Black Phone 2

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Depuis son enlèvement, Finney, aujourd’hui âgé de 17 ans, éprouve beaucoup de mal à reprendre le cours d’une vie normale, alors que rien ni personne ne saurait arrêter Gwen, sa sœur de 15 ans. Mais le sinistre téléphone se met à sonner dans les rêves de l’adolescente.

SANS
COMMENTAIRES

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Scott Derrickson

Genre(s)
Suspense d’épouvante
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 54 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Téléphone noir 2

Scott Derrickson

Dist. @
Universal Pictures
Contact @
[ Blumhouse ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Horreur ]

Frankenstein

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Europe de l’Est, 19e siècle. Le Docteur Pretorious part à la recherche de Frankenstein, que l’on croyait mort dans un incendie quarante ans auparavant. Son but est de poursuivre les expériences du créateur du monstre, le Docteur Frankenstein.

COUP de ❤️
de la semain

| ANGLE |
CRITIQUE

Élie Castiel

★★★★ ½

 

Le mythe ressuscité

ou

Prométhée enchaîné

 

Dans le générique de fin, Guillermo del Toro indique que son film est une adaptation moderne de Mary Shelley’s Frankenstein; or, The Modern Prometheus (en français, Frankenstein ou le Prométhée moderne), expliquant le but initial de sa proposition. Ce Frankenstein est assurément l’une des plus belles promesses cinématographiques de l’année.

Del Toro, serait-il devenu soudainement grand romantique, autant dans sa vision de la Créature que celle du Créateur. Dans les Boris Karloff, deux entités qui finissent par se séparer, l’homme de science se rendant compte qu’il a créé un monstre. Ici, les rôles sont en quelque sorte inversé, ce qui permet à l’auteur du remarquable Le labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno), duquel on retrouve dans le Frankenstein 2025 quelques éléments. Non pas pour se rappeler du film en question, mais pour expliquer que l’œuvre Deltoressienne est faite de genres qui s’entrecroisent, d’effets qui s’entrechoquent, de personnages pouvant s’interchanger. Comme dans ce dernier film où on se demande en fin de compte : qui des deux possède en lui une âme, la créature ou son géniteur ?

Effectivement, un géniteur car comme le cinéaste le conçoit, il s’agit dans tout ce processus de création à partir de parties humaines, moins mécaniques et outillées que dans les Frankenstein traditionnels, cette œuvre de chair prend une tournure des plus organiques. Le genre horreur est donc quasi relégué aux oubliettes, del Toro le transformant dans les séquences qui l’exigent en quelque chose de vigoureusement humain, comme si deux combattant s’affrontaient dans un lutte à n’en plus finir, sachant du même coup qu’il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu.

Une mécanique entre l’engagement scientifique et le rapport hérétique à Dieu.

C’est là aussi que résident les secrets du film romantique. Guillermo del Toro en est conscient et montre sa propension envers ce mouvement littéraire et artistique; mais qu’il se permet de fignoler à sa guise. L’aspect un peu désuet du romantisme s’accroche à la création scientifique par le truchement, d’une part, du personnage féminin de Elizabeth (magnifiquement campé par Mia Goth – sera-t-elle nommé aux Oscars (ou aux Golden Globes) comme actrice de soutien ? – de l’autre, par la Créature, plus Homme que bête (Jacob Elordi mérite haut la main une nomination aux Oscars (également aux Golden Globes). Non pas un monstre (à la Boris Karloff), mais tel un être de chair et de sang qui prouve qu’il a une âme peu de temps après qu’un des personnages du film se demande s’il en a une.

Peu de critiques en parleront, j’en suis convaincu, mais l’approche du cinéaste mexicain a suscité quelques débats, notamment chez ses admirateurs (ou fans, si vous préférez). À savoir qu’entre le Créateur et son invention, existe peut-être une relation homoérotique non avouée qui, bien entendu, ne se matérialise jamais, mais n’en constitue pas pour moins une sorte de lien paternel incestueux platonique. Certains bouts du dialogue, certaines prises de caméra semblent, du moins en ce qui me concerne, épouser cette théorie : au beau milieu du chaos de la création et bien avant ça, du prologue (un peu trop long à mon avis) donnant le coup d’envoi aux deux récits racontés, d’abord le point de vue de Victor Frankenstein, suivi de celui de la Créature.

La conclusion, d’une force dramatique déchirante, à en pleurer, montre jusqu’à quel point, à travers le poids de cette création scientifique particulière dépourvue de limites, folle, dépassant les lois de l’éthique et de la raison, ce monstre humain au masque de chair et de sang prouve jusqu’à quel point l’Être humain peut parvenir à des sommets rarement atteints. Mais peut-être que tout cela, ce n’est que du cinéma.

