Put Your Soul on
Your Hand and Walk

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dialogues à travers les murs sur fond de guerres au Moyen-Orient.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Luc Chaput

★★★ ½

 

Une cinéaste réussit en avril 2024 à prendre contact par vidéotéléphone avec une jeune artiste palestinienne vivant dans le quartier Al Tuffah de la ville de Gaza. La vie quotidienne de Fatma Hassona, aussi prénommée Fatem, apparaît tout d’abord dans sa banalité avec de courtes présences de parents ou d’amis qui viennent dire bonjour à la nouvelle interlocutrice. Sepideh Farsi filme avec son téléphone les images verticales de ces conversations dans un anglais incertain. Elles arrivent avec une régularité soutenue mais souvent interrompue momentanément ou pour une durée plus longue par une mauvaise connexion technique.

Des images noires contrastant avec le son d’explosions si loin ou si proches rajoutent au sentiment d’urgence que confirment des prises de vues subséquentes du voisinage de ce logement. La jeune femme, également poète, est photographe. La qualité de ses clichés sur les habitants d’âges divers vivant dans ces ruines, illustrant directement le sens de sa phrase qui sert de titre au film, constitue une série de balises de ces discussions plus fortes que les extraits des infos télévisées que la réalisatrice introduit comme marqueurs de temps.

 

Témoin

à risque

 

Malgré tout, reproduire les effets parfois néfastes de la résilience.

Sepideh est une cinéaste iranienne vivant en France. Elle est aussi l’autrice d’un bon film d’animation La sirène, présenté dans divers festivals dans lequel un groupe d’individus réussit à fuir la ville d’Abadan pendant la guerre Iran-Irak. Elle a donc un lien intime avec ces bouleversements catastrophiques. Le contraste entre sa vie libre de ses mouvements et celle de son amie coincée à Gaza s’immisce par le biais d’images tournées dans plusieurs villes.

En conservant le caractère brut de ces contacts, la cinéaste livre un portrait prenant de cet artiste qui devient, pour toujours, un autre exemple de témoin prenant des risques que sont les citoyens-reporters d’exactions répétées devenues des guerres reconnues ou larvées.

Le poids des dommages dits collatéraux, des privations de toutes sortes et des deuils répétés mine le visage et la voix de Fatma encore et toujours heureuse de ces échanges avec une collègue plus âgée. En conservant le caractère brut de ces contacts, la cinéaste livre un portrait prenant de cet artiste qui devient, pour toujours, un autre exemple de témoin prenant des risques que sont les citoyens-reporters d’exactions répétées devenues des guerres reconnues ou larvées.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sepideh Farsi

Scénario : Sepideh Farsi. Direction photo : Sepideh Farsi. Montage : Sepideh Farsi. Musique : Cinna Peyghamy.

Genre(s)
Essai documentaire
Origine(s)
France / Territoires palestiniens / Iran
Année : 2025 – Durée : 1 h 53 min
Langue(s)
V.o. : arabe, farsi; s.-t.a.
Ima’daee Ealaa Yadik Wam’shi

Sepideh Farsi

Dist.
Kino Lorber
Contact
[ Cercamon ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ du Musée ]
Cinémathèque québécoise
[ Dès le Lun 1er déc 2025 ]

Classement (suggéré)
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Rental Family

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Tokyo, de nos jours. Un acteur américain qui peine à trouver un sens à sa vie décroche un contrat pour le moins insolite : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus, en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ».

SANS
| COMMENTAIRES |

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Hikari

Genre(s)
Comédie dramatique
Origine(s)
États-Unis / Japon
Année : 2025 – Durée : 1 h 50 min
Langue(s)
V.o. : anglais, japonais; s.-t.a. & s.-t.f.
Famille à louer
Rentaru Famirī

Ikari

Dist.
Buena Vista Canada
Contact
[ Searchlight Pictures ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

Sisu: Road to Revenge

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 21 novembre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
1946. Aatami Korpi retourne en Carélie, un territoire occupé par les Soviétiques, là où sa famille a été brutalement assassinée pendant la guerre. Lorsque l’Armée rouge est informée de sa présence…

 

ANGLE
| CRITIQUE |

Élie Castiel

★★★

 

Film de genre, plus précisément de violence, et en plus, pour arriver à une violence pleinement dépourvue d’esthétique, nue, dépravée, virevoltante, s’en allant dans toutes les directions pour épater la galerie, en très grande majorité composé d’hommes, nostalgique de ces acteurs comme Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme et autres de la même espèce, les têtes du box-office d’une certaine époque.

