P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 15 octobre 2021
SUCCINCTEMENT. Japon années 1960. Alors que Tokyo signe son grand retour avec l’organisation des JO, un groupe de jeunes ouvrières s’entraînent dans les conditions les plus rudes pour se hisser au sommet du volley mondial.
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 15 octobre 2021
SUCCINCTEMENT. Une tragédie violente affecte la vie de deux couples de façon différente.
LE FILM de la semaine.
CRITIQUE.
★★★★
texte Élie Castiel
Plus de 70 rôles à son actif, tous métrages confondus. Un premier long métrage comme réalisateur, Mass, un scénario original, solide, d’un humanisme dont l’effet de purification atteint de purs moments d’émotion.
Seuls, face à l’écran, les spectateurs ne peuvent que se débarrasser des préjugés acquis au cours de la projection. Un récit fait de constants va-et-vient entre la notion de victime et celle de coupable. Et lorsque les deux idées sont victimaires, le processus de compréhension est d’autant plus dur à débattre.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans Mass, un rendez-vous unique entre deux couples victimes d’une tragédie : la perte de leur enfant. Un rendez-vous pour essayer de comprendre ce qui se cache dans la souffrance, le pourquoi de tel ou tel geste, mais au-delà de ses composantes tout à fait prévisibles, une étude sur le comportement humain, sur cette partie du cerveau qui conduit un individu à poser tel ou tel geste.
Un film freudien dont les protagonistes sont autant les psychanalystes que les patients ou les coupables, ce dernier, terme atroce mais qui, pour la circonstance est peut-être un geste non prémédité. Ou peut-être bien que oui. Et si c’est le cas, comment le comprendre en des termes rationnels, froids, détachés de l’expérience humaine ?
Deux couples qui doivent reconstruire leur idée sur ce qu’est être parent et dompter le deuil, un rituel qui, selon les circonstances, ne peut se vivre de la même façon dans l’un ou l’autre cas. Les circonstance atténuantes sont différentes.
Altérités cathartiques
La circularité du discours.
Des mots qui agressent, des paroles qui soulagent, quelques très brefs moments de silence ; un silence étouffant qui prépare pour la prochaine joute. Puisque c’est de cela qu’il s’agit aussi, un match sportif. Du côté des hommes, une lutte qui produira un seul vainqueur. Côté des femmes, la douleur d’une mère est-elle plus profonde que celle de l’autre ?
Pour Krantz, dont la mise en scène circulaire ne donne aucun recours à l’échappatoire, ces moments d’angoisse, de remise en question, d’auto-analyse, de tentative de comprendre un geste irréversible, de l’apprivoiser pour pouvoir continuer à vivre.
Et pour les comédiens, tous exceptionnels, autant de façons de rendre leurs personnages aussi sournois, ambivalents, compliqués, donnant au regard du spectateur du fil à retordre. L’émotion, souveraine, controversée, prête à éclater en mille morceaux.
Le film est autant un suspense qu’un drame humain, une réflexion sur les possibilités que peut offrir toute mise en scène sur les notions d’espace et de durée, sur la direction d’acteurs dont les performances peuvent influencer la réalisation et, en fin de compte, sur les liens qui juxtaposent le réel et la fiction. Les deux couples sortiront-ils totalement indemnes ?
Les lieux, une salle dans le sous-sol dans une Église épiscopale. En haut, des enfants du chœur répètent pour la messe. Ces tonalités musicales résonnent à la toute fin de façon plus concrète, sans trop de bruit quand même, mais assez pour que la libération finale puisse avoir un certain sens.
Le film est autant un suspense qu’un drame humain, une réflexion sur les possibilités que peut offrir toute mise en scène sur les notions d’espace et de durée, sur la direction d’acteurs dont les performances peuvent influencer la réalisation et, en fin de compte, sur les liens qui juxtaposent le réel et la fiction. Les deux couples sortiront-ils totalement indemnes ?
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Fran Kranz
Scénario Fran Kranz
Direction photo Ryan Jackson-Healy
Montage Yong Hua Hu
Musique Darren Morse
Fran Kranz.
Genre(s) Drame
Origine(s) États-Unis
Année : 2021 – Durée : 1 h 50 min
Langue(s) V.o. : anglais Mass
Dist. [ Contact ] MK2 | Mile End
Classement Visa Général
En salle(s) @ Cineplex [ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]
ÉTOILES FILANTES ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★Mauvais. 0 Nul. ½ [ Entre-deux-cotes ]
P R I M E U R [ En salle ] Sortie Vendredi 15 octobre 2021
SUCCINCTEMENT. Dernier duel entre aristocrates en France pour un jugement de Dieu à propos d’un cas de viol .
CRITIQUE.
