récit sur l’importance des liens familiaux.