RÉSUMÉ SUCCINCT Lorsque le Dr Béranger découvre que le petit ami de sa fille est l’un de ses patients les plus difficiles, les ennuis commencent.
J’en suis conscient, je me prends au sérieux.
B R E F S APERÇUS
| Il y a des films qui s’autoproclament comédies, mais qui finissent par être des épreuves, et cette nouvelle comédie populaire de Arnaud Lemort (Ibiza, de triste mémoire) en est l’exemple parfait.
| Avec Christian Clavier en roue libre, gesticulant à chaque scène comme s’il avait peur qu’on l’oublie, cette tentative désespérée de faire rire tombe à plat.
| Le scénario repose sur une prémisse usée qui rappelle dans une certaine mesure le fort supérieur What About Bob?, sans l’humour acéré et un sérieux manque d’attachement envers ses personnages.
| En fin de compte, Jamais sans mon psy est une comédie qui s’étale lamentablement sur ses ambitions sans jamais trouver le bon ton, comme une mauvaise copie carbone. Dommage qu’on ne puisse pas en rire.
RÉSUMÉ SUCCINCT Les années 80, dans le nord de la France, Jackie et Clotaire grandissent entre les bancs du lycée et les docks du port. Elle étudie, il traine. Et puis leurs destins se croisent et c’est l’amour fou.
CRITIQUE Élie Castiel
★★★
Une
mise en scène
en cavale
et
audacieusement
surannée
Seraient-elles des causes intergénérationnelles pour que la nostalgie devienne un des thèmes de prédilection dans le cinéma hexagonal, idem pour certains films de nos voisins du sud, alors que d’autres cinématographies nationales, soulignons l’iranienne en exemple, ne cesse de jeter un regard critique sur l’aujourd’hui – pas le temps de ruminer sur le passé, car faut-il l’affirmer, les cinéastes persans ont cette tendance de situer différentes groupes d’âge dans leur production.
Dans le cas de L’amour ouf, qu’on aurait pu donner comme titre L’amour fou (pourquoi pas ?), c’est de Gilles Lellouche, par ailleurs un très compétent comédien (ou du moins dépendamment de celui ou celle qui le dirige), très loin encore de l’âge de la retraite, a cru bon jeter son regard derrière la caméra, s’assurant ainsi d’un certain accueil favorable du public.
Parler des années 1980, d’accord pour la nostalgie, mais mettre en évidence la jeunesse de ces années qui annoncent à contrecourant un nouveau siècle hésitant encore à se préciser dans toutes les sphères de la vie sociale, c’est une chose ; et puis d’autre part, montrer ces rebelles, parfois délurés, toujours en quête d’amour (une loi de la nature) sous un angle nouveau, c’est surtout comme si le passé et le présent ne faisaient qu’un. Lellouche ne pèse pas le pour et le contre.
Un éclairage extradiégétique pour souligner le caractère sacré de l’impromptu.
Les interprètes, la prolifique Adèle Exarchopoulos (toujours impeccable dans sa disposition à montrer divers registres) et François Civil (formidable à tempérer les moments ou le contraire – selon, se donne entièrement à la proposition de Lellouche, pour qui, si l’on en croit le résultat, est surtout un album cinématographique, un journal intime en mouvement qui serait la somme de ses années d’adolescence et d’entrée dans la maturité.
Parler de l’intrigue est un acte futile. Les spectateurs la découvriront, ainsi que ses balbutiements, sous-thèmes. La critique d’un film se base essentiellement sur la mise en scène. Il ne s’agit pas, comme dans les études littéraires, de produire une « étude de texte ».
Parler des années 1980, d’accord pour la nostalgie, mais mettre en évidence la jeunesse de ces années qui annoncent à contrecourant un nouveau siècle hésitant encore à se préciser dans toutes les sphères de la vie sociale, c’est une chose ; et puis d’autre part, montrer ces rebelles, parfois délurés, toujours en quête d’amour (une loi de la nature) sous un angle nouveau, c’est surtout comme si le passé et le présent ne faisaient qu’un. Lellouche ne pèse pas le pour et le contre.