Il s’agit d’un récit subliminal sur la condition humaine, ses contradictions, ses excès sans limites, la science qui dépasse l’entendement, et surtout quelque chose qui transparaît très visiblement dans le film : l’Homme se mettant à la même place que Dieu, le Créateur selon la morale de toutes les religions, du moins des trois monothéistes. Sur ce chapitre, Guillermo del Toro ne semble pas trop insister, non pas par excès de tradition, mais étant conscient que toutes ces théories sur la question dépassent ses compétences.

La conclusion, d’une force dramatique déchirante, à en pleurer, montre jusqu’à quel point, à travers le poids de cette création scientifique particulière dépourvue de limites, folle, dépassant les lois de l’éthique et de la raison, ce monstre humain au masque de chair et de sang prouve jusqu’à quel point l’Être humain peut parvenir à des sommets rarement atteints. Mais peut-être que tout cela, ce n’est que du cinéma.

NB : Le ratio d’image est de 1.85: 1, tel que tourné. C’est à notre avis, le format à voir en salle.

 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Guillermo del Toro

Scénario : Guillermo del Toro, d’après le roman de Mary Shelley, Mary Shelley’s Frankenstein; or, The Modern Prometheus. Direction photo : Dan Laustsen. Montage : Evan Schiff. Musique : Alexandre Desplat.

Genre(s)
Drame frantastique
Origine(s)
Mexique / Canada
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 2 h 30 min
Langue(s)
V.o. : anglais; s.-t.f.
Frankenstein

Guillermo del Toro

Dist. @
Ēquinoxe Films
Contact @
[ Netflix ]

Diffusion @
Cinéma du Musée
 Cineplex
 Cinémathèque québécoise
 [dès le vendredi 24 octobre]

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Horreur ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Good Fortune

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 17 octobre 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’ange Gabriel décide d’intervenir dans la vie d’un travailleur précaire et d’un homme fortuné.

| ANGLE |
CRITIQUE

Pascal Grenier

★★★

La bonté

comme

dernier luxe

On pouvait craindre le pire de ce premier long métrage d’Aziz Ansari, humoriste américain connu pour sa série Master of None et ses observations sociétales souvent pleines de lucidité, mais rarement exemptes de complaisance. Et pourtant, Good Fortune se révèle être une petite surprise : une comédie fantaisiste douce-amère, à la fois imparfaite et sincère, qui ose parler de bonté, d’injustice et de seconde chance dans un monde cynique — sans jamais trop s’y complaire.

Le film, sorte de Trading Places revisité à la sauce millenniale, joue la carte de la fable moraliste. Moins mordant, certes, que son modèle des années 80, Good Fortune préfère troquer le rire corrosif contre une émotion légère, presque fragile. Ansari y explore, avec une naïveté assumée, les thèmes qui lui sont chers : la réussite, les privilèges, les angles morts du progrès social, ou encore la quête d’équilibre spirituel dans un univers saturé de comparaisons et d’hypocrisie. C’est souvent superficiel — on sent le conférencier TED plus que le satiriste — mais pas inintéressant pour autant.

La mise en scène, sans éclat particulier, se distingue par un certain dynamisme : montage vif, rythme fluide, tonalité presque chorale où les personnages se croisent comme dans un conte moderne. Ce n’est jamais virtuose, mais toujours juste. Ansari filme ses acteurs avec bienveillance, et cette douceur de regard fait toute la différence.

Un certain élan pour jouer la comédie humaine.

Et puis, il y a Keanu Reeves, étonnant dans un contre-emploi d’ange gardien maladroit et lunaire. Il flotte à travers le film avec une innocence désarmante, comme s’il avait atterri là par erreur — et c’est précisément ce décalage qui donne à Good Fortune sa touche de grâce. Autour de lui, Ansari lui-même, Seth Rogen dans un rôle taillé sur mesure et un solide casting de seconds rôles s’accordent parfaitement à ce ton humaniste, un peu bancal, mais profondément attachant.

Si Aziz Ansari n’a pas encore trouvé la formule magique, il prouve au moins qu’il a quelque chose à dire — et surtout, un cœur à offrir dans ce premier film sincère et lumineux qui préfère la tendresse au cynisme, ce qui est déjà une fortune en soi.

Au final, Good Fortune n’est ni un grand film, ni une satire mémorable. C’est une fantaisie morale, imparfaite mais touchante, qui regarde la comédie humaine avec un brin de nostalgie et beaucoup d’empathie. Et si Aziz Ansari n’a pas encore trouvé la formule magique, il prouve au moins qu’il a quelque chose à dire — et surtout, un cœur à offrir dans ce premier film sincère et lumineux qui préfère la tendresse au cynisme, ce qui est déjà une fortune en soi.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Aziz Ansari

Scénario : Aziz Ansari. Direction photo : Adam Newport Berra. Montage : Daniel Haworth. Musique : Carter Burwell.

Genre(s)
Comédie fantaisiste
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 37 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Bonne fortune

Aziz Ansari

Dist. @
Cineplex Pictures
Contact @
[ Lionsgate ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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