★★★ ½
texte Luc Chaput
Plongée dans un univers moyenâgeux
Son mari Jean étant de retour d’un voyage d’une semaine, Marguerite le soir lui annonce qu’elle a été violée par un de ses collègues. L’époux tout d’abord incrédule déclare qu’il poursuivra Jacques en justice.
L’universitaire américain Eric Jager a publié en 2004 un livre dont le titre complet est The Last Duel: A True Story of Trial by Combat in Medieval France sur cette saga judiciaire se déroulant pendant la Guerre de Cent Ans en France. Les confrères et amis Matt Damon et Ben Affleck se sont intéressés à ce conflit de personnalités se déroulant dans une ère dans laquelle religion et justice étaient imbriquées. Ridley Scott, qui avait déjà réussi les drames historique Gladiator et de science-fiction Alien, montre qu’à plus de 80 ans, il est encore apte à mener à bon port une grande production.
Le scénario de Damon et Affleck augmente la différence d’âge entre Jean de Carrouges et Jacques Le Gris. Jean apparaît surtout comme un homme frustre, sûr de ses droits, batailleur et donc en partie différent du chambellan de Pierre d’Alençon qu’il était en réalité. Le comte Pierre, dirigeant de la province est le petit-neveu du roi Philippe le Bel. Imbu de ses privilèges, il tient une cour dans laquelle la culture littéraire sert de support à un libertinage plus ou moins caché. Dans cette cour, Jacques Le Gris, éduqué, agit comme officier de finances et conseiller pour son patron Pierre qui a souvent besoin d’argent frais.
Une complicité matrimoniale imparfaitement partagée.
Les personnalités ainsi décrites à grands traits et l’emploi d’acteurs connus dirigent les spectateurs dans ce dédale de guerre, de droit de préemption, de problème de ban et d’arrière-ban, de nécessaires dépenses pour tenir son rang à la cour ou pour se payer une garde rapprochée. Après une scène de bataille crue, violente et imprégnée de sang et de boue, Scott mène les trois récits en partie contradictoires de ces nobles. Certaines scènes sont reprises presque à l’identique avec de subtiles ou faibles différences. Matt Damon, vieilli et enlaidi en Carrouges, porte sur ses larges épaules le poids d’un homme qui guerroie depuis son plus jeune âge et s’attend, avec son titre de chevalier, à recevoir sa juste part pour ses services. Adam Driver multiplie les facettes de son Jacques, retors et charismatique. Jodie Comer (remarquée dans la série Killing Eve) insuffle une grande prestance à Marguerite, épouse beaucoup plus jeune que Jean et qui prend de plus en plus sa place dans les discussions familiales face à sa douairière de belle-mère. Le troisième volet de cette histoire, dû à la plume acérée de Nicole Holofcener (Friends With Money) lui donne littéralement voix au chapitre.
Après un épisode juridique dans lequel les notions de jouissance et de devoir conjugal font l’objet de questions pointues, le combat du jugement de Dieu, en reflet par son âpre hargne aux batailles précédentes, a lieu. Son réalisme est étonnant en cette époque d’effets spéciaux. Ridley Scott montre bien également que cette lice sert d’arène pour le spectacle des grands et de la populace comme dans Gladiator. La parole d’une dame est jugée comme cruciale. Le discours féministe plus linéaire dans Thelma and Louise trouve bien des années plus tard écho dans cette plongée complexe dans un Moyen Âge tardif qui n’atteint malheureusement pas l’élégance de The Name of the Rose, de Jean-Jacques Annaud.
La parole d’une dame est jugée comme cruciale. Le discours féministe plus linéaire dans Thelma and Louise trouve bien des années plus tard écho dans cette plongée complexe dans un Moyen Âge tardif qui n’atteint malheureusement pas l’élégance de The Name of the Rose, de Jean-Jacques Annaud.
FICHE TECHNIQUE PARTIELLE Réalisation Ridley Scott
Scénario Nicole Holofcener Ben Afleck Matt Damon D’après les livres de Eric Jager
Direction photo Darius Wolski
Montage Claire Simpson
Musique Harry Gregson-Williams
Genre(s) Drame historique
Origine(s) États-Unis Grande-Bretagne
Année : 2021 – Durée : 2 h 33 min
Langue(s) V.o. : anglais / Version française Le dernier duel
Dist. [ Contact ] 20th Century Studios
Classement Interdit aux moins de 13 ans [ Violence ]
En salle(s) @ Cineplex [ Salles VIP : Interdit aux moins de 18 ans ]
ÉTOILES FILANTES ★★★★★ Exceptionnel. ★★★★ Très Bon. ★★★ Bon. ★★ Moyen. ★Mauvais. 0 Nul. ½ [ Entre-deux-cotes ]