Send Help

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 30 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★★

 

Il y a quelque chose de toujours un peu excitant à l’idée de voir Sam Raimi replonger dans l’horreur, lui qui a façonné une bonne partie de l’imaginaire du genre avec The Evil Dead avant de s’en éloigner progressivement. Send Help marque ainsi son premier véritable retour en territoire horrifique depuis Drag Me to Hell, et forcément, les attentes étaient élevées. Peut-être trop. Car si le film témoigne par moments d’un certain savoir-faire retrouvé, il révèle surtout un cinéaste désormais plus sage, presque domestiqué, qui semble hésiter entre mordant et confort.

 

L’horreur

de la

cohabitation

forcée

 

Le point de départ a pourtant de quoi intriguer. À la suite d’un crash d’avion, deux survivants se retrouvent coincés sur une île déserte : un jeune patron arrogant et son employée, que celui-ci venait tout juste de ridiculiser devant leurs collègues — désormais morts. Rachel McAdams et Dylan O’Brien incarnent ce duo forcé avec une complicité efficace, même si leurs personnages restent volontairement esquissés à gros traits. Le rapport de domination et la culpabilité latente deviennent le carburant dramatique d’un récit qui transforme rapidement la survie en épreuve de force, à la fois inquiétante et cruellement drôle.

Et vint le jour de la vengeance.

Misanthrope sans être totalement cynique, Send Help navigue assez habilement entre comédie noire, film de survie et thriller, en y injectant quelques éléments horrifiques bien sentis. Raimi retrouve par intermittence une mise en scène vivante, précise, qui rappelle qu’il sait encore orchestrer le chaos. Mais ne cherchez plus la caméra folle, les mouvements déchaînés ou l’énergie presque punk de ses débuts car le cinéaste s’est assagi, parfois au détriment de l’impact. Tout est plus contrôlé, plus lisse, comme si Raimi retenait constamment ses propres pulsions.

Le film évoque alors un croisement entre Triangle of Sadness — en nettement moins acéré et moins pensé — et Cast Away, version à deux têtes et à l’humour plus mordant. L’alchimie entre McAdams et O’Brien fonctionne, mais leurs rôles demeurent essentiellement fonctionnels, au service d’un concept qui, à part une scène ou deux, ne pousse jamais vraiment ses idées jusqu’au malaise total qu’il promettait.

Reste qu’en bout de ligne, Send Help demeure un divertissement plutôt satisfaisant, dont le côté ludique et l’esprit d’aventure sont communicatifs. Ce n’est ni une débâcle, ni un triomphe. Simplement un retour en petite forme pour Sam Raimi. De là à crier au grand retour du maître… disons qu’on va se garder une petite gêne. 

Là où Send Help trébuche franchement, c’est du côté de ses effets visuels. Plusieurs séquences en images de synthèse laissent sérieusement à désirer, à commencer par un crash d’avion digne des productions The Asylum — et ce n’est pas un compliment. Quant aux animaux et aux insectes en CGI, ils frôlent parfois le ridicule. Sérieusement : avait-on vraiment besoin d’effets numériques pour filmer des insectes en 2026 ?

Reste qu’en bout de ligne, Send Help demeure un divertissement plutôt satisfaisant, dont le côté ludique et l’esprit d’aventure sont communicatifs. Ce n’est ni une débâcle, ni un triomphe. Simplement un retour en petite forme pour Sam Raimi. De là à crier au grand retour du maître… disons qu’on va se garder une petite gêne. 

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Sam Raimi

Scénario : Damian Shannon, Mark Swift. Direction photo : Bill Pope. Montage : Bob Murawski. Musique : Danny Elfman.

Genre(s)
Suspense
Origine(s)
États-Unis
Année : 2026 – Durée : 1 h 53 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
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Sam Raimi

Dist.
Buena Vista Canada
Contact & Prod.
[ 20th Century Studios ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Shelter

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 30 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Mason vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l’océan lors d’une terrible tempête, il déclenche une série d’événements qui provoquent une violente attaque dans son refuge.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Pascal Grenier

★★

Du pareil

au même 

Avec Shelter, Ric Roman Waugh signe sa toute première collaboration avec Jason Statham, troquant Gérard Butler — visage récurrent de son cinéma catastrophe et patriotique — pour une autre figure monolithique de l’action contemporaine. Un changement d’acteur qui n’entraîne pourtant aucune mue stylistique notable. Bien au contraire, Waugh semble ici s’effacer pour s’adapter au strict minimum syndical du « style Statham », à ses silences granitiques, à son regard fermé et à cette posture d’homme déjà coupable de tout avant même que le scénario ne le précise. Le cinéaste abandonne toute ambition de tension dramatique un peu rugueuse pour livrer une Stathamerie conforme, presque contractuelle, qui annonce rapidement la couleur car Shelter ne cherchera jamais à bousculer l’image de sa star, seulement à la recycler avec application.

Statham incarne donc, sans surprise aucune, un reclus taciturne au passé tumultueux, réfugié dans une solitude que le film filme comme une vertu morale. Lorsqu’il sauve une jeune Écossaise de la noyade, le récit enclenche une mécanique narrative d’une prévisibilité presque rassurante. Menaces floues, ennemis interchangeables, montée en puissance programmée : quiconque a vu plus de trois films de l’acteur au cours des vingt dernières années devinera sans peine que notre héros était, bien entendu, le meilleur des meilleurs, et qu’il neutralisera méthodiquement tous ceux qui auront l’audace de troubler sa retraite.

