RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un pays pris en otage, trois habitants de Beyrouth tentent de survivre: Georges, vétéran hanté par le passé, Joumana, militante candidate à la députation, et Perla Joe, artiste engagée.
S A N S COMMENTAIRES
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Myriam El Hajj
Genre(s) Documentaire Origine(s) France / Liban Qatar / Arabie saoudite Année : 2024 – Durée : 1 h 50 min Langue(s) V.o. : arabe, français; s.-t.f. Yawmiaat Lubnania
RÉSUMÉ SUCCINCT Une action de militants écologiques entraîne des conséquences bouleversantes.
ANGLE CRITIQUE Luc Chaput
★★★ ½
Rien ne se perd,
rien ne se crée
L’eau, le fleuve même était l’épine dorsale des précédents longs métrages de Félix Dufour-Laperrière, que ce soit le documentaire Transatlantique, le bien-nomméArchipelet même Ville Neuve, situé en Gaspésie. C’est dans une région québécoise montagneuse qu’un groupe de militants écologiques amorcent une action d’éclat, remplaçant banderoles et blocages d’accès à des sites, par une attaque contre une propriété au manoir et serre ostentatoires dans laquelle la beauté figée de la statuaire s’inscrit dans des arrangements floraux. L’affaire tourne mal et Hélène prend la clé des champs, hantée par la voix et la présence fantomatique de Manon.
L’animation, sous la direction du cinéaste, inclut ainsi des formes qui prennent la couleur des lieux, intégrant au fil des plans rêves et réalités, souvenirs et souhaits dans cette fuite en avant. Hélène y rencontre au détour d’un sentier une petite fille qui pourrait être elle-même jeune. Manon et Hélène auxquelles Karelle Tremblay et Zeneb Blanchet apportent toutes les modulations vocales nécessaires, sur un plateau, voient ainsi les soubresauts et tremblements de la nature qui se révolte contre l’emprise humaine.
Les yeux grands fermés.
Des loups, aperçus courant dans Archipel, deviennent ici des protagonistes de l’intrigue, à la fois incarnations des poursuivants de la fuyarde mais aussi vaquant à leurs occupations quotidiennes dont Hélène, en un moment étonnant, souhaite en renverser au moins une issue. Ces loups prennent ainsi une scintillante couleur dorée ou se fondent dans des verts sombres s’alliant aux arbustes, vignes sauvages et arbres pour engloutir asphalte et centre d’achat.
Œuvre flamboyante dans sa forme et conte philosophique sur les tiraillements entre individu et groupe dans notre société hyperconnectée, cette post-production canado-française apporte une autre pierre de taille au filon de courts et de longs métrages d’animation qui, au moins depuis Miyazaki, illustrent foncièrement que l’humain fait partie de la nature.
Le scénario du cinéaste reprend la forme d’un escargot redonnant à la survivante la possibilité de reprendre l’action et, comme dans un jeu vidéo, d’entrer dans le domaine ennemi à la recherche surtout d’un compagnon, de recroiser dans un plus long regard la châtelaine et de changer le cours des choses. Œuvre flamboyante dans sa forme et conte philosophique sur les tiraillements entre individu et groupe dans notre société hyperconnectée, cette post-production canado-française apporte une autre pierre de taille au filon de courts et de longs métrages d’animation qui, au moins depuis Miyazaki, illustrent foncièrement que l’humain fait partie de la nature.
RÉSUMÉ SUCCINCT
Joey, un jeun garçon est pris dans une toile de négligence et de violence en raison de parents qui ne s’occupent guère de lui. Jusqu’au drame survenu dans un établissement nocturne où le gamin, en principe, ne devrait pas être présent.
Un détachement inavoué.
ANGLE de PERSPECTIVE Élie Castiel
★★
L’enthousiasme
n’est pas suffisant
On aurait voulu aimer davantage le film de Leonardo Fuica ; pour son sujet, d’actualité comme on dit. Pour ce qu’il dit sur ces enfants négligés dont on ne s’occupe pas, pour ce refus d’être parents responsables. Deuxième long métrage de Fuica en solo, Négligence est avant tout une urgence pour le réalisateur d’origine espagnole, né de parents chiliens. Une volonté de saisir par le biais des images en mouvement un problème social actuel, en fait non, qui a toujours existé. Dans un sens, malgré les très nombreuses failles du film, dont le côté démonstratif demeure le plus évident, on remarque, malgré tout un enthousiasme chez tous les participants, comédiens et équipe technique confondus. Il y a comme une sorte de rapport entre le cinéaste et ceux qu’il filme, mais qui ne procure rien sur l’ensemble du récit.
Il y a derrière cela, quelque chose de sincère toutefois, mais qui ne rachète pas le résultat. Reste l’interprétation quasi muette remarquable du jeune Félix Legault (Joey, dans le film), totalement atteint par un je-ne-sais-quoi d’attentif à la caméra. Un plaisir aussi de revoir Deano Clavet.
On parle le français et l’anglais, on mélange aussi les deux langues. Le Québec est aussi inapte dans sa préservation de la langue française, comme pris soudainement d’un sentiment d’impuissance face à un problème linguistique qui perdure depuis toujours. Ici, dans le film, comme dans la vraie vie. La proposition de Fuica, si elle est riche en thèmes, ceux-ci sont bafoués par des moments dont la rudesse des comportements l’emporte sur la subtilité. Il y a derrière cela, quelque chose de sincère toutefois, mais qui ne rachète pas le résultat. Reste l’interprétation quasi muette remarquable du jeune Félix Legault (Joey, dans le film), totalement atteint par un je-ne-sais-quoi d’attentif à la caméra. Un plaisir de revoir Deano Clavet.