Le dernier souffle

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 23 mai 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Dans un dialogue amical, le docteur Augustin Masset et l’écrivain Fabrice Toussaint se confrontent pour l’un à la fin de vie de ses patients et pour l’autre à sa propre fatalité.

Le Film
de la semaine

CRITIQUE
Élie Castiel

★★★★

De la vie

des vivants

 

Pour le réalisateur de Adults in the Room (Conversation entre adultes / Enílikoi stin aíthousa), sur la crise économique grecque et, entre autres, Le capital avant cela, un nouveau film au sujet atypique, mais non pour le moins crucial, ce « droit à mourir dans la dignité », tellement en vue dans l’échiquier social et médical actuel puisque ça concerne tout le monde.

L’ouvrage de Régis Debray et Claude Grange, Le dernier souffle : Accompagner la fin de vie a eu des répercussions dans l’Hexagone ; le cinéaste nonagénaire franco-grec a eu l’idée d’en faire un film, un exercice atypique si l’on pense aux réalisations d’une carrière quand même féconde, parfois prouvant le meilleur, des fois de légères fausses notes, mais toujours empreinte d’une humanité politique, ou si vous préférez, idéologique, issue des grands bouleversements du XXe siècle.

Ici, un film interventionniste qui ressemble à un film choral, qui l’est en fait, puisque ces interstices rapides dont il est question (donnant la possibilité à des comédiennes et des comédiens de renom à faire des apparitions surprises, comme pris sur le vif de leur problème de santé, rendant la proposition encore plus documentaire.

Mais en fait, même dans ces moments, parfois intenses, une mise en scène se profile à l’horizon, annonçant et mettant en exergue le sujet principal du film : un champ/contrechamp qui se permet des plans autres entre un certain Fabrice Toussaint, philosophe de métier, et le docteur Augustin Masset, devenu spécialiste, sans doute illégal, des bonnes causes concernant la fin de vie assistée.

Sujet en or pour un phénomène social qui rend caduque notre rapport à la finitude. C’est de cela que parle Le dernier souffle, titre désespéré, mais dans l’esprit des auteurs et de Gavras, un ultime sursaut pour aller vers un ailleurs, certes inconnu, mais dont la personne concernée est tout à fait consciente de ce qui va lui arriver.

Échange d’un départ annoncé.

Le mépris dans ce bas monde, ou encore le déni de la mort est encore ancré dans notre conscient collectif. Par un truchement de réalisation savamment orchestré, le cinéaste du mythique Z (meilleur montage et meilleur film étranger aux Oscars de 1970), à un âge plus que respectable, toujours épris des images en mouvement, se présente comme si l’acte sacré de la mise en scène représentait encore pour lui un association d’idées pertinentes sur un monde en marche continuelle.

Chant du cygne ? Exploit de parler de la mort avec autant de résilience ? Bilan d’une œuvre et d’une vie ? Tout cela à la fois pour l’un des cinéastes parmi ceux qui ont toujours compté.

Dans un sens, plus que toute considération d’ordre théologique où les sources d’inspiration puisent pratiquement aux récits bibliques, Gavras, lui opte pour une humanité partagée. Et dans cette approche laïque, un souci pour l’Être que des comédiens comme Kad Mera et Denis Podalydès (lui aussi, apparemment d’origine grecque) rendent encore plus puissant, justement par la simplicité qu’ils apportent à leur personnage respectif, en dépit des aléas de la vie.

Belle musique d’Armand Amar, pas très présent dans la cinématographie française, et les rôles cameo (terme anglophone) que sont Àngela Molina, Charlotte Rampling ou encore Agathe Bonitzer ajoutent une aura de vie en fin de vie qui rend ce drame intense magnifiquement endurable.

Quant au thème principal traité, un défi pour le plus grand nombre de spectacteurs qui pourraient en tirer une leçon : voir la vie pour ce qu’elle procure de bons moments, mais aussi de complexités. Tout simplement, la réalité.

Chant du cygne ? Exploit de parler de la mort avec autant de résilience ? Bilan d’une œuvre et d’une vie ? Tout cela à la fois pour l’un des cinéastes parmi ceux qui ont toujours compté.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Costa-Gavras

Scénario : Costa-Gavras; d’après le livre de Régis Debray et Claude Grange, Le dernier souffle : Accompagner la fin de vie. Direction photo : Nathalie Durand. Montage : Costa-Gavras, Loanne Trevisan. Musique : Armand Amar.

Genre(s)
Drame social
Origine(s)
France
Année : 2024 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : français
Le dernier souffle

Costa-Gavras

Dist. [ Contact ] @
Axia Films
[ Playtime ]

Diffusion @
Cinéma Beaubien
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Lilo & Stitch

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 23 mai 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
L’histoire d’une petite fille hawaïenne solitaire et d’un extra-terrestre fugitif qui l’aide à renouer le lien avec sa famille.