Contre toute attente.

Il faut toutefois reconnaître au film un démarrage relativement engageant. La relation qui se tisse entre ce personnage mutique et la jeune Bodhi Rae Breathnach — actrice irlandaise qui apporte une sincérité bienvenue — introduit une touche d’humanité fragile, presque prometteuse. Durant quelques scènes, Shelter laisse entrevoir un film d’action plus intériorisé, où le silence aurait pu compter autant que les coups. Cette piste est malheureusement vite abandonnée au profit d’un enchaînement de scènes fonctionnelles, montées sans aspérité ni réelle tension.

Les fans inconditionnels y trouveront leur compte tandis que les autres auront surtout la confirmation que, parfois, changer d’acteur ou de réalisateur ne suffit pas à changer de film.

Tout est emballé correctement, avec le professionnalisme attendu, mais sans la moindre saveur. Shelter n’est ni meilleur ni pire que la quasi-totalité de la filmographie de Statham. C’est un produit calibré, sans surprise, qui ne décevra que ceux qui espéraient encore être surpris. Les fans inconditionnels y trouveront leur compte tandis que les autres auront surtout la confirmation que, parfois, changer d’acteur ou de réalisateur ne suffit pas à changer de film.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Ric Roman Waugh

Scénario : Ward Parry. Direction photo : Martin Ahlgren. Montage : Matthew Newman. Musique : David Buckley.

Genre(s)
Action
Origine(s)
États-Unis
Grande-Bretagne
Année : 2026 – Durée : 1 h 47 min
Langue(s)
V.o. : anglais & Version française
Refuge fatal

Ric Roman Waugh

Dist.
Entract Films
Contact & Prod.
[ Elevation Pictures ]

Diffusion 
Cineplex

Classement
Interdit aux moins de 13 ans
[ Violence ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

Vie privée

P R I M E U R
Sortie
Vendredi 30 janvier 2026

RÉSUMÉ SUCCINCT
Une Américaine à Paris entreprend une enquête.

 

ANGLE
| CRITIQUE |
Luc Chaput

★★★

 

Une psychiatre enregistre les séances avec ses patients pour consultation ultérieure afin de comprendre les expressions employées et ce qu’elles pourraient dévoiler.

Lilian Steiner est une Américaine vivant à Paris. Son cabinet semble florissant considérant le quartier et le décor dans laquelle elle vit et pratique. Le scénario de la cinéaste, Anne Berest et aussi Gaëlle Macé, amène Lilian à se poser des questions à la suite de la mort de Paula, une de ses patientes avec laquelle elle entretenait des liens épisodiques.

 

Faux-semblants

 

Le récit navigue entre problèmes oculaires, enquête policière privée dans l’Île de France et interactions familiales. Une visite à une hypnotiste dans une banlieue ouvrière ouvre des comparaisons ironiques sur ces deux pratiques bien éloignées dans le domaine médical.

Aujourd’hui, un tout nouveau rapport.

Le montage de Géraldine Mangenot égrène d’ailleurs les effets répétitifs des bribes de témoignages des clients de la doctoresse. La cinématographie de George Lechaptois capte les escaliers en colimaçon, les routes tortueuses mais aussi les lignes droites pour mettre en lumière la fébrilité grandissante de cette professionnelle.

La trame musicale alliant chansons américaines et Gustav Mahler accompagne habilement les détours de l’intrigue.

Dans ce contexte, les rêves et leurs interprétations prennent une bonne place mais celui central de l’orchestre durant l’Occupation en France contient des impossibilités qui auraient dû mettre la puce à l’oreille de cette aficionada de la lecture onirique. La trame musicale alliant chansons américaines et Gustav Mahler accompagne habilement les détours de l’intrigue.

Virginie Efira, alliée essentielle dans Les Enfants des autres, fait vivre en quelques scènes un personnage sobrement défini. Jodie Foster croque à belle dents dans ce rôle littéralement taillé sur mesure et sa complicité avec Daniel Auteuil dans le rôle de Gabriel, son ex-mari médecin, assoient véritablement cette comédie dramatique policière sur les choix de vie.

FICHE TECHNIQUE PARTIELLE
Réalisation
Rebecca Zlotowski

Scénario : Rebecca Zlotowski; Anne Berest, avec la collaboration de Gaëlle Macé. Direction photo : George Lechamptois. Montage : Géraldine Mangenot. Musique : Rob Coudert.

Genre(s)
Drame psychologique
Origine(s)
France
Année : 2025 – Durée : 1 h 43 min
Langue(s)
V.o. : français
Vie privée

Rebecca Zlotowski

Dist.
Métropole Films
Contact & Prod.
[ Mongrel Media ]

Diffusion
Cinéma-Cinéma
[ @ Beaubien ]
Cineplex

Classement
Visa GÉNÉRAL
[ Déconseillé aux jeunes enfants ]

ÉTOILES FILANTES
★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon.
★★ Moyen. Sans intérêt. 0 Nul.
½ [ Entre-deux-cotes ]

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