P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 27 mai 2022
SUCCINCTEMENT. Fille d’un ancien capitaine de caserne recyclé en tailleur depuis un incident de travail, l’adolescente Georgia s’entraîne secrètement pour devenir une soldate du feu.
S A N S COMMENTAIRES.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Theodore Ty Laurent Zeitoun
Genre(s) Animation
Origine(s) France Canada
Année : 2021 – Durée : 1 h 32 min
Langue(s) V.o. : anglais, français « Vaillante » En version anglaise seulement Fireheart
Dist. [ Contact ] @ Les Films Séville
Classement Visa GÉNÉRAL
Diffusion @ Cineplex [ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]
SUCCINCTEMENT. Un photographe de 94 ans, qui a commencé sa carrière au Canada après avoir émigré de la Hongrie en 1956, continue de prendre des photos de la vie quotidienne.
COUP de ❤️ de la semaine.
CRITIQUE.
★★★★
texte Élie Castiel
Szilasi, l’homme, le mari, le père, mais surtout l’artiste, toujours l’artiste puisque sa conjointe et leur fille poursuivent ce même parcours de vie où l’art devient « art de vivre ». Gabor, celui qui a choisi, pour des raisons politiques, de quitter sa Hongrie natale et de s’établir, ultimement, dans des cieux plus cléments, ici, au Québec. Et surtout continuer à pratiquer son art, la photographie, l’enseignant aussi. Mais ne faut-il pas préciser qu’il est arrivé à une époque où au Québec, celles et surtout ceux venus d’ailleurs arrivaient à s’intégrer plus facilement dans tous les milieux, incluant celui culturel. Mais ça, c’est une autre sujet qu’il faudra un jour débattre.
Force est de souligner l’apport inconditionnel et soutenue de sa compagne de vie, Doreen Lindsay, conjuguant avec un souci sans faille l’art au quotidien; et de leur fille, Andrea Szilasi, nouant avec ses parents des liens complices depuis toujours. L’art et la vie se juxtaposent au sein de cette famille iconoclaste et pourtant si proche du commun des mortels.
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le temps
qui passe
Capter l’éternité et un jour.
Des amis, plusieurs. La reconnaissance du milieu artistique, sans aucun doute, ce qui lui permet de poursuivre une carrière ininterrompue et de se distinguer. Et pourtant, si l’on en juge par Gabor lui-même, l’homme affable, à l’humour particulier, néanmoins insaisissable, une volonté de fer à s’intégrer à sa terre d’accueil; chaque cliché, chaque instant capté sont autant de récits d’une région du Québec ou de Montréal, la grande ville. La petite histoire rejoint la grande à travers quelques décennies.
Le film devient plus captivant dès le moment où Gabor Szilasi nous parle de ses origines juives, de son enfance dans une Hongrie antisémite des années 20 du siècle dernier alors que nombreux Juifs hongrois devaient se convertir pour pouvoir rester au pays. Il ajoutera qu’il a dû poursuivre ses études dans une école confessionnelle chrétienne. Gabor prend son élan à partir de ce témoignage et devient un geste biographique bouleversant transformant le film jusqu’à sa toute fin.
Pour Joannie Lafrenière, habituée aux portrait singuliers – Snowbirds (2017), King Lajoie (2019), une rencontre, une façon originale de situer le sujet. Deux approches à l’opposé l’une de l’autre : les documents d’archives, témoins d’une vie, d’un parcours artistique, de la découverte d’une passion (la photographie), et aussi celle d’un homme intéressé aux communs des mortels, ceux et celles de toutes les classes sociales.
Un rapport ludique, intellectuel et tout aussi édifiant s’établit entre Lafrenière et Szilasi. Il jouent « à jouer ». Aucun rapport de force, mais une identification qui ne dément pas.
Il dira à maintes reprises qu’il a toujours aimé les gens, expliquant son désir de les capter pour la postérité. Pour Lafrenière, une deuxième partie du film qui privilégie la prise frontale lorsque le photographe est lui-même capté par l’objectif de la caméra. Il comprend le médium, s’en accommode, comprend les différences entre l’image fixe et l’animée. Sa présence à l’écran n’est pas celle d’une « tête parlante ». Il refuse ce cliché, tout autant que la cinéaste. Il impressionnent même s’il prend quand même ses distances, animé par une pudeur démesurée tout en conservant une humeur extraordinairement touchante et enjoué.
Un rapport ludique, intellectuel et tout aussi édifiant s’établit entre Lafrenière et Szilasi. Il jouent « à jouer ». Aucun rapport de force, mais une identification qui ne dément pas.
Pour arriver à une fin bouleversante alors que les témoins muets et circonspects de la mémoire s’éparpillent avec un vague à l’âme subtilement douloureux.
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 27 mai 2022
SUCCINCTEMENT. Montréal est née d’un rêve, celui de personnes qui croyaient en la possibilité de créer un monde meilleur en Nouvelle-France.
CRITIQUE.
★★★
texte Luc Chaput
Pèlerinage
Une bénévole fait visiter les sous-sols de l’église St-Sulpice au cœur du 6e arrondissement à Paris. L’ancienne semble encore plus petite par rapport à celle qui est devenue un lieu de culte majeur. L’effet du mouvement missionnaire qui se produisit également en France se fait voir dans cette magnificence.
La cinéaste Annabel Loyola continue ici l’œuvre entamée dans le moyen métrage La folle entreprise, sur les pas de Jeanne Mance (2010), sur la vie et l’importance de la Langroise dans la fondation de Montréal. Tourné au cours de plusieurs années avant la pandémie, le long métrage est un pèlerinage sur les pas de certains membres de la Société de Notre-Dame de Montréal qui fonda en 1642 Ville-Marie devenue Montréal.
Un travail de mémoire.
Une quinzaine d’intervenants sont interviewés souvent in situ à Paris, La Flèche, La Rochelle et dans les provinces françaises en plus du Québec. Les interventions sont le plus souvent courtes et servent à rajouter des informations pour mieux comprendre l’Histoire du Montréal de François Dollier de Casson. L’hypothèse que la cinéaste et certains historiens proposent que c’est la voix et le témoignage de Jeanne Mance que le sulpicien retranscrit sous une autre forme est très plausible. Le dialogue par acteurs interposés que sont Alexis Martin et Pascale Bussières porte magnifiquement cette idée.
Cette exploration patiente de certains lieux de mémoire incitera plusieurs spectateurs à s’interroger sur la préservation du patrimoine sous toutes ses formes et aura ainsi accompli son œuvre de transmission.
Toutefois, certaines personnalités sont mises de côté entre autres, le baron de Renty ou citées rapidement comme Pierre Chevrier. baron de Fancamp. Une liste complète avec portraits des près de 50 membres de ladite Société en aurait montré l’étendue des relations. Ainsi Angélique Faure, marquise de Bullion, riche dame est la nièce du commandeur Brûlart de Sillery qui finança une œuvre missionnaire jésuite et dont le nom continue dans celui d’un quartier de Québec. De tels indices auraient aussi permis d’expliquer pourquoi le 17e est le Siècle des saints et en contrepoint comment le Tartuffe de Molière eut maille à partir avec certains membres influents de la Société du St-Sacrement, parente de celle de Ville-Marie.
Cette exploration patiente de certains lieux de mémoire incitera plusieurs spectateurs à s’interroger sur la préservation du patrimoine sous toutes ses formes et aura ainsi accompli son œuvre de transmission.