Platonov Amour Haine et Angles morts

CRITIQUE.
[ SCÈNE ]

★★★★ ½

texte
Élie Castiel 

L’apothéose

des vivants

   À 18 ans, Tchekhov rédige Platonov, un âge où tout est permis, où l’adrénaline intellectuelle remplit le cerveau et se dirige dans toutes les directions, où toutes les audaces sont permises et les enjeux sociaux et amoureux multipliés.

Aujourd’hui, époque des relectures, des adaptations au diapason de leur temps. Et toujours le même combat sur les relations du couple, sur la sexualité qu’on refuse, justement en l’expérimentant, sur les rapports hommes-femmes, toujours aussi tendus, sur l’ambiguïté de l’orientation sexuelle, sur les rapports amour-argent entre les conjoints de fait, une véritable aventure économique. Également, sur les crimes de la passion. Tous ces éléments qui, mis ensemble, ne sont que la lutte pour la survie. Exister selon ses propres valeurs.

Samuel Côté, Violette Chauveau, Renaud Lacelle-Bourdon, Marie-Laurence Moreau
Des rapprochements distants.
Crédit : Vivien Gaumond

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Je suis un produit

CRITIQUE.
[ SCÈNE ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel 

 

L’intégration est-elle

un enjeu social ou économique ?

   Mais est-il vraiment possible d’avoir accès à « ces » intégrations ? Si dans la pièce en question, Jihane – que Houda Rihani interprète avec forte conviction, présence sur scène assurée, timide lorsqu’il le faut, parfois avec ce regard « victimaire » propre à la majorité des nouveaux venus (dont moi-même il y a plusieurs décennies, mais je suis depuis longtemps vacciné !), comme s’il fallait, par cette attitude, changer les choses –  peine à se trouver un emploi, dans la vraie vie, elle a dû attendre avant d’avoir un rôle théâtral important en français, faut-il préciser. Sur ce plan, dans le milieu anglophone, les portes sont plus ouvertes. Mais ça, c’est une autre histoire. Bien que dans Je suis un produit… Enfin !Suite

Les reines

CRITIQUE.
[ SCÈNE ]

★★★ ½

texte
Élie Castiel 

La théorie des complots

    15 siècle. Précisément, à Londres, en 1483. Le roi Edouard se meurt, Richard (le troisième) attend avec impatience d’être couronné. Un jeu de pouvoir, d’autosuffisance. Rien ne cède à la nature humaine qui est celle de réussir à tout prix, contre vents et marées, quitte à écraser ses adversaires. Non pas « quitte à », plutôt en s’en débarrassant.

Et Normand Chaurette, grâce à ses vertus humanistes teintées de réalisme anthropologique n’évite les mots assassins, les accusations infligées, les coups bas, les intrigues, tout ce qui divise pour mieux régner. Et c’est à travers les paroles de femmes que se forgent ces théories du complot, non pas celles qu’on imagine, mais au contraire, qu’on fabrique de toutes pièces.

Tour de Babel où la même et unique langue produit mille et un univers d’incompréhensions, de jalousies, de naïveté rigide, ou encore de fausse modestie et de pureté. Comme Anne Warwick (versatile Sophie Cadieux), qui ne cesse de répéter qu’elle n’a que 12 printemps… Mais qu’importe… L’intrigante parfaite avec ses airs de sainte-nitouche.Suite

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