Idiots

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 28 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Deux pauvres types pas doués se voient confier la garde d’un jeune millionaire ado, pour l’emmener en cure de désintoxication.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Pascal Grenier

★★★

 

Après un premier coup de maître (I Don’t Feel at Home in This World Anymore) qui avait révélé un cinéaste à suivre, Macon Blair revient avec Idiots, une comédie noire qui, sans retrouver la petite touche magique de ses débuts, s’avère néanmoins nettement plus convaincante que son remake calamiteux de The Toxic Avenger sorti l’an dernier. À défaut de renouer avec l’étrangeté et la fraîcheur de son premier film, Blair signe ici une sympathique comédie stoner qui réserve suffisamment de surprises pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout.

 

Deux nigauds et un psycho

 

Le film repose principalement sur son duo improbable formé de Dave Franco et O’Shea Jackson Jr., deux personnages diamétralement opposés que tout semble destiner à se détester. Leur dynamique fonctionne pourtant étonnamment bien et constitue l’un des principaux attraits du film. Blair s’amuse ainsi à multiplier les situations absurdes, les personnages excentriques et les revirements inattendus, dans un récit qui prend plaisir à nous entraîner dans des directions parfois complètement imprévisibles.

Entre l’absurde, la dérision et les compromis.

Derrière son apparence de comédie déjantée, Idiots se permet également quelques coups de coude plus pertinents. Le cinéaste tourne notamment en dérision le culte des personnalités en ligne et cette étrange société où l’influence se mesure désormais au nombre de followers. Une réflexion certes loin d’être révolutionnaire, mais qui trouve ici un terrain particulièrement fertile dans l’absurdité des comportements qu’elle dénonce.

Reste un divertissement sympathique, suffisamment imprévisible et porté par un duo attachant pour qu’on accepte volontiers de suivre ce périple peuplé d’idiots, de losers et de personnages complètement décalés. Sans être mémorable, Idiots constitue une agréable surprise qui coïncide avec la rentrée scolaire.

Tout n’est toutefois pas aussi réussi. Certaines situations paraissent forcées et le film peine parfois à maintenir son équilibre entre la satire sociale, la comédie stoner et le road movie déjanté. Blair semble encore chercher la bonne formule et son récit manque par moments de cette folie véritablement contagieuse qui caractérisait ses meilleurs travaux.

Reste un divertissement sympathique, suffisamment imprévisible et porté par un duo attachant pour qu’on accepte volontiers de suivre ce périple peuplé d’idiots, de losers et de personnages complètement décalés. Sans être mémorable, Idiots constitue une agréable surprise qui coïncide avec la rentrée scolaire.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Macon Blair

Scénario : Macon Blair ; d’après un récit d’Alex Orr. Direction photo : Guillermo Garza. Montage : Dane McMaster. Musique : Brooke Blair, Will Blair.

Genre(s)
Comédie noire
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 40 min
Langue(s)
V.o. : anglais
Idiots

Distributeur
Entract Films

Contact info.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion
Cineplex

Macon Blair
Crédit : @ Reddit

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence / Langage vulgaire ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Jardins d’enfants

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 28 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Immersion dans un CPE d’un arrondissement de Montréal.

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Luc Chaput

★★★ ½

 

Un enfant dessine à la craie blanche sur un tableau vert. Le résultat de ce labeur suscite une joie scintillante. Une plus vieille emploie un bloc de bois pour parler comme dans un cellulaire. Un garçon seul dans un coin, en scrutant ses mains, dit une phrase incluant maman que, concentré, il répète.

 

Brèves rencontres

 

La caméra de Nicolas Canniccioni les capte le plus souvent en courtes séquences en symbiose avec le son enregistré par le réalisateur. Dans un de ces lieux imaginés il y a près de deux cents ans par le pédagogue allemand Frederic Frobel, des enfants grandissent de 1 à 5 ans dans des classes distinctes. Le cadre pour les découvrir passe du 1:33 pour s’étendre jusqu’au 1:85 pour illustrer l’élargissent de la prise de conscience de leurs univers.

Le cinéaste et sa très petite équipe ont eu l’accord de la direction et du comité de parents de cet établissement pour venir partager ces divers moments pendant plusieurs mois. Les éducatrices sont surtout entendues. Une jambe, un bras, une main adulte s’introduit dans le plan pour donner un jouet, régler un problème ou apporter du soutien face à des pleurs ou des cris.

Entre l’individualité et l’apprentissage social.

Jean-François Caissy poursuit ainsi son exploration des divers âges de la vie commencée par La belle visite tourné dans sa région natale dans un motel devenu résidence de personne âgées. De nouvelles individualités en construction et dans leurs rapports avec les autres deviennent ici des personnalités tout aussi attachantes et différenciées malgré ces courts moments passés dans ces groupes.