Si la mise en scène de l’acteur de plus de 80 rôles est souvent fracassante, comme le début du film et autres moments, il n’en demeure pas moins que l’enthousiasme délirant qu’il injecte demeure sincère. Situer le récit dans un milieu ouvrier du nord de la France, choisir la musique des The Cure, montrer la drague de façon particulière, créer des situations de films américains sur les jeunes rebelles d’une autre époque, autant d’éléments qui font de cet Amour ouf une expérience hybride touchante ; et lorsqu’il s’emploie à prendre comme témoins des têtes d’affiche comme Alain Chabat, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, ou encore Élodie Bouchez, Karim Keklou (un quasi nouveau-venu incontournable) et Anthony Bajon (une vraie vedette en devenir), le constat ne peut être que plus probant.
Même si en fin de parcours, néanmoins, nous restons un tant soit peu sur notre faim.
Scénario : Audrey Diwan
Julien Lambroschini, Ahmed Hamidi ; d’après le roman de Neville Thompson Direction photo : Laurent Tangy Montage : Simon Jacquet Musique : Jon Brion
Genre(s) Drame sentimental Origine(s) Belgique / France Année : 2024 – Durée : 2 h 40 min Langue(s) V.o. : français Beating Hearts
RÉSUMÉ SUCCINCT L’apparition d’un bébé bouleverse la vie d’un couple campagnard.
CRITIQUE Luc Chaput
Le hasard
et
la nécessité
★★★ ½
Une femme, dans une forêt de l’est de l’Europe, se rend près d’un contrefort rocheux et parle à l’homme qui y est caché. Des pourparlers s’enclenchent et elle obtient du lait de chèvre pour le poupon dont elle a la garde.
Dans ce long métrage d’animation, les lieux ne sont pas nommés mais certains indices les placent assurément en Pologne durant la Seconde Guerre mondiale. Le dramaturge reconnu Jean-Claude Grumberg (entre autres, la pièce L’atelier et la coscénarisation du film Amen, de Costa-Gavras) a écrit un conte pour petits et grands dans lequel au départ il critique la prémisse du Petit Poucet. Les personnages n’ont pas de noms et sont plutôt des archétypes définis par leurs emplois ou des caractéristiques physiques. Michel Hazanavicius, à qui on a offert d’adapter ce texte, a établi par des croquis personnels la bible graphique du projet. Les actions dans la forêt et près des voies de chemin de fer ont l’apparence de gravures sur bois ce qui renforce à la fois l’aspect réaliste et intemporel de ce récit. La nature qui change et qui reste aussi intrinsèquement la même enveloppe ces personnages auxquels le hasard apporte un coup de pouce au destin d’un enfant.
Un projet inusité pour le cinéaste Michel Hazanavicius.
Par ce conte visuel malgré tout lumineux, évoquant un moment atroce de notre Histoire, le cinéaste et l’auteur de l’œuvre initiale rendent ainsi également hommage à tous ces justes anonymes de ce temps et de tous les autres.
L’animation, sous la direction artistique de Julien Grande, garde des couleurs atténuées au ras du sol mais se permet une plus grande palette lors des vols d’oiseaux et autres visites d’endroits adjacents. Le couple de bûcherons qui vivent pauvrement dans ces bois voient leurs vies changées par l’arrivée inopinée d’une enfant enveloppée dans un tallith, châle de prière hébraïque. L’interprétation vocale des acteurs toujours juste et laissant percoler diverses émotions participe à cette immersion dans un monde pas si lointain, guidée par la voix maintenant d’outre-tombe de Jean-Louis Trintignant. La musique d’Alexandre Desplat est un peu trop présente, les silences étant souvent d’or.
Par ce conte visuel malgré tout lumineux, évoquant un moment atroce de notre Histoire, le cinéaste et l’auteur de l’œuvre initiale rendent ainsi également hommage à tous ces justes anonymes de ce temps et de tous les autres.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Michel Hazanavicius
Scénario : Michel Hazanavicius; d’après le roman de Claude Grumberg Direction artistique : Julien Grande Montage : Michel Hazanavicius, Laurent Pelé-Piovani Musique : Alexandre Desplat
Genre(s) Animation Origine(s) France / Belgique Année : 2024 – Durée : 1 h 20 min Langue(s) V.o. : français; s.-t.a. The Most Precious of Cargoes