Vermiglio

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 3 janvier 2025

 

RÉSUMÉ SUCCINCT
Au cœur de l’hiver 1944, l’arrivée dans un petit village italien d’un jeune soldat cherchant refuge, bouleverse le quotidien de la famille de l’instituteur local.

COUP de ❤️
de la semaine

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★★ ½

Les saisons

de la terre

Ces quatre parties distinctes de l’année forment dans un certain sens l’esprit qui émane d’un certain cinéma italien des années 1970, en particulier celui du très discret Ermanno Olmi, dont L’arbre aux sabots (L’albero degli zoccoli) demeure le plus emblématique ; également, celui des transalpins frères Taviani et leurs velleités paysannes ancrées dans l’Histoire du pays.

Mais tout cela à travers des fictions simples, certes, mais ornées d’une enveloppe formelle ultrasophistiquée qui ne brise aucunement l’horizontalité (ou continuité) du récit. C’est en tout cas, ce que Maura Delpero démontre jusqu’à parvenir à une sorte d’apothéose dans son second long métrage de fiction, après l’inédit MaternalHogar, pris de l’espagnol, car il s’agit du coproduction entre l’Italie et l’Argentine, veut dire Maison ou plus fort en anglais Home et non pas House, plus anodin – qui date de 2019.

Effectivement, c’est de cela qu’il s’agit également dans Vermiglio, candidat italien aux Oscars 2025. Le lieu des naissances, des balbutiements, d’un âge adulte qui vient trop tôt, même précocement. Des premières amours, identiques à celles qui blessent après des envolées idylliques fugitives. Comme si rien ne durait.

Vermiglio (en français, « vermeil »), lieu presque perdu dans la province autonome de Trente à l’intérieur de la région du Trentin-Haut-Adige, en Italie septentrionale, lieu bien précis que Delpero a choisi pour situer un récit sur la pérennité de la famille, avec tout ce que cela peut produire comme débouchés pour la suite du monde.

La continuité de la cellule familiale.

Un enseignant qui professe dans la seule classe du village. Il aime la musique classique, enferme (à clé) dans son bureau, un album de photos interdites qui semblent avoir été prises avec le plus grand doigté. Et il est surtout vaguement autoritaire et sérieux, même si au fond, il est d’une candeur insoupçonnable.

C’est ce qui se passe tout au long d’un récit qui aurait pu sombrer dans le mélodrame, mais dont la cinéaste connaît les secrets pour le rendre d’un naturel à fleur de peau. La caméra de Mikhail Krichman (récemment de The End, signé Joshua Oppenheimer) privilégie les palettes pâles, les juxtaposant avec les événements du récit – mariage, départ du mari, naissance, exutoire.

Vermiglio, autant le film que le lieu traverse le temps, celui des Hommes, des Femmes, des saisons. Il se faufile dans notre esprit, notamment lorsqu’on entend des extraits des Quatre saison de Vivaldi dans le vieux tourne-disque du père de famille.

Un film sobre, intime et collectif à la fois, surprenant par sa texture cinématographique et sa narration bouleversante qui tente de démêler le labyrinthe humain.

Par ailleurs, on retiendra le jeu pluriel et senti de Martina Scrinzi, dans le rôle d’une Lucia, oscillant entre le côté candide de sa jeunesse, vite éparpillée et la maturité soulevée par les affres d’un destin singulier.

Mais ce qu’on retiendra du film, c’est que ce tableau idyllique qui va finir par révéler une certitude plus complexe, témoin oculaire d’une réalité sociale très marquante de ce milieu du XXe siècle.

Un film sobre, intime et collectif à la fois, surprenant par sa texture cinématographique et sa narration bouleversante qui tente de démêler le labyrinthe humain.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Maura Delpero

Scénario : Maura Delpero
Direction photo : Mikhail Krichman
Montage : Luca Mattei
Musique : Matteo Franceschini

Genre(s)
Drame
Origine(s)
Italie / France / Belgique
Année : 2024 – Durée : 1 h 59 min
Langue(s)
V.o. : italien; s.-t.a. ou s.-t.f.
Vermiglio, ou la mariée des montagnes
La mariée des montagnes