Une ribambelle de gamins, mioches et bambins découvrent le vivre avec l’autre, l’amitié et les disputes. La neige, les jouets, les poupées, les jeux de cache-cache et les constructions éphémères côtoient les glissades, les siestes et les goûters. Ces jours à la luminosité changeante sont mis en valeur entre autres par une lentille zoom de super 16. Le montage de Mathieu Bouchard-Malo additionne avec élégance ces instants en y insérant des rapprochements visuels entre deux épisodes. Une musique enveloppante de Jérémi Roy et Guillaume Bourque s’immisce à certaines étapes de cette immersion dans un de ces Centres de la Petite Enfance dont nous fêterons assurément l’an prochain le trentième anniversaire.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Jean-François Caissy

Scénario : Jean-François Caissy. Direction photo : Nicolas Cannicioni. Montage : Mathieu Bouchard Malo. Musique : Guillaume Bourque, Jérémy Roy.

Genre(s)
Documentaire social
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : français; s.-t.a.
Kindergarten

Distributeur
Les Films du 3 mars

Contact info.
[ Les Films de l’Autre ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien / du Musée ]
Cinémathèque québécoise
(dès le samedi 29 août)

Jean-François Caissy
Crédit : @ IMDb

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

La place

P R I M E U R
Sortie
officielle
Vendredi 28 août 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
En route pour un souper, un couple se dispute une place de stationnement avec un inconnu. Ce simple accrochage tourne au duel psychologique et pèse lourdement sur le reste de leur soirée.

 

ANGLE
| CRITIQUE |

texte : Élie Castiel

★★★ ½

 

Pour une étrange raison, à la projection de La place, sans qu’on le réalise, on se met à penser à Teorema, sans doute le meilleur film de Pier Paolo Pasolini : pour cet intrus, ce Visiteur au sein d’une famille, en apparence normale, et qui bouleverse son quotidien. Entre le personnage du Pasolini et celui de l’Inconnu (l’homme sans nom), dans le Louis Godbout, un inquiétant parallèle : bien que les récits n’aient rien en commun, ces deux personnages, à la limite extradiégétiques, puisque leur présence est fantomatique, hors du quotidien, établissent des modes de comportement surréalistes, composant selon des règles qui n’en sont pas.

 

L’ANGE

EXTERMINATEUR

 

La place est le film qui nous intéresse. D’une part parce qu’il est signé par un réalisateur dont la philosophie fait partie de ses nombreuses formations. Un peu comme Bernard Émond qui, lui, confère aussi un élément religieux dans ses films. Croire ou ne pas croire tout en étant laïc. Mais là n’est pas notre sujet.

Ici, le couple composé de Brigitte (Christine Beaulieu) et surtout Jonathan (Maxim Gaudette) opère selon des critères issus de la logique. L’Inconnu, à qui Benoît Gouin pourvoit divers jeux d’interprétation, notamment dans les regards (en gros plan) et la physicalité, comme un corps qui se meut comme s’il était dans un endroit hors-du monde, surmonte tous les obstacles pour la simple raison que c’est lui qui les crée. Cette supériorité en rapport avec ses « victimes » ne fait que renforcer l’idée selon laquelle notre vécu n’est pas exclu de tout rapport avec ce qui nous dépasse.

Les traits insidieux du quotidien.

La direction photo de Jean-François Lord joue sur cet antagonisme. Même lorsqu’il filme les rues de Montréal, elles nous semblent familières et du coup, prennent une autre dimension.

Le problème de Jonathan, issu de nombreux conflits avec sa propre existence depuis son enfance, s’acclimate mal à ce qui lui arrive.

Une prise de bec étrange avec l’Inconnu qui aurait pu vite se terminer facilement, se transforme en une situation inextricable. C’est à ce moment que Godbout reconstruit le récit pour que sa proposition tienne la route. L’écriture du scénario domine par son exactitude.

Dommage que la fin, dont on ne dévoilera pas les détails, bien que paraissant du domaine des zones grises, contient un semblant d’optimisme sur notre monde. À moins que l’image proposée signifie autre chose qui nous échappe.

Un film qui souligne que l’existentialisme, dans tous ses états d’âme, est un humanisme.

On parle de la vie, bien entendu, de la procréation ou de son manque, du couple en crise, qui cherche sa propre définition dans la communauté des humains.

Après, entre autres, Mont Foster, que nous avons bien apprécié, Louis Godbout propose un film d’auteur sur l’angoisse actuelle de nos habitats urbains traversés par des vagues d’incertitude.

Un film qui souligne que l’existentialisme, dans tous ses états d’âme, est un humanisme.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Louis Godbout

Scénario : Louis Godbout. Direction photo : Jean-François Lord. Montage : Claude Palardy. Musique : Martin Léon.

Genre(s)
Suspense psychologique
Origine(s)
Canada [Québec]
Année : 2026 – Durée : 1 h 24 min
Langue(s)
V.o. : français
La place

Distributeur
FunFilm Distribution

Contact info.
[ Les Films Primatice ]

Louis Godbout
Crédit : PrimaticeFilms

Diffusion

 


Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Tout public ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. ★ Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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