Your Mother Your Mother Your Mother

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 16 octobre 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un veuf, père de trois enfants, doit aussi s’occuper de ses obligations professionnelles.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Luc Chaput

★★★ ½

 

Un homme se rend à un centre d’aide aux femmes et demande du lait maternel pour son nourrisson. Il essuie un refus malgré son offre d’une compensation financière.

 

Sur le fil de l’épée

 

Se déroulant en quelques jours, le scénario du cinéaste Bassam Tariq force le personnage principal à concilier son travail de tueur à gages, ses obligations familiales et sa foi musulmane. L’ouverture du film détaille en parallèle une bataille dans un lieu clos et l’explication du titre venant d’un hadith (parole de Mahomet) lançant ainsi les deux voies du récit. Contraint de faire un dernier contrat, avant de prendre sa retraite, Latif doit aussi trouver du lait pour Aziza qui ne supporte pas le lait reconstitué. Les croisements des deux périples donnent à des scènes mues par une urgence certaine. Les voyages en voiture dans un Houston multiculturel et les séjours au domicile amènent aussi des discussions morales avec Fatiha, son aînée adolescente interprétée avec une grande assurance par Adia.

Entre l’esprit combatif et le sens de la morale issu de la foi.

Diverses versions de la relation avec l’Islam sont ainsi effleurées ainsi qu’une vision très militarisée d’une église chrétienne dirigée avec flamboyance par un pasteur d’origine coréenne croqué goulûment par John Cho. La direction photo de Katelin Arizmendi capte avec précision les divers lieux de l’intrigue insufflant aux combats à l’arme blanche une lisibilité nécessaire.

Le cinéaste américain d’origine pakistanaise a réussi dans cette alliance entre le film à suspense et les obligations morales un long métrage qui peut bien se placer aux côtés de First Reformed, de Paul Schrader.

Dans ce rôle complexe du criminel, Mahershala Ali fait montre d’un engagement physique saisissant et d’une sensibilité parentale renouvelée. Les retournements sont pour la plupart plausibles. La confrontation finale dans une propriété ostentatoire entre Latif et le pasteur armé donne lieu à un résultat déroutant pourtant en accord avec la dernière partie du précepte du début.

Le cinéaste américain d’origine pakistanaise a réussi dans cette alliance entre le film à suspense et les obligations morales un long métrage qui peut bien se placer aux côtés de First Reformed, de Paul Schrader.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Bassam Tariq

Scénario : Bassam Tariq. Direction photo : Katelin Arizmendi. Montage : Cam McLauchlin. Musique : Son Lux.

Genre(s)
Drame social
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 52 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Your Mother Your Mother Your Mother

Distributeur
Immina Films

Contact info.
[ Amazon MGM Studios ]

Diffusion
Cineplex

Bassam Tariq
Crédit : @ IMDb

Classification
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

The Secret Chord
@ Centre Segal

CRITIQUE
[ Scène ]

texte : Élie Castiel

★★★ ½

 

A Leonard Cohen Experience

 

Face à un monde polarisé, victime d’un populisme des plus décriés, notamment par une intelligentsia, elle aussi victime d’un gauchisme mal orchestré, des conflits qui s’éternisent et des gens qui ne savent plus à quels saints se vouer, se tourner vers des spectacles rassembleur peut servir de palliatif provisoire pour continuer son chemin.

 

À pied d’œuvre

 

The Secret Chord : A Leonard Cohen Experience est un spectacle majoritairement chanté, sur des airs écrits par Leonard Cohen, le Juif le plus aimé au monde : pour ses airs universels, sa plume inventive, sa vision du monde, son amour inconditionnel des femmes et sa verve envers soi-même. Homme d’écriture, parolier, chanteur, bon-vivant, et pourquoi pas, farouchement méditerranéen, Grec par adoption pour un certain temps, à une période de sa vie, embrassant la foi bouddhiste ou quelque chose comme ça. Les expériences multiples soudent sa vie sur terre, réorganise ses poursuites amoureuses, parce que le temps qu’elles durent, elles perdurent dans le temps.

L’ensemble du casting dans un délire jubilatoire.
Crédit : @ Marie-Andrée Lemire

Quand l’envie lui vient de ces retours épisodiques à Montréal, c’est pour des raisons issus de son héritage : d’une part pour que ses fans, nombreux, de toutes les classes, ne l’abandonnent pas ; mais aussi pour ne pas oublier ses racine juives, plus par signe identitaires que par rituels religieux organisés.

Les chansons interprétées par des interprètes magnifiques, trois hommes et deux femmes : Beau Dixon (alter ego de Cohen), Andrew Penne et Michael Totontow s’adonnent à un jeu de séduction, de charme et de nostalgie à un public conquis d’avance ; Divine Brown, d’une force équilibrée et Emily Schultz, au charme triomphant, sont les deux seules présences féminines qui donnent au spectacle ce complément d’âme nécessaire.

Tout compte fait, il s’agit d’un spectacle où l’état d’esprit demeure une soupape de sécurité émotionnelle.

Dommage la mise en scène solide de Frank Cox-O’Connell ne soit pas consolidée par la projection vidéo dont on ne retient que des interstices. Plus positif, inutile de vous dire quelles chansons sont célébrées, incluant celles cultes, mais revampées selon une nouvelle tournure qui les rendent encore plus saisissantes et, pourquoi pas, éternelles.

Même si j’avoue ne pas être un inconditionnel de l’esprit-Cohen, force est d’admettre que le documentaire sur sa vie a laissé des traces indélébiles dans mon esprit.

Tout compte fait, il s’agit d’un spectacle où l’état d’esprit demeure une soupape de sécurité émotionnelle.

FICHE ARTISTIQUE PARTIELLE
Création
Frank Cox-O’Connell

Marni Jackson, Mike Ross
Mise en scène
Frank Cox-O’Connell

Interprètes
Divine Brown, Beau Dixon
Andrew Penner, Emily Schultz
Michael Torontow / Musiciens :
Jacob Gozhaltsan, Tom Moffett
Brett Higgins, Jamie Drake

Éclairages
Simon Rossiter
Tim Rodriguez, Andrés Castillo Smith

Diffusion & Billets
Segal Centre
(Salle principale)
Durée
1 h 30 min
(Sans entracte)
Jusqu’au 25 octobre 2026

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