Maura Delpero

Dist. [ Contact ] @
Enchanté Films
[ filmswelike / Charades ]

Diffusion @
Cinéma du Musée
Cinémathèque québécoise

Classement
Visa GÉNÉRAL

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★
Bon. ★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Semaines | 51-52 |
du Ven 20 déc 2024 au Jeu 02 jan 2025

AVIS
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S O M M A I R E
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LES

ESSENTIELS

COUP de ❤️
de la semaine

«  Meilleure direction photo »
National Board of Review Award 2024

NOSFERATU
Robert Eggers

Suite

A Complete Unknown

P R I M E U R
Sortie
Mercredi 25 décembre 2024

 

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un inconnu devient rapidement célèbre dans le domaine de la musique folk au début des années 60.

 

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★ ½

Prendre

sa place

Sur la scène extérieure d’un festival, un homme et une femme chantent en se regardant et s’accompagnant à la guitare. La chanson It Ain’t Me Babe contient un arrière-plan que certains remarquent.

Robert Allen Zimmerman, qui prit le pseudonyme de Bob Dylan, est le seul parolier-chanteur à avoir gagné le Prix Nobel de littérature. Il a fait l’objet déjà de nombreux documentaires et des fictions. Ce long métrage se concentre sur les premières années de Dylan à New York quand il atteignit rapidement une notoriété certaine. Le scénario du cinéaste James Mangold et de Jay Cocks, journaliste culturel et collaborateur fréquent de Martin Scorsese, est l’adaptation d’un essai d’Elijah Wald Dylan Goes Electric! Newport, Seeger, Dylan and the Night That Split the Sixties dont le titre complet introduit la plupart des protagonistes.

Après une quasi-première séquence dans laquelle le jeune auteur est adoubé par Woody Guthrie et Pete Seeger, ce dernier lui offre une porte d’entrée dans le milieu de la chanson folk new-yorkaise. La recréation de l’époque semble exacte surtout si l’on la compare à des recherches Internet sur Greenwich Village. La cinématographie de Phedon Papamichael contribue à cette immersion dans une époque et dans divers lieux.

Un forte envie de paraître.

Les principaux interprètes chantent eux-mêmes les quelque quarante chansons qui font partie du répertoire de ce film intrinsèquement musical. La plupart de ces morceaux de musique sont d’ailleurs en version assez longue pour leur redonner toutes leurs couleurs. Timothée Chalamet incarne, dans un mélange de doigté et d’une grande force de caractère, ce jeune homme qui prend conscience au contact des autres de la valeur de ses compositions et qui en devient même cassant à quelques reprises.

James Mangold, même s’il n’atteint pas ici la force de Walk The Line sur Johnny Cash, permettra à de nombreux spectateurs de comprendre cette effervescence sociale et musicologique passée et de capter quelque peu l’essence de cet artiste.

Elle Fanning, en Sylvie, permet par son jeu à la fois prenant et subtil de souligner l’importance de Suzie Rotolo dans la prise de conscience sociale qui amena le poète à pondre ces hymnes revendicateurs comme The Times They Are a-Changin. Edward Norton montre plusieurs facettes de Pete Seeger et spécialement celle du mentor dépassé par son élève. Monica Barbaro, dans la séquence décrite au début et dans moult autres, évoque admirablement par ses prestations vocales et dramatiques Joan Baez, cette autre icône de la contre-culture de la seconde moitié du XXe siècle.

James Mangold, même s’il n’atteint pas ici la force de Walk The Line sur Johnny Cash, permettra à de nombreux spectateurs de comprendre cette effervescence sociale et musicologique passée et de capter quelque peu l’essence de cet artiste.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
James Mangold

Scénario : James Mangold; d’après
le livre
Dylan Goes Electric! Newport,
Seeger, Dylan and the Night That Split
the Sixties
, de Elijah Wald

Direction photo : Phedon Papamichael
Montage : Andrew Buckland, Scott Morris
Musique
[Diverses chansons du répertoire-Dylan]

Genre(s)
Drame biographique
Origine(s)
États-Unis
Année : 2024 – Durée : 2 h 21 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Un parfait inconnu

James Mangold

Dist. [ Contact ] @
Searchlight Pictures
[ Walt Disney Pictures ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★
Bon. ★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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