Nous avions bien apprécié le premier Sisu, beaucoup plus narratif que ce deuxième volet, de même durée, à deux minutes près ; seule compte dans Sisu: Road to Revenge, cette tendance, pour certains cinéastes, mais bien peu néanmoins, acquise, consistant à porter justement cette violence selon une structure rocambolesque, dénaturée, le sang pour le sang, les têtes qui tombent littéralement, éprouvant un malin plaisir, jubilatoire, offensif, à tourner ces séquences. Du grand-guignolesque à l’état impur.

 

LES CHEMINS

SURVOLTÉS

DE LA VIOLENCE

 

C’est fou, décomplexé, je-m’en-foutiste jusqu’à déclencher soit l’indignation ou un degré d’adrénaline chez le spectateur – oui, un film de gars ; aucune misogynie de ma part, c’est sincère – aucune ligne narrative non plus, sauf le besoin pour le soldat Aatami Korpi de se venger des soviétiques qui ont assassiné sa femme et ses enfants au cours de la Deuxième mondiale.

L’esthétique primitive de la violence.

Le reste, principale proposition du film, une course contre la montre racontée en plusieurs chapitres, qui, incidemment, nous rappelle le premier essai subliminal (Duel, pour ceux qui ne s’en souviennent pas) d’un certain Spielberg, lui, plus subtil comparé à Jalmari Helander, ce dernier provocateur devant Dieu et les Hommes, se payant la traite de la violence sous son jour le plus abrasif, vertigineux ; ça se passe sur des routes éloignées et désertiques, endroit propice et dépourvu de frontières où tout peut arriver.

Ça saigne, ça dit très peu de mots ; à la bande-son, les mêmes Juri Seppä et Tuomas Wáïrölä savent très bien de quoi ils composent. Une nette correspondance entre la musique et l’action, totale dans ce film.

On pense aussi aux Mad Max de ce monde, eux, plus portés sur la narration crépusculaire. Ici, au contraire, une sorte de vengeance intime apocalyptique qui s’inscrit dans un monde réel, mais déconstruit pour la circonstance et changeant catégoriquement la notion et le contenu du plan.

C’est fou, décomplexé, je-m’en-foutiste jusqu’à déclencher soit l’indignation ou un degré d’adrénaline chez le spectateur – oui, un film de gars ; aucune misogynie de ma part, c’est sincère – aucune ligne narrative non plus, sauf le besoin pour le soldat Aatami Korpi de se venger des soviétiques qui ont assassiné sa femme et ses enfants au cours de la Deuxième mondiale.

Et une fin magnifique, lorsque l’excellent Jorma Tommila, prouvant que même dépassé la soixantaine, la forme est encore puissante. Il reconstruit sa maison, se prouvant à lui-même que les lendemains seront meilleurs.

Et cette fin où son personnage a finalement atteint son but, le visage revigoré, dépourvu des blessures et des coups qu’il a dû encaisser pour parvenir à cette conclusion louable qui rompt avec le reste du film.

Pour un je-ne-sais-quoi, comme ça, surtout lorsqu’on suit la politique, on se met à penser que l’état du monde actuel remet en question, entre autres territoires avoisinants, la Finlande et la Russie, surtout avec les velleités, jusqu’ici, sûrement intentionnelles mais pas encore atteintes, d’un certain Poutine, personnage de mauvaise augure.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jalmari Helander

Scénario : Jalmari Helander. Direction photo : Mika Orasmaa. Montage : Juho Virolainen. Musique : Juri Seppä, Tuomas Wäinölä

Genre(s)
Action d’anticipation
Origine(s)
États-Unis / Finlande
Année : 2025 – Durée : 1 h 29 min
Langue(s)
V.o. : anglais, finlandais; s.-t.a.
Si2u
Sisu 2

Jalmari Helander

Dist.
Columbia Pictures
Contact
[ Stage 6 Films ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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