S A N S
COMMENTAIRES

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Dean Fleischer Camp

Genre(s)
Aventures
Origine(s)
États-Unis
Année : 2025 – Durée : 1 h 48 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Lilo et Stitch

Dean Fleischer Camp

Dist. [ Contact ] @
Walt Disney Motion Pictures
[ Amazon Prime Video ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL

Mission: Impossible – The Final Reckoning

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 23 mai 2025

RÉSUMÉ SUCCINCT
Un point de non-retour de contrôle du monde par l’intelligence artificielle est imminent. L’équipe de Mission Impossible se démène pour l’éviter.

 

CRITIQUE
Luc Chaput

★★★

Les travaux d’Ethan 

 

Dans un avion-cargo militaire, un homme remet à un agent secret un couteau que celui-ci avait échappé lors d’un précédent travail.

De nouveaux membres se joignent ainsi à l’équipe de cette organisation ultra-secrète qu’est Mission Impossible (IMF). Nous sommes quelques mois après la fin enlevante de la première partie mais divers facteurs ont placé la sortie de celle-ci deux ans plus tard et le monde réel a changé de multiples manières. Il y a donc distanciation entre les infos du jour et certains événements mis de l’avant dans le scénario de Christopher McQuarrie et Erik Jendresen. La critique implicite de l’ère trumpienne avec sa présidente afro-américaine et ses femmes militaires de divers grades dont une amirale passe encore plus en arrière-plan. L’emploi de nombreux flash-back dans les premières quarante-cinq minutes dont certains auraient pu être éliminés ralentit la montée de l’intrigue qui s’attaque à la mainmise de l’intelligence artificielle sur de nombreux aspects de nos existences.

L’Entité puisqu’il faut la nommer devient la Toison d’or de cette course-poursuite sur plusieurs continents opposant la froideur glaciale de l’Arctique à la végétation abondante de l’Afrique du Sud. Ethan Hunt court plus souvent dans ce film et les tunnels reviennent nous rappeler les efforts souterrains de certaines politiques. L’effet claustrophobe de ces endroits est mis en évidence dans la longue séquence sous-marine dans le submersible russe bougeant de manière aléatoire au bord d’un gouffre et retenant le protagoniste longtemps dans ses entrailles. De cette quasi-prison aquatique, l’accès à l’air libre nous mène plus tard dans l’avion précité. Les coups de feu, les explosions, les combats à l’arme blanche et les incendies sont le lot des exploits habituels de cette troupe dans laquelle l’esprit d’équipe a toujours été un point central. Ethan Hunt en est assurément le chef mais, sans ses copains techniciens et ses acolytes gardes du corps, son travail prométhéen serait encore plus ardu.

La séquence la plus surprenante du film.

La mise en scène de McQuarrie embrasse en plans larges les divers lieux de l’action puis donne aux acteurs la latitude pour se mesurer aux objets et aux éléments. La musique aux accents sinistres englobe trop de scènes éclipsant les notes plus enlevées du thème de Lalo Schifrin. Esai Morales apporte un aspect glacial à son maléfique Gabriel dont les motivations sont peu disertes. Simon Pegg en Benji introduit une plus grande portion de vulnérabilité à son technicien aux réparties humoristiques. Hayley Atwell et Pom Klementieff incarnent avec ardeur des protagonistes féminines aux caractères bien trempées. Dans ce parcours en dédales tridimensionnels pour joindre la clé en forme de croix à sa serrure idoine, c’est pourtant bien entendu Tom Cruise qui, par l’implication complète de son corps et de son esprit, fait de certaines cascades quasi impossibles accomplies par Ethan, des séquences qui sauvent presque la mise de ce trop long métrage, suite insatisfaisante aux attentes de Dead Reckoning.

L’emploi de nombreux flash-back dans les premières quarante-cinq minutes dont certains auraient pu être éliminés ralentit la montée de l’intrigue qui s’attaque à la mainmise de l’intelligence artificielle sur de nombreux aspects de nos existences.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Christopher McQuarrie

Scénario : Christopher McQuarrie, Erik Jendresen; d’après la télésérie de Bruce Geller. Direction photo : Fraser Taggart. Montage : Eddie Hamilton. Musique : Max Aruj, Alfie Godfrey.

Genre(s)
Action
Espionnage
Origine(s)
États-Unis / Grande-Bretagne
Année : 2025 – Durée : 1 h 56 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Mission : Impossible – Bilan final

Christopher McQuarrie

Dist. [ Contact ] @
Paramount Pictures
[ Skydance Media ]

Diffusion @
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

 

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

1 190 191 192 193